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Full text of "Dressage méthodique du cheval de selle d'aprés les derniers enseignements"

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JOHN  A.  SEAVERNS 


DRESSAGE   MÉTHODIQ.UE 


DU 


xlliVAL  DE  SELLE 


D  APRES  LES  DERNIERS  ENSEIGNEMENTS 


BAUGHER 


RECUEILLIS  PAR  UN  DE  SES  ÉLÈVES 


'EC     PORTRAIT 


PARIS 
R  O  T  H  se  H  I  Lt> ,    É  D 1 T  E  tf  R 

l3,     RUE    DES    SAINTS -PÈRES,     l3 
1891 


DRESSAGE   MÉTHODIQUE 


DU 


CHEVAL   DE   SELLE 


BAUCHEK     MONTANT    PARTISAN 


DRESSAGE    MÉTHODIQUE 


DU 


CHEVAL  DE   SELLE 


D  APRES  LES  DERNIERS  ENSEIGNEMENTS 


F.    BAUCHER 


RECUEILLIS    PAR    UN    DE    SES    ELEVES 


AVEC    PORTRAIT    ET    VIGNETTES 


PARIS 
J.    ROTHSCHILD.    ÉDITEUR 

l3,     RUE      DES    SAINTS-PÈRES,       l'i 
189I 


Droits  de  Traduction  réservés. 


Paris.  —  Typ.  Georges  Cliamerot.  —  2u.'j83. 


AVANT-PROPOS 


ES  dernières  idées  équestres  de 
F.  Baiicher  sont  peu  connues.  Cet 
illustre  écuyer,  après  l'épouvan- 
table accident  qui  lui  avait  brisé 
les  deux  jambes,  ne  pouvait  plus  monter  en 
public.  Il  vivait  retiré,  et  n'a  plus  fait,  à  partir 
de  1861 ,  que  fort  peu  de  cours.  Des  rares  élèves 
qui  les  ont  suivis,  deux  ou  trois  sont  seuls  en- 
core vivants  aujourd'hui. 

D'un  autre  côté,  Baucher,  trop  âgé  pour  re- 
fondre en  une  seule  ses  œuvres  diverses,  modi- 
fiées sans  cesse  par  de  nouvelles  découvertes,  n'a 
plus  été  à  même  défaire  connaître  au  public  un 


AVANT-PROPOS. 


exposé  con\plet  et  méthodique  de  ses  derniers 
procédés  de  dressage.  Il  préférait  du  reste  poser 
des  principes  généraux,  contenus  en  quelques 
mots,  disant  que  c'était  aux  professeurs  formés 
directement  à  son  école  à  montrer  comment  les 
appliquer  dans  les  mille  cas  particuliers  que 
fait  naitre  la  pratique. 

Les  leçons  détaillées  de  ce  sarant  maître,  in- 
comprises, ignorées  ou  travesties  la  plupart  du 
temps,  menacent  donc  de  disparaitre  sans  laisser 
de  traces. 

C'est  ce  qui  a  décidé  l'auteur  de  ce  livre  à 
céder  à  diverses  sollicitations  et  à  publier  un 
travail  qui,  primitivement,  n'était  pas  destiné  à 
voir  le  jour.  Élève  du  grand  Baucher,  il  a  suivi 
plusieurs  de  ses  cours.  Admis  plus  tard  dans 
son  intimité,  il  a  vu  travailler  et  il  a  monté  lui- 
même  les  derniers  chevaux  dressés  par  cetécuyer 
incomparable.  Enfin,  il  l'a  souvent  entendu  rai- 
sonner les  procédés  de  dressage  auxquels  son 
esprit  fertile  s'était  fixé  vers  la  fin  de  sa  vie 
comme  représentant  à  ses  yeux  la  vérité  équestre. 


AVANT-PROPOS. 


Disciple  fervent,  il  avait  consigné  par  écrit, 
jour  par  jour,  non  seulement  le  détail  des  cours 
suivis  par  lui,  mais  aussi  les  enseignements  di- 
vers de  ses  entretiens  familiers  avec  son  émi- 
nent  professeur. 

Ce  sont  ces  cahiers  qui  ont  servi  de  base  à  la 
rédaction  du  Dressage  méthodique  du  cheval 
de  selle. 

Le  lecteur  voudra  bien  se  pénétrer  de  la  diffi- 
culté d'expliquer,  par  des  mots,  certains  effets 
qui  sont  plutôt  du  domaine  de  la  pratique  que 
de  celui  de  la  théorie. 

En  outre,  comme  tous  les  chefs  d'école,  Bau- 
cher  avait  adopté  des  expressions  souvent  dis- 
cutables au  point  de  vue  scientifique  ou  gram- 
matical, mais  qu'il  est  indispensable  de  conserver 
quand  on  expose  ses  théories,  parce  qu'elles 
avaient  pour  lui  un  sens  bien  net  et  bien  dé- 
terminé, et  qu'il  serait  d'ailleurs  à  peu  près 
impossible  de  les  remplacer  par  d'autres  plus 
heureuses  ou  plus  exactes. 

Enfin,  s'il  est  aisé  d'épiloguer  sur  un  traité 


AVANT-PROPOS. 


d'équitation  ou  de  dressage  toujours  ingrat  à 
rédiger,  on  se  rappellera  que  souvent  la  plus 
petite  démonstration  à  cheval  rendrait  clair  à 
rinstant  ce  qui  parait  obscur  par  écrit,  malgré 
de  longues  et  minutieuses  explications. 


DÉFINITIONS 

BUT    DU    DRESSAGE 

PRINCIPES   GÉNÉRAUX 


DRESSAGE  MÉTHODIQUE 


DU 


CHEVAL    DE    SELLE 


DEFINITIONS 


A  volonté  du  cavalier  se  transmet 
au  cheval  par  le  langage  des  aides. 
Les   aides  donnent  à  l'animal 
l'action  et  la  position. 
Action.  —  L^actioii  est  la  force  d'impulsion 
nécessaire  à  l'obtention  du  mouvement  cher- 
ché. Elle  provoque  la  détente  des  ressorts  qui 
supportent  la  masse. 

Position.  —  hapositiojî  est  la  répartition  nor- 
male du  poids  sur  les  quatre  membres  en 
raison  du  mouvement  demandé.  Elle  a  pour 
conséquence  ou  pour  complément  la  disposi- 


DRESSAGE    MÉTHODIQUE. 


tion  des  rayons  articulaires  appropriée  à  cette 
répartition  du  poids. 

Mouvement.  —  La  position  se  combinant 
avec  Faction  produit  le  mouvement,  lequel  n'est 
que  le  résultat  naturel  de  ces  deux  causes  gé- 
nératrices. 

Le  passage  du  mouvement  à  l'inaction  s'ob- 
tient aussi  en  partant  de  la  position  particulière 
qui  amène  ou  qui  permet  l'annulation  de  Fac- 
tion. 

Equilibre.  —  La  facilité  plus  ou  moins  grande 
avec  laquelle  le  cavalier  modifie  la  répartition 
du  poids  sur  les  quatre  membres  pour  donner 
les  différentes  positions  indique  le  degré  dW/z/z- 
libre  du  cheval,  c'est-à-dire  que  plus  le  dépla- 
cement du  poids  est  facile  dans  tous  les  sens, 
plus  l'équilibre  est  parfait.  En  vertu  de  ce  prin- 
cipe on  dit  que  le  cheval  est  «  en  équilibre  » 
quand  de  simples  indications  suffisent  au  cava- 
lier pour  modifier  à  son  gré  la  disposition  du 
pioids  sur  ses  colonnes  de  soutien. 


BUT   DU    DRESSAGE 


E  que  le  Cavalier  doit  chercher  à  obtenir. 

—  Quand  on  entreprend  le  dressage 
d'un  cheval,  la  première  condition 
pour  réussir  est  de  bien  se  rendre  compte  de 
ce  que  Ton  cherche  à  obtenir,  c'est-à-dire  des 
qualités  qu'on  veut  faire  acquérir  à  son  élève. 

Ces  qualités  peuvent  se  résumer  en  peu  de 
mots,  et  il  est  à  remarquer  que  ce  sont  toujours 
les  mêmes,  quel  que  soit  le  genre  de  service 
auquel  une  monture  soit  destinée.- 

Tout  cheval  de  selle  doit  en  etfet  être  rendu 
facile  et  agréable  à  monter,  régulier  dans  ses 
allures,  docile,  franc,  et  aussi  brillant  que  le 
comporte  son  ensemble. 

Or,  pour  qu'il  soit  «  facile  et  agréable  à  mon- 
ter, régulier  dans  ses  allures  »,  il  faut  qu'il  soit 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


bien  équilibré,  c'est-à-dire  léger  à  la  main  et 
aux  jambes,  droit  d'épaules  et  de  hanches,  avec 
la  tète  constamment  fixe  et  placée,  et  qu'il  con- 
serve de  lui-même  son  équilibre  sans  le  secours 
des  aides.  Pour  qu'il  soit  «  docile, franc  )),il  faut 
que  toute  défense,  toute  résistance  instinctive 
ou  volontaire  ait  disparu, ou  puisse, dès  qu'elle 
reparaît, être  aussitôt  détruite.Enfin,  pour  qu'il 
soit  c(  aussi  brillant  que  le  comporte  son  ensem- 
ble »,  il  faut  qu'on  puisse  à  volonté  l'asseoir, 
grandir  ses  mouvements,  et  relever  ses  allures. 

On  voit  donc  que  dans  le  dressage  il  faut  : 
r  —  s'attacher  sans  cesse  à  obtenir  la  légèreté, 
un  ramener  bien  fixe,  et  2° —  une  grande  obéis- 
sance aux  jambes;  3°  —  s'efforcer  de  maintenir 
le  cheval  constamment  droit  d'épaules  et  de 
hanches,  et  4°  —  l'habituer  à  se  passer  du  se- 
cours des  aides.  5°  —  Il  faut  de  plus  lui  rendre 
le  rassembler  familier. 

Nous  allons  étudier  ci-après  les  moyens  d'ob- 
tenir ces  différents  résultats. 


PRINCIPES    GÉNÉRAUX 


DE  LA  LEGERETE  ET  DU  RAMENER 


E  que  c'est  que  la  Légèreté.  —  La  re- 
cherche,   la   conservation   de  la    lé- 
gèreté,  doit    être   la    préoccupation 
constante  du  cavaher. 

On  entend  par  ces  mots  «  légèreté  à  la  main  », 
la  qualité  du  cheval  qui  obéit  aux  aicies  sans 
peser  à  la  main,  sans  que  celle-ci  éprouve  la 
sensation  d'un  poids  plus  ou  moins  difficile  à 
déplacer  ou  d'une  force  qui  résiste  à  son  action. 
La  légèreté  se  reconnaît  donc  à  Tabsence  de 
résistance  aux  effets  du  mors  de  bride  ou  de 
filet;  la  simple  demi-tension  d'une  ou  de  deux 
rênes  doit  provoquer  la  mobilité  moelleuse  de 
la  mâchoire  inférieure  sans  que  la  tête  bouge, 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


sans  que  Touverture  de  la  bouche  soit  sensible- 
ment apparente;  et  la  langue  de  l'animal  doit 
faire  alors  sauter  l'un  des  mors  sur  Tautre,  ce 
qui  produit  par  moments  un  bruit  argentin; 
ajoutons  que  cette  mobilité  moelleuse  doit  per- 
sister pendant  un  certain  temps  et  non  cesser 
brusquement. 

Telles  sont  les  conditions  dont  l'ensemble 
constitue  la  vraie  légèreté.  Elle  est  pour  le  ca- 
valier rindice  révélateur  et  infaillible  de  Téqui- 
libre  parfait  de  son  cheval  tant  qu'elle  subsiste 
sans  altération. 

La  conséquence  de  la  décontraction  complète 
de  la  mâchoire  est  le  ramener,  qui  s'obtient 
alors  pour  ainsi  dire  de  lui-même,  la  tète  pre- 
nant à  la  plus  légère  indication  des  rênes  une 
position  voisine  de  la  perpendiculaire,  sans 
que  l'encolure  doive  perdre  pour  cela  son  sou- 
tien ou  sa  fixité. 

Toutes  les  fois  qu'à  pied  ou  à  cheval,  le  cava- 
lier veut  demander  quoi  que  ce  soit  à  l'animal 
qu'il  dresse,  il  doit  commencer  parle  rendre  lé- 
ger, c'est-à-dire  par  chercher  la  mobilité  moel- 
leuse de  la  mâchoire. 


PRINCIPES    GENERAUX. 


En  effet,  le  cheval  ne  peut  contracter  une  de 
ses  parties  pour  opposer  une  résistance  quel- 
conque aux  exigences  de  Thomme,  sans  con- 
tracter en  même  temps  sa  mâchoire. 

En  obtenant  la  légèreté,  on  fait  donc  dispa- 
raître ipso  facto  les  résistances  existantes,  et  ce 
résultat  favorable  subsiste  tant  que  persiste  la 
légèreté. 

De  même,  pendant  qu'un  mouvement  s'exé- 
cute ou  qu'une  allure  se  continue,  il  faut  fré- 
quemment veillera  ce  que  le  cheval  reste  léger. 

Comment  se  demande  la  Légèreté.  —  Que  Ton 
soit  à  pied  ou  sur  Tanimal  qu'on  travaille,  il  y 
a  deux  cas  à  examiner  quand  on  demande  la 
légèreté. 

1°  —  Supposons  d'abord  le  cheval  arrêté, 
calme  et  parfaitement  immobile. 

Le  cavalier  sent  la  bouche  en  donnant  gra- 
duellement une  demi-tension  aux  rênes  ou  à 
l'une  d'elles,  afin  de  voir  si  la  mâchoire  est 
liante  et  mobile. 

S'il  obtient  ainsi  la  légèreté,  mais  la  légèreté 
telle  que  nous  l'avons  définie  plus  haut,  il  doit 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


s'empresser  de  rendre  :  Tanimal  est  en  équi- 
libre ;  il  est  prêt  à  recevoir  Faction  et  la  position 
pour  tout  mouvement  qui  pourra  lui  être  de- 
mandé. 

Si  la  main  ne  rencontre  pas  la  légèreté  aussi- 
tôt la  demi-tension  des  rênes,  elle  continue  cette 
demi- tension  en  en  augmentant  unpeu  l'intensité. 

Cette  «  force  lente  »  suffit  généralement  pour 
faire  céder,  surtout  s'il  n'y  a  qu'un  peu  de  pa- 
resse et  d'inattention  chez  le  cheval. 

On  peut  donc  dire  que  cet  effet  simple  et  doux 
constitue  le  moyen  ordinaire  d'obtenir  la  légè- 
reté. C'est  à  lui  qu'il  faut  sans  cesse  avoir  recours 
pendant  toute  la  durée  du  dressage. 

Mais  il  arrive  parfois  que,  malgré  une  attente 
assez  longue  et  la  persistance  de  la  sollicitation 
du  cavalier,  la  décontraction  de  la  mâchoire  ne 
se  produit  pas. 

C'est  qu'il  existe  alors  des  résistances  assez 
sérieuses  pour  qu'il  faille  les  vaincre  par  des 
procédés  plus  efficaces. 

Ces  résistances  sont  de  deux  sortes  : 

Des  Résistances  de  Poids.  —  Ou  bien  le  cava- 
lier, en  cherchant  la  légèreté,  a  éprouvé  dans 


principp:s  généraux. 


la  main  la  sensation  d'un  poids,  d'une  masse 
inerte  difficile  à  déplacer.  C'est  ce  qu'on  est 
convenu  d'appeler  une  «  résistance  de  poids  ». 
Des  Résistances  de  Forces.  —  Ou  bien  il  a  ren- 
contré des  forces  provenant  de  contractions 
musculaires  de  la  mâchoire,  et  dirigées  instinc- 
tivement ou  volontairement  par  l'animal  contre 
l'action  du  mors.  Cette  résistance  active  éveille 
ridée  d'une  lutte  engagée  contre  le  cavalier.  On 
la  nomme  «  résistance  de  forces  ». 

On  combat  les  résistances  de  poids  par  le 
demi-arrêt,  et  les  résistances  de  forces  par  la 
vibration. 

Du  Demi-Arrêt.  — Pour  donner  le  demi-arrét, 
voici  comment  on  opère  si  l'on  est  à  cheval  : 

Sans  cesser  le  contact  de  la  bouche  et  sans  se 
rapprocher  d'abord  du  corps  du  cavalier,  la 
mainsecontracteénergiquement,lepoingfermé, 
en  se  contournant  vivement,  les  doigts  aussi  en 
dessus  que  possible.  Puis  elle  augmente  presque 
instantanément  son  action  sur  le  mors  en  se 
portant  sans  saccade  de  bas  en  haut  et  d'avant 
en  arrière,  et  en  proportionnant  la  puissance 
de  son  effet  à  la  résistance  rencontrée. 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


Si  Ton  est  à  pied,  on  procède  d'une  manière 
analogue,  mais  sans  contourner  le  poignet. 

Le  demi-arrét  se  donne  sur  une  rêne  ou  sur 
les  deux  en  même  temps,  de  la  bride  ou  du  filet, 
indistinctement,  et  ne  doit  jamais  faire  reculer. 

De  la  Vibration.  —  La  vibration  est  une  suc- 
cession de  petites  secousses,  un  frémissement 
imprimé  à  l'un  des  mors,  soit  en  agissant  direc- 
tement sur  lui,  à  pied,  soit  en  agitant,  à  cheval, 
les  deux  mêmes  rênes  ou  Tune  d'elles. 

Comme  le  demi-arrêt,  la  vibration  se  donne 
indifféremment  sur  le  filet  ou  sur  la  bride;  elle 
dure  une  ou  plusieurs  secondes  et  est  forte  ou 
faible  en  raison  de  la  résistance  rencontrée.  Mais 
elle  ne  doit  pas  varier  d'intensité  pendant  son 
application.  Elle  ne  doit  pas  non  plus  faire 
reculer. 

Si  donc  le  cavalier  a  rencontré  une  résistance 
de  poids,  il  la  combat  par  un  ou  plusieurs  demi- 
arrêts  s'il  est  nécessaire;  si  c'est  une  résistance 
de  forces,  il  emploie  la  vibration  répétée  plu- 
sieurs fois  également,  s'il  le  faut. 

Puis,  aussitôt  c|u'il  croit  les  résistances  an- 
nulées, il  sent  de  nouveau  la  bouche  de  son  che- 


PRINCIPES    GENERAUX.  i3 

val  en  donnant  aux  rênes  dont  il  s'est  servi 
une  demi-tension,  qui,  augmentée  très  légère- 
ment pendant  un  certain  temps,  doit  amener  la 
légèreté,  si  les  résistances  ont  effectivement 
disparu. 

C'est  la  ((  preuve  »  de  l'opération. 

Si  l'emploi  de  cette  force  lente  ne  produit 
pas  la  légèreté  au  bout  de  quelques  secondes, 
c'est  que  l'opération  a  été  mal  faite. 

Il  faut  alors  avoir  recours  encore  aux  demi- 
arréts  ou  aux  vibrations,  selon  le  cas,  mais  en 
s'efforçant  de  redoubler  de  délicatesse  et  de  tact. 

Si  le  cheval,  tout  en  étant  arrêté,  s'inquiète, 
se  tracasse,  il  faut,  avant  de  demander  la  légè- 
reté, obtenir  l'immobilité  complète. 

On  y  parvient  en  punissant  tout  mouvement 
de  l'animal  par  des  demi-arrêts  proportionnés, 
comme  force,  à  la  faute  commise. 

Aussitôt  chaque  demi-arrêt  donné,  le  cavalier , 
calme  et  sans  colère,  étudie  ce  qui  se  passe  chez 
le  cheval. 

Si  celui-ci  bondit,  continue  à  se  mobiliser, 
paraît  enfin  ne  faire  aucune  attention  à  la  cor- 
rection, le  cavalier  recommence  à  punir  éner- 


14  DRESSAGE    METHODIQUE. 

giquement,  et  plusieurs  fois  de  suite  s'il  est  né 
cessaire. 

Dès  que  le  cheval,  plus  tranquille,  semble 
craindre  le  châtiment,  les  demi-arrêts  devien- 
nent beaucoup  plus  rares  et  moins  forts.  Mais 
on  les  continue  jusqu'à  l'obtention  de  Timmo- 
,     bilité,  accompagnée  d'un  calme  parfait. 

Alors  le  cavalier  agit  comme  il  est  dit  plus 
haut  pour  demander  la  légèreté. 

Si,  par  exception,  les  demi-arrêts  étaient  in- 
suffisants pour  inspirer  à  l'animal  trop  fougueux 
une  crainte  salutaire,  on  lui  mettrait  le  caveçon 
qu'on  utiliserait,  à  pied,  par  saccades  de  haut 
en  bas,  en  suivant  les  mêmes  prescriptions  que 
pour  l'application  des  demi-arrêts  et  en  se  fai- 
sant momentanément  remplacer  à  cheval  par 
un  aide. 

Quand  une  monture  a  été  déjà  «  mise  à  l'épe- 
ron »,  comme  nous  l'expliquerons  plus  loin,  on 
l'immobilise  à  volonté  par  un  «  etîet  d'ensemble 
sur  les  éperons  ».  Ce  qui  précède  s'applique 
donc  surtout  à  un  animal  qu'on   commence. 

2"  —  Supposons  maintenant  le  cheval  en 
action. 


PRINCIPES    GENERAUX.  i3 

Ainsi  que  nous  Tavons  dit,  le  cavalier  doit 
demander  la  légèreté  à  sa  monture  avant  de  lui 
donner  une  position  nouvelle,  et  de  plus  il  doit 
fréquemment  s'assurer  que  la  mâchoire  reste 
liante  et  mobile,  pendant  Texécution  des  mou- 
vements ou  la  continuation  des  allures. 

Il  procède  pour  cela  comme  lorsque  Tanimal 
est  arrêté. 

Si  la  légèreté  survient  par  la  simple  demi- 
tension  des  rênes  pratiquée  comme  en  station, 
le  rriouvement  se  continuant  avec  la  régularité 
du  pendule,  il  faut  s'empresser  de  rendre. 

Ce  qu'il  faut  entendre  par  «  Décomposer  la  Force 
et  le  Mouvement  ».  —  Mais  si  cette  action,  loin 
d'amener  la  mobilité  moelleuse  de  la  mâchoire, 
altère  l'allure  ou  le  mouvement,  ou  bien  révèle 
Texistence  de  résistances  sérieuses,  il  faut  ar- 
rêter, immobiliser  Tanimal  et  chercher  alors  la 
légèreté  de  pied  ferme  comme  cela  a  été  expliqué. 

Le  cavalier  laisse  son  cheval  dans  Tinaction 
plusieurs  minutes  s'il  le  faut,  jusqu'à  ce  que 
l'équilibre  soit  bien  rétabli,  jusqu'à  ce  que  le 
mouvement  précédent  «  ne  résonne  plus  »  dans 
l'organisme  de  l'animal. 

Quand  ce  résultat  est  obtenu,  quand  le  calme 


i6  DRESSAGE    METHODIQUE. 

est  entièrement  revenu,  c'est  le  moment  de  re- 
donner Faction  et  la  position  qui  doivent  pro- 
duire de  nouveau  le  mouvement  précédemment 
cherché  ou  Tallure  interrompue. 

C'est  ce  qu'on  appelle  «  décomposer  la  force 
et  le  mouvement  ». 

Si,  une  fois  en  action,  Téquilibre  se  perd  de 
nouveau,  on  décompose  encore  et  on  recom- 
mence tant  qu'il  est  nécessaire. 

Avec  des  chevaux  jeunes  ou  peu  avancés  en 
dressage,  il  faut  à  chaque  instant  arrêter  pour 
rétablir  de  pied  ferme  l'équilibre,  redonner  la 
légèreté,  et  faire  renaître  le  calme  et  la  con- 
fiance. On  leur  épargne,  par  ces  moments  de 
repos  complet,  toute  espèce  de  fatigue  inutile. 

Avec  des  animaux  dont  les  allures  sont  dé- 
traquées, cette  recommandation  est  encore  plus 
importante.  En  effet,  le  point  essentiel  pour  la 
bonne  exécution  d'une  allure,  c'est  qu'elle  soit 
toujours  parfaitement  régulière,  que  chaque 
temps  soit  exactement  semblable  à  son  voisin 
en  vitesse  et  en  cadence. 

Si  la  moindre  irrégularité  survient,  il  faut  ar- 
rêter et  décontracter  complètement  avant  de 
repartir. 


PRINCIPES    GÉNÉRAUX.  17 

On  doit  surtout  apporter  une  grande  atten- 
tion à  la  naissance  de  Tallure  pour  qu'elle  soit 
aussitôt  bien  franche,  bien  juste  et  bien  réglée. 

Si  le  départ  n'est  pas  parfait,  on  arrête  court 
et  on  décompose. 

On  recommence  aussi  souvent  qu'il  est  né- 
cessaire. 

Il  faut  se  contenter  dans  le  principe  de  quel- 
ques foulées  parfaitement  exécutées. 

Mais  quand  le  dressage  est  d^jà  avancé,  on 
doit  commencer  à  vaincre  les  résistances  en 
marchant,  surtout  si  elles  ne  sont  pas  trop  sé- 
rieuses. 

On  emploie  alors  sans  arrêter  les  mêmes  ef- 
fets que  de  pied  ferme,  en  redoublant  de  tact  et 
de  finesse. 

Il  faut,  comme  nous  Tavons  dit,  que  ces  dif- 
férentes actions  de  la  main  ne  prennent  en  rien 
sur  la  force  d'impulsion  ;  c'est-à-dire  qu'elles  ne 
doivent  amener  ni  un  arrêt,  ni  un  ralentissement, 
ni  une  altération  quelconque  dans  le  mouve- 
ment, la  direction  ou  l'allure. 


iS  DRESSAGE    METHODIQUE. 


II.  —  dp:  l'obéissance  aux  jambes 

ET  DE  «  l'effet  d'eNSEMBLE  SUR  l'ÉPERON  ». 

E  même  que  le  cheval  doit  être  léger 
à  la  main,  de  même  il  doit  être  «  léger 
aux  jambes  ». 
Voici  ce  qu'il  faut  entendre  par  là. 

Comment  le  Cheval  doit  répondre  aux  Jambes. 
—  L'animal  étant  arrêté,  si  la  main  ne  marque 
pas  d'opposition,  la  pression  simultanée  et  égale 
des  jambes  du  cavalier  doit  produire  instanta- 
nément la  marche  en  avant  :  progression  lente, 
calme,  si  leur  action  a  été  faible;  progression 
rapide,  énergique,  furieuse  même,  si  leur  etiet 
a  été  fort  à  proportion. 

Lorsque  le  cheval  est  en  mouvement,  le  con- 
tact des  mollets  doit  de  même  amener  une 
accélération  d'allure  proportionnée  à  leur 
pression. 

De  pied  ferme  ou  en  marche,  l'approche 
d'une  seule  jambe  du  cavalier  doit  faire  fuir  la 
croupe  du  côté  opposé;  doucement,  si  son  ac- 


PRINCIPES    GENERAUX. 


ï9 


tion  est  très  légère;  vivement,  si  elle  est  plus 
marquée.  Mais  la  pression  d'une  jambe  em- 
ployée isolément  devant  avoir  aussi  pour  ré- 
sultat de  produire  ou  d'accélérer  la  marche  en 
avant,  il  est  essentiel,  au  moins  dans  le  prin- 
cipe, que  la  main  faisant  barrière,  reçoive  cette 
impulsion  pour  la  gouverner,  sans  quoi  la 
jambe  serait  obligée  d'employer  une  très  grande 
force  pour  obtenir  un  etfet  presque  toujours 
incomplet. 

Quand  on  approche  les  deux  mollets,  si  leur 
simple  contact  ne  donne  pas  immédiatement 
ou  ne  rétablit  pas  sur-le-champ  Faction  désirée, 
on  fait  toucher  aussitôt  les  deux  éperons  à  la 
fois,  sans  opposition  de  main. 

On  répète  ces  petites  attaques  tant  que  le 
résultat  cherché  n'est  pas  obtenu. 

De  même,  si,  à  l'approche  d'une  seule  jambe, 
la  cession  de  la  croupe  n'est  pas  immédiate, 
le  pincer  de  l'éperon  du  même  côté  vient  aus- 
sitôt punir  le  cheval  de  sa  paresse  et  le  forcer  à 
obéir. 

On  arrive  par  ce  moyen  à  donner  à  l'animal 
une  grande  finesse  aux  jambes,  à  le  rendre 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


«  léger  aux  jambes  »,  et  bientôt  le  simple  con- 
tact du  pantalon  ou  de  la  botte  suffit  pour  ob- 
tenir ou  augmenter  l'impulsion,  ou,  si  Ton  n'agit 
que  sur  un  seul  flanc,  pour  déplacer  la  croupe. 
Il  faut  cependant  redoubler  de  tact  dans  l'em- 
ploi des  petites  attaques,  et  n'en  faire  usage 
qu'avec  discrétion,  afin  de  ne  pas  provoquer  de 
fouaillements  de  queue. 

Ce  que  c'est  qu'un  Cheval  <(  mis  à  l'Eperon  ».  — 
Mais  avant  d'employer  ainsi  l'éperon,  le  cheval 
a  dû  être  amené  par  le  dressage,  et  cela  dès  les 
premières  leçons,  à  le  supporter  et  à  y  ré- 
pondre ainsi  qu'il  suit  : 

Si,  de  pied  ferme,  on  appuie  progressive- 
ment les  jambes  et  ensuite  les  éperons,  jusqu'à 
une  force  assez  grande,  et  que  la  main  vienne 
aussitôt  faire  opposition,  Tanimal  doit  demeu- 
rer complètement  immobile  et  conserver  sa 
légèreté  inaltérée. 

Si,  les  éperons  restant  au  poil,  on  augmente 

la  force  de  leur  contact  en  rendant  la  main,  le 

cheval  doit  se  porter  en  avant  franchement  au 

pas  et  rester  léger. 

>^         Si  l'on  est  au  pas,  l'appui  gradué  des  éperons 


PRINCIPES    GENERAUX. 


ne  doit  altérer  ni  Tallure  ni  la  légèreté  quand 
la  main  fait  opposition. 

Si  l'appui  augmente,  celle-ci  rendant,  l'ani- 
mal doit  prendre  le  trot  sans  brusquerie. 

Enfin,  en  suivant  les  mêmes  principes,  il  doit 
partir  franchement  sur  l'éperon,  du  trot,  du  pas 
ou  même  de  l'arrêt,  au  grand  trot. 

Alors  le  cheval  «  connaît  Téperon  »,  c'est-à- 
dire  que  le  contact  de  cette  aide  ne  l'affole  plus 
et  lui  cause  au  contraire  un  certain  étonnement 
qui  le  calme  et  permet  d'obtenir  une  impulsion 
tranquille  au  besoin  ou  plus  puissante  s'il  est 
nécessaire. 

Il  est  prêt  à  recevoir  les  petites  attaques, 
sans  opposition  de  main,  lesquelles,  dès  lors, 
redonnent  toujours  à  ses  forces  la  direction  d'ar- 
rière en  avant,  et  détruisent  ainsi  tout  com- 
mencement d'acculement. 

Enfin,  à  partir  de  ce  moment,  il  devient  pos- 
sible au  cavalier  d'enfermer,  d'emprisonner 
son  élève  quand  il  est  nécessaire,  entre  le  mors 
et  les  éperons,  de  façon  à  étouffer  dans  son 
germe  toute  tentative  de  défense  :  en  rappro- 
chant du  corps  la  main  de   bride  et  en  fer- 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


mant  les  jambes  rapidement  et  progressive- 
ment jusqu'à  un  appui  franc,  continu  et  éner- 
gique des  deux  éperons,  on  produit  ce  qu'on 
appelle   «   l'effet    d'ensemble  sur   Téperon   ». 

Cet  effet  amène  ou  confirme  la  décontraction 
de  la  mâchoire,  détruit  tout  principe  de  résis- 
tance, immobilise  l'animal,  à  la  volonté  du  ca- 
valier, ou  —  si  ce  dernier  fait  prédominer 
l'action  de  l'éperon  en  mollissant  l'opposition 
de  la  main  sans  laisser  échapper  la  tète  —  oblige 
le  cheval  à  conserver  l'allure  à  laquelle  il  mar- 
chait quand  une  velléité  de  révolte  s'est  mani- 
festée. 

On  est  ainsi  absolwnent  maître  d'empêcher 
toute  défense,  et  de  conduire  son  cheval  oîi  on 
le  veut  et  à  l'allure  qu'on  désire,  quel  que  soit 
son  mauvais  vouloir  ou  l'objet  qui  l'effraie. 

L'animal  s'aperçoit  vite  qu'il  lui  est  impos- 
sible de  résister.  Le  sentiment  de  son  impuis- 
sance l'amène  à  renoncer  à  la  lutte.  Son  moral 
est  dompté  et  il  se  résigne  à  obéir. 

C'est  ainsi  que  se  guérit  sûrement  et  radica- 
lement la  rétivité  la  plus  dangereuse  et  la  plus 
invétérée. 


PRINCIPES  GENERAUX. 


III.    DU     CHEVAL     DROIT. 

0  M  ME  NT  on  fait  refluer  vers  l'une  ou 
l'autre  des  Epaules  le  Poids  de  l'Enco- 
lure. ■ — ■  Quand  le  cheval  est  léger  et 
ramené,  la  demi-tension  de  la  rêne  droite  dans 
la  direction  de  la  hanche  gauche,  et  un  peu  de 
bas  en  haut,  doit  amener,  sans  que  la  légèreté  en 
soit  altérée,  le  bout  du  nez  à  droite  et  rejeter  un 
peu  vers  la  gauche, en  Télevant,  l'encolure  arron- 
die en  arc  par  suite  de  Tinclinaison  de  la  tête. 

L'épaule  droite  est  ainsi  allégée;  Tenlever  de 
cette  partie  est  préparé;  en  revanche,  le  poids 
de  l'encolure  étant  reporté  vers  la  gauche, 
Favant-main  a  une  tendance  à  «  tomber  »  à 
gauche,  c'est-à-dire  à  se  déplacer  dans  ce  sens, 
et  la  croupe  à  s'infléchir  vers  la  droite.  Le 
cheval  est  alors  légèrement  ployé  en  cercle,  le 
bout  du  nez  et  les  hanches  à  droite. 

La  demi-tension  de  la  rêne  gauche  doit  pro- 
duire Teffet  inverse  ti parfaitement  symétrique . 

Il  faut  s'attacher  beaucoup  à  ce  c[u'il  en  soit 
ainsi,  et  répéter  souvent  ces  appuis  de  rênes 


24  DRESSAGE  METHODIQUE. 

de  pied  ferme  et  à  toutes  les  allures  pour  ren- 
dre également  faciles  à  droite  et  à  gauche  ces 
«  inclinaisons  »  qui  trouvent  fréquemment  leur 
application  dans  le  dressage. 

Une  des  plus  grandes  difficultés  équestres  est 
d'obtenir  et  de  conserver  sans  cesse  le  cheval 
bien  droit  d'épaules  et  de  hanches. 

Cette  condition  est  cependant  essentielle  pour 
que  l'animal  soit  en  équilibre. 

Or,  presque  tous  les  chevaux  sont  plus  ou 
moins  ployés  d'un  côté,  soit  par  une  prédispo- 
sition naturelle,  soit  par  suite  de  mauvaises 
habitudes  prises  dès  qu'on  commence  à  les 
monter. 

Ce  pli  a  pour  conséquence  de  rejeter  le  poids 
sur  une  épaule  et  de  faire  avancer  en  arc-boutant 
la  hanche  opposée. 

L'animal  se  trouve  ainsi  tout  disposé  physi- 
quement pour  se  défendre,  ou  tout  au  moins 
pour  résister  à  certains  effets  du  cavalier,  et  il 
importe  de  le  corriger  au  plus  tôt  de  cette  atti- 
tude vicieuse. 

Manière  de  redresser  un  Cheval.  —  Le  moyen 
le  plus  simple  et  le  plus  pratique  pour  y  arriver 


PRINCIPES    GENERAUX. 


consiste  à  enseigner  au  cheval  à  prendre  faci- 
lement, à  la  volonté  du  cavalier,  le  pli  inverse. 

C'est  donc  en  rendant  les  deux  «  inclinaisons  » 
également  faciles  à  droite  et  à  gauche,  qu'on 
parvient  à  redresser  un  animal  qui  a  une  ten- 
dance à  se  ployer  de  lui-même  d'un  côté. 

Mais  ces  inclinaisons  doivent  s'obtenir  par  la 
main  seule,  le  cheval  étant  léger  et  ayant  la  tête 
placée. 

Il  faut  tâcher  de  ne  pas  s'aider  des  jambes, 
de  ne  pas  employer,  par  exemple,  l'effet  dia- 
gonal qui  agit  sur  Tarrière-main  et  la  déplace, 
attendu  que  souvent  celle-ci  revient  à  sa  posi- 
tion première,  dès  que  cesse  l'action  de  la  jambe 
opposée,  ce  qui  constitue  alors  un  travail  sans 
issue. 

On  ne  doit  pas  ici,  en  résumé,  mobiliser  la 
croupe  autour  de  l'avant-main.  C'est  la  transla- 
tion du  poids  d'une  épaule  vers  l'autre,  produite 
au  moyen  de  la  rêne  d'appui,  qui  a  pour  consé- 
quence de  ployer  légèrement  le  cheval  en  sens 
inverse  de  son  inclinaison  première. 

Il  paraît  alors  à  la  vérité  avoir  les  hanches, 
comme  le  bout  du  nez,  rejetées  du  côté  opposé, 
tandis  que  ce  sont  ses  épaules  seules  qui,  en 

4 


26  DRESSAGE    METHODIQUE. 

cédant  à  Taction  de  la  main,  se  sont  doucement 
inclinées  dans  le  sens  où  a  été  amené  à  «  tom- 
ber »  le  poids  de  Tencolure. 

Il  va  sans  dire  que  ce  moyen  donné  pour  lut- 
ter contre  la  tendance  particulière  d'un  cheval 
à  prendre  un  pli  vicieux,  ne  dispense  en  rien 
de  l'attention  constante  que  doit  avoir  le  cava- 
lier de  placer  et  de  maintenir  son  élève,  malgré 
les  exigences  du  dressage,  bien  droit  d'épaules 
et  de  hanches,  à  toutes  les  allures,  en  station, 
ou  pendant  le  reculer. 


IV.  —  DES  «  DESCENTES  DE  MAIN  ET  DE  JAMBES  ». 

i;  cheval,  de  pied  ferme  ou  en  marche, 
doit  conserver  de  lui-même  la  posi- 
tion que  lui    a  donnée   le  cavalier, 
tant  que  ce  dernier  ne  la  modifie  pas. 

Quand  il  est  en  mouvement,  son  impulsion 
doit  également  se  continuer  sans  altération  jus- 
qu'à ce  que  le  cavalier  en  augmente,  en  diminue, 
ou  en  annule,  à  sa  volonté,  l'intensité. 

Amener  l'Animal  le  plus  vite  possible  à  se  passer 


PRINCIPES    GENERAUX. 


27 


du  Secours  des  Aides.  —  Aussi,  une  des  préoccu- 
pations de  chaque  instant  dans  le  dressage,  doit- 
elle  être  d'amener  Tanimal  à  se  passer  du  se- 
cours des  aides,  main,  jambes,  cravache,  appels 
de  langue,  etc.,  et  de  le  laisser  libre  le  plus  pos- 
sible, tant  qu'il  conserve  son  équilibre,  c'est- 
à-dire  tant  que  la  légèreté  ne  s'altère  pas,  que 
la  tête  reste  fixe,  l'encolure  soutenue,  et  que 
l'allure  se  continue  sans  altération  ni  ralentis- 
sement. 

Il  faut  donc  essayer,  dès  que  faire  se  peut,  et 
à  tout  moment,  des  «  descentes  de  main  et  de 
jambes  ». 

On  les  fait  courtes  et  incomplètes  d'abord; 
dès  que  l'encolure  s'abaisse,  que  la  tête  perd  sa 
fixité  ou  que  l'équilibre  se  dérange  d'une  façon 
quelconque,  il  faut  s'empresser  de  se  servir  des 
rênes  ou  des  jambes,  pour  s'opposer  à  tout  dé- 
placement de  tête  ou  d'encolure  et  à  toute  alté- 
ration dans  la  vitesse  ou  la  régularité  du  mou- 
vement. 

Mais  on  arrive  rapidement  à  avoir  des  des- 
centes de  main  et  de  jambes  entières  et  longues, 
et  c'est  ainsi  que  le  cheval  apprend  de  bonne 
heure  à  se  soutenir  de  lui-même. 


28  DRESSAGE    METHODIQUE. 


V.     —     DU     RASSEMBLER. 

K  rassembler  consiste  à  provoquer, 
sans  avancer  d'une  façon  sensible, 
le  fonctionnement,  la  mise  en  jeu  des 
ressorts  de  l'organisme,  à  obtenir  en  un  mot 
((  Faction  »  sur  place,  ou,  si  l'on  est  en  marche, 
à  Taugmenter,  sans  produire  un  accroissement 
de  vitesse  appréciable. 

Il  a  pour  conséquence  l'engagement  des  mem- 
bres postérieurs  sous  la  masse,  et  l'élévation 
des  mouvements. 

Ce  que  donne  le  Rassembler.  —  C'est  donc  le 
rassembler  qui  permet  d'asseoir  le  cheval,  de 
diminuer  sa  base  de  sustentation,  et  de  donner 
de  la  hauteur  aux  différentes  allures. 

Le  rassembler  complet  n'est  possible  qu'en 
place.  Il  prend  le  nom  de  Piaffer  quand  il  se 
fait  avec  rythme,  mesure  et  cadence. 

Il  n'est  pas  indispensable  d'arriver  jusqu'au 
piaffer.  Mais  un  cheval  n'est  pas  vraiment 
dressé,  si  le  cavalier  n'a  pas  la  facilité  de  le  ras- 


PRINCIPES    GENERAUX.  29 

sembler  à  son  gré  pour  l'asseoir  aux  diverses 
allures,  et  le  rendre  ainsi  plus  agréable,  plus 
sûr  et  plus  brillant. 

Comment  se  demande  le  Rassembler.  —  11  faut 
toujours  que  Tanimal  soit  léger  et  ramené  avant 
de  chercher  à  le  rassembler.  Il  est  bon,  pour 
mieux  se  faire  comprendre,  de  commencer  cette 
instruction  à  pied  au  moyen  de  la  cravache,  et 
plus  tard,  de  revenir  souvent  à  ce  procédé  élé- 
mentaire qui  n'est  cependant  pas  une  condition 
sine  qua  non  de  réussite. 

Mais,  que  ce  soit  à  pied  ou  à  cheval,  on  doit 
se  contenter  d'abord  de  peu. 

Comme  dans  ces  exercices  l'animal  a  une 
tendance  à  revenir  sur  lui,  à  s'acculer  plus  ou 
moins,  il  est  indispensable  de  le  reporter  moel- 
leusement  en  avant  par  les  jambes,  ou,  si  c'est 
nécessaire,  par  un  appui  gradué  et  progressif 
des  éperons,  et,  plus  tard,  par  une  petite  attaque, 
chaque  fois  qu'on  a  demandé  le  rassembler  sur 
place,  et  avant  qu'il  se  soit  immobilisé  de  lui- 
même. 

La  main  qui  s'était  fixée  doucement  pendant 
que  les  aides  inférieures  demandaient  la  mo- 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


bilité  des  extrémités,  rend  insensiblement  au 
moment  où  les  jambes  augmentent  leur  pres- 
sion, puis  elle  reçoit  bientôt  le  surcroît  d'im- 
pulsion ainsi  obtenu,  et  s'en  empare  habilement 
pour  confirmer  la  légèreté  plus  ou  moins  com- 
promise. 

On  arrête  alors  et  on  achève  de  rétablir  le 
calme  et  Téquilibre  avant  de  recommencer. 

Il  faut  exercer  également  le  cheval  à  se  ras- 
sembler aux  différentes  allures. 

Pour  cela,  les  jambes  du  cavalier  actionnent 
progressivement  Tanimal;  la  main  l'empêche 
d'augmenter  sa  vitesse,  et  le  surcroît  d'action 
ainsi  obtenu  amène  l'engagement  des  membres 
postérieurs  sous  la  masse,  et  une  plus  grande 
élévation  dans  les  mouvements. 

Il  y  a  lieu  de  bien  faire  la  difterence  entre  le 
rassembler  et  l'effet  d'ensemble. 

A  quoi  sert  l'Effet  d'ensemble.  —  L'effet  d'en- 
semble a  pour  but  d'immobiliser  l'animal,  ou 
de  le  forcer  à  conserver  l'allure  et  la  direction 
voulues. 

Aussi,  pour  arriver  à  ce  résultat,  la  main,  les 
jambes  et,  au  besoin,  l'éperon  doivent-ils  tou- 


PRINCIPES    GENERAUX. 


jours  agir  apec  une  progression  continue  et  gra- 
duée, jusqu'à  Tobtention  de  l'effet  cherché. 

Dans  le  rassembler,  comme  c'est  au  con- 
traire la  mobilité  des  extrémités,  ou  une  plus 
grande  détente  des  ressorts,  que  Ton  s'efforce 
de  produire  et  d'entretenir,  les  jambes  et,  s'il 
est  nécessaire,  les  éperons  doivent  se  faire  ?.Qn- 
ÛT  par  des  pressions  successives,  répétées,  alter- 
nées même,  mais  non  continues. 

En  résumé,  l'effet  d'ensemble  calme,  éteint 
ou  règle;  le  rassembler  anime,  réveille,  surex- 
cite l'activité,  donne  la  vie  et  le  brillant. 


PROGRESSION 


DU    DRESSAGE 


I  PARTIE  :     PREPARER. 

2®             PRÉPARER    (suite). 

3"            ASSEMBLER. 

4"             FIXER. 


PROGRESSION 


DU    DRESSAGE 


En  dressage  on  veut  toujours  aller  trop  vite. 

Pour  arriver  promptement,  ne  pas  se  presser,  mais 
assurer  solidement  chacun  de  ses  pas. 

Demander  souvent;  se  contenter  de  peu;  récom- 
penser beaucoup. 

La  leçon  doit  être,  pour  le  cheval  comme  pour  le 
cavalier,  un  exercice  salutaire,  un  jeu  instructif  qui 
n'amène  jamais  la  fatigue. 

Dès  que  la  sueur  apparaît,  c'est  que  l'homme  a 
dépasse  la  mesure. 


PREMIERE   PARTIE 

PRÉPARER 

CHAPITRE  PREMIER 

FLEXIONS.   —   TRAVAIL   A   LA    CRAVACHE. 
EMPLOI    DE    LA    CHAMBRIÈRE 


F-  cheval  est  bridé,  mais  sans  selle. 
Il  a  le  caveçon  dont  un  aide  porte 
la  longe  et  la  maintient  demi- 
tendue.  Mais  on  l'en  débarrasse 


3G  DRESSAGE    METHODIQUE. 

des  qu'il  est  possible.  Il  y  a  même  beaucoup  de 
chevaux  avec  lesquels  on  peut  entièrement  s'en 
passer. 

Pendant  le  travail  àpied.ôter  de  temps  à  autre 
la  gourmette  pour  avoir  plus  de  mobilité  de  mâ- 
choire, et  répéter  ainsi  les  différents  mouvements. 

Des  trois  manières  d'agir  avec  le  Filet  ou  la 
Bride.  - — ^  Il  y  a  trois  manières  d'agir  avec  les 
rênes  de  filet  ou  de  bride. 

La  première  est  celle  que  tout  le  monde  em- 
ploie pour  donner  la  direction. 

La  deuxième  c'est  le  demi-arrêt.  C'est  avec 
cette  action  qu'on  lutte  contre  \q poids. 

Si,  en  sentant  la  bouche  du  cheval,  ce  qui 
se  fait  en  agissant  sur  la  commissure  des  lèvres 
quand  on  se  sert  du  filet  pour  demander  la  lé- 
gèreté, on  rencontre  la  force  d'inertie,  cette 
force  brutale  qui  fait  que  le  poids  s'oppose  à  ce 
que  l'animal  cède  en  relevant  son  encolure  et 
en  mâchant  moelleusement  son  mors,  alors  on 
donne  un  demi-arrêt,  c'est-à-dire  qu'on  passe 
rapidement  et  progressivement,  sans  cesser  de 
rester  en  contact  avec  la  bouche,  à  une  force 
beaucoup  plus  grande.   Puis  on  rend;  on  re- 


prp:parer.  37 


prend  ;  on  donne  un  deuxième  demi-arrét,  puis 
un  troisième,  etc.,  s'il  est  nécessaire. 

La  troisième,  c'est  la  vibration,  petit  frémis- 
sement produit  en  agitant  prestement  les  deux 
mains. 

Cette  action  combat  les  forces  qu'oppose 
le  cheval  quand  on  sent  sa  bouche, et  qu'au  lieu 
d'abandonner  sa  mâchoire  il  la  contracte  vo- 
lontairement pour  résister.  On  rend,  puis  on 
recommence  s'il  y  a  lieu. 

Il  ne  faut  chercher  à  donner  la  direction  que 
lorsque  l'animal  est  léger,  c'est-à-dire  en  équi- 
libre, et  qu'on  n'a  plus  dès  lors  à  lutter  contre 
le  poids  ni  contre  les  forces. 

Élever  l'Encolure  le  plus  possible.  —  Le  cava- 
lier, tenant  la  cravache  la  pointe  basse,  se  place 
devant  le  cheval  et  le  regarde.  Il  prend  dans 
chaque  main  une  rêne  de  filet  près  du  mors  et 
élève  le  plus  possible  la  tète  et  l'encolure  en 
donnant  à  ses  bras  toute  leur  extension. 

Il  cherche  ainsi  quelque  apparence  de  légè- 
reté. Après  une  minute  de  repos,  pendant  la- 
quelle il  empêche  l'encolure  de  s'abaisser,  il 
recommence  le  même  effet  avec  la  bride. 


38  DRESSAGE    MÉTHODIQUE. 

Dès  qu'on  a  obtenu  de  la  légèreté,  laisser  ra- 
nimai libre.  Qu'il  reste  le  plus  possible  aban- 
donné à  lui-même^  soit  arrêté,  soit  en  marche, 
soit  au  reculer.  Il  faut  que  la  tête  apprenne  de 
bonne  heure  à  se  soutenir  et  à  garder  sa  po- 
sition. 

Mais,  dès  qu'elle  se  déplace,  reprendre  le 
cheval. 

Marche  en  avant  sur  la  Cravache.  —  Prenant 
ensuite  les  deux  rênes  de  la  bride  près  du  mors 
avec  la  main  gauche,  le  cavalier  tient  de  Tautre 
sa  cravache  horizontalement,  de  manière  à  s'en 
servir  par  son  milieu  sans  faire  sentir  le  fouet. 
Il  en  touche  légèrement  le  poitrail  par  de  petits 
coups  répétés  à  une  seconde  d'intervalle,  jus- 
qu'à ce  qu'il  ait  obtenu  un  pas  en  avant. 

Si  le  cheval  se  défend,  s'il  cherche  à  frapper 
du  devant,  on  le  punit  par  le  caveçon. 

S'il  recule  seulement,  ou  se  jette  de  côté,  on 
se  borne  à  continuer  les  légers  attouchements 
de  la  cravache  sans  cesser  la  tension  énergique 
des  rênes. 

On  doit  se  contenter  d'un  pas  obtenu  bien 
droit,  avec  l'encolure  soutenue. 


PREPARER.  39 


On  caresse  sur  le  front,  et  on  laisse  une  ou 
deux  minutes  l'animal  au  repos  avant  de  re- 
commencer. On  demande  ensuite  deux  pas, 
puis  trois,  etc.  Chaque  fois  que  le  cheval  se  tra- 
verse le  moins  du  monde,  arrêter.  Le  replacer 
parfaitement  droit,  parles  épaules  principale- 
n\ent,  puis  marcher  de  nouveau.  Continuer 
jusqu'à  ce  qu'à  Vapproche  seule  de  la  cravache 
l'animal  se  porte  franchement  en  avant. 

Puis  on  passe  au  reculer. 

Reculer.  —  Le  cavalier,  les  poignets  hauts, 
faisant  face  à  l'animal,  le  place  d'abord  parfai- 
tement droit  d'épaules  et  de  hanches,  et  de- 
mande un  peu  de  légèreté. 

Alors,  ayant  une  rêne  de  filet  dans  chaque 
main,  il  élève  encore  les  bras  en  agissant  sur  la 
commissure  des  lèvres  et  de  bas  en  haut,  de 
manière  à  amener  le  reculer  par  le  reflux  du 
poids  sur  l'arrière-main. 

«  Forcer  le  Mouvement  ».  —  Si,  à  l'indication 
douce  des  rênes,  la  marche  rétrograde  ne  se 
produit  pas,  il  faut  «  forcer  le  mouvement  », 
c'est-à-dire  que  le  cavalier  doit  augmenter  ^ro- 
gressivement  l'etîet  du  mors,  doit  le  faire  sentir 


40  DRESSAGE    METHODIQUE. 

avec  une  intensité  qui  grandisse  insensiblement 
mais  énergiquement,  jusqu'à  ce  que  le  mou- 
vement en  arrière,  le  reculer,  ait  été  obtenu. 
Le  tact  consiste  à  cesser  Teifet  en  question  à 
rinstant  précis  où,  la  résistance  cédant,  l'animal 
porte  ses  extrémités  d'avant  en  arrière,  ne  fût- 
ce  que  de  quelques  centimètres. 

On  recommence  à  «  forcer  le  mouvement  », 
tant  que  l'indication  des  rênes  ne  suffit  pas 
encore  pour  l'obtenir;  mais  on  diminue  de  plus 
en  plus  la  force  de  l'effet  nécessaire  jusqu'à  ce 
que  toute  trace  de  résistance  ait  disparu. 

Le  cheval  ne  doit  reculer  qu'un  pas,  mais 
parfaitement  droit;  c'est  ce  à  quoi  l'on  doit  le 
plus  s'attacher.  Si  la  croupe  se  porte  d'un  côté  ou 
ci'un  autre,  on  redresse  aussitôt  par  les  épaules 
qu'on  mobilise  vers  la  droite  ou  vers  la  gauche, 
selon  le  cas,  pour  faire  opposition  aux  hanches. 

On  fait  ensuite  exécuter  le  même  travail  en 
se  se'rvant  des  rênes  de  bride  de  la  même  ma- 
nière que  de  celles  du  filet. 


Des  Flexions.  —  Puis  on  passe  aux  flexions. 

On  en  distingue  deux  sortes  : 

i"  —  La  flexion  directe  de  mâchoire,  c]ui  se 


PREPARER. 


4' 


fait  en  ai^issant  à  la  fois  sur  les  deux  rênes  du 
iilet  ou  sur  les  deux  de  la  bride. 

2°  —  La  flexion  semi-latérale  de  mâchoire 
et  d'encolure,  qui  se  demande  sur  chaque  rêne 
séparément. 

Avant  de  les  chercher  directement,  comme 
nous  le  verrons  tout  à  Theure,  on  en  fait  faire 
au  cheval  cinq  autres  qui  ne  sont  que  prépara- 
toires. On  ne  doit  plus  s'en  servir  plus  tard; 
mais  comme  elles  s'obtiennent  facilement  dès 
le  principe,  le  cheval  comprend  plus  vite  par 
ce  moyen  ce  qu'on  exige  de  lui  ;  elles  habituent 
en  outre  le  cavalier  au  maniement  des  rênes. 

Le  but  de  toute  flexion  est  d'obtenir  la  légè- 
reté, telle  qu'elle  a  été  définie  plus  haut. 

Flexions  préparatoires.  — ^  A.  —  Avec  les  deux 
rênes  de  bride.  —  Pour  la  première  flexion  pré- 
paratoire, le  cavalier  se  place  d'abord  à  gauche 
et  à  hauteur  de  l'extrémité  antérieure  de  l'enco- 
lure. Il  tient  la  rêne  droite  de  bride  dans  la  main 
droite,  à  seize  centimètres  du  mors,  et  la  rêne 
gauche  à  dix  centimètres  seulement.  Puis  il  élève 
la  tête  de  l'animal  le  plus  possible,  et  rapproche 
légèrement  et  progressivement  la  main  droite 

6 


42  DRESSAGE    METHODIQUE. 

de  son  corps,  en  éloignant  la  gauche.  Si  cet  effet, 
continué  pendant  plusieurs  secondes,  n'amène 
pas  la  légèreté,  il  emploie  le  demi-arrêt  ou  la 
vibration  selon  le  cas,  mais  en  les  appliquant 
sur  la  rêne  gauche.  Dès  que  la  mâchoire  se  mo- 
bilise moelleusement,  il  rend. 

Puis  le  cavalier  se  place  à  droite  du  cheval  et 
redemande  la  même  flexion  par  les  moyens  in- 
verses, en  agissant  sur  la  barre  gauche. 

B.  —  Ai^ec  les  deux  rênes  de  filet.  — ■  On 
passe  ensuite  à  la  deuxième. 

Le  cavalier  revient  du  côté  montoir,  et  après 
avoir  élevé  Tencolure,  croise  les  rênes  de  filet 
sous  la  barbe,  de  manière  à  tenir,  à  seize  centi- 
mètres du  mors,  la  rêne  gauche  dans  la  main 
droite,  et  la  rêne  droite  dans  la  main  gauche. 

Il  demande  la  légèreté  en  marquant  une  trac- 
tion égale  et  progressive  sur  les  deux  rênes  à  la 
fois,  et  rend  dès  qu'elle  se  manifeste. 

C.  —  A  vec  une  rêne  de  filet  et  celle  de  bride  du 
même  côté.  —  La  troisième  flexion  préparatoire 
se  fait  en  se  plaçant  d'abord  à  gauche,  et  en  pre- 
nant la  rêne  de  filet  de  ce  coté  dans  la  main 
gauche,  et  la  rêne  gauche  de  bride  dans  la  main 
droite. 


PREPARER.  43 


On  élève  la  tête  et  Tencolure,  puis  on  provo- 
que Técartement  des  mâchoires,  en  portant  le 
poignet  gauche  en  avant  du  cheval,  et  le  droit 
vers  Tépaule  du  côté  montoir. 

S'il  faut  vaincre  des  résistances,  on  donne  les 
demi-arrêts  ou  les  vibrations  sur  le  filet  seul. 
Dès  que  la  mâchoire  se  mobilise,  on  rend. 

On  répète  cette  flexion  en  se  plaçant  à  droite 
de  ranimai,  et  en  la  demandant  avec  les  autres 
rênes. 

D.  —  A  vec  les  deux  rênes  du  filet, pour  obtenir 
un  huitième  de  flexion  d'encolure.  —  Pour  la 
quatrième,  on  se  place  près  de  Tépaule  gauche. 
On  saisit  de  la  main  droite  la  rêne  de  filet  du 
côté  hors  montoir,  et  on  la  tend  en  Tappuyant 
sur  la  base  de  l'encolure.  L'autre  rêne  du  filet 
est  tenue  avec  la  main  gauche  à  trente  centi- 
mètres du  mors,  et  sert  d'abord  à  élever,  comme 
toujours,  le  plus  possible  la  tête  de  l'animal. 

Dès  que  la  légèreté  arrive  et  que  la  tète  s'in- 
cline un  peu  â  droite  en  produisant  ainsi  un 
huitième  de  flexion  d'encolure,  le  cavalier  s'em- 
presse de  rendre. 

Lorsqu'il  y  a  lieu,  les  demi-arrêts  ou  vibra- 
tions se  donnent  ici  sur  la  rêne  gauche. 


44  DRESSAGE    METHODIQUE. 

On  répète  la  flexion  en  se  plaçant  à  droite,  et 
en  la  demandant  d'une  manière  analogue  pour 
faire  céder  la  mâchoire  et  l'encolure  vers  la 
gauche. 

E.  —  Ai>ec  les  deux  rênes  de  la  brider,  l'une 
d'elles  étant  passée  par-dessus  l'encolure.  — 
Enfin,  la  cinquième  s'obtient  en  se  plaçant  à 
gauche,  et  en  tenant  les  rênes  de  bride  comme 
celles  du  filet  dans  la  quatrième  flexion  prépa- 
ratoire. 

Après  avoir  élevé  Tencolure  le  plus  possible, 
on  marque  une  égale  demi-tension  sur  les  deux 
rênes,  de  manière  à  obtenir  la  légèreté  en  agis- 
santainsi  sur  les  deux  branches  du  mors  à  lafois. 

Dans  toutes  ces  flexions  préparatoires,  il  faut 
s'attacher  à  ce  que  la  tète  reste  haute,  l'encolure 
bien  soutenue. 

On  s'oppose  aux  résistances  instinctives  du 
cheval  par  des  demi-arrèts.  C'est  ainsi  qu'on 
évite  la  lutte. 

Dès  que  la  tète  se  baisse  ou  se  contourne, 
demi-arrèts,  jusqu'à  ce  que  l'animal  la  laisse 
immobile  où  le  cavalier  la  lui  place. 

Remarquons  qu'il  est  inutile  dans  les  flexions 


PREPARER.  45 


que  le  cheval  ouvre  la  bouche.  Il  suffit  qu'il  fasse 
sauter  son  mors  et  qu'il  mobilise  moelleuscment 
la  mâchoire  inférieure. 

Il  est  même  préférable  que  Técartement  en 
soit  peu  apparent.  Mais  il  faut  que  la  tète  ne  se 
déplace  pas  après  la  flexion. 

Quand  Tanimal  exécute  facilement  ces  cinq 
flexions  préparatoires,  on  passe  aux  deux  dont 
nous  avons  parlé  plus  haut  et  qu'on  demande 
seules  par  la  suite. 

Flexion  directe  de  Mâchoire.  —  1°  —  Pour  la 
flexion  directe  de  mâchoire,  le  cavalier  se  place 
devant  le  cheval,  tenant  une  rêne  de  filet  dans 
chaque  main,  et  commence  par  élever  Tenco- 
lure  et  la  tète  le  plus  possible,  en  se  servant  du 
demi-arrêt  s'il  est  nécessaire;  puis  il  demande 
la  légèreté  par  une  demi-tension  égale  et  con- 
tinue des  rênes  de  bas  en  haut  et  d'avant  en  ar- 
rière, de  manière  que  le  mors  n'agisse  que  sur 
la  commissure  des  lèvres. 

Si,  au  bout  de  plusieurs  secondes,  cette  force 
lente  n'amène  pas  la  légèreté,  le  cavalier  em- 
ploie le  demi-arrêt  ou  la  vibration,  selon  le  cas. 

Puis  il  sent  encore  la  bouche. 


45  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Si  ce  nouveau  contact  moelleux  n'amène  pas 
la  légèreté,  il  recommence  les  mêmes  effets  jus- 
qu'à ce  qu'il  Tait  obtenue. 

Cette  même  flexion  se  répète  ensuite  avec  les 
rênes  de  la  bride. 

Flexions  semi-latérales  de  Mâchoire  et  d'Enco- 
lure. —  Puis  :  2°  —  on  passe  aux  flexions  semi- 
latérales  de  mâchoire  et  d'encolure. 

On  demande  d'abord  la  légèreté  sur  le  filet 
comme  dans  le  cas  précédent.  Alors  on  agit 
sur  Tune  des  deux  rênes,  de  manière  à  obtenir, 
par  une  pression  sur  un  côté  de  la  commissure 
des  lèvres,  une  cession  latérale  de  la  tête  qui 
produise  un  commencement  de  flexion  d'enco- 
lure; enfin  on  complète,  on  parfait  la  légèreté 
par  cette  même  rêne,  et  quand  ce  résultat  est 
obtenu,  la  flexion  est  faite. 

On  la  répète  sur  l'autre  rêne  du  filet,  puis, 
d'après  les  mêmes  principes,  sur  chaque  rêne 
de  bride. 

On  a  soin,  entre  ces  différentes  flexions,  de 
laisser  le  cheval  au  repos,  en  quittant  complè- 
tement les  rênes  pendant  une  ou  deux  minutes, 
chaque  fois  qu'il  est  bien  léger.  On  l'habitue 
ainsi  à  se  soutenir  de  lui-même.  On  le  punit 


PREPARER. 


47 


par  des  demi-arrêts  quand  il  déplace  sa  tête  ou 
abaisse  son  encolure. 

On  fait  faire  ensuite  les  deux  mêmes  flexions 
en  prenant  les  anneaux  du  filet,  puis  les  bran- 
ches du  mors  de  bride. 

Revenir  à  la  Marche  en  Avant  et  au  Reculer.  — 

Lorsque  Tanimal  les  a  bien  comprises,  il  faut 
revenir  à  la  marche  en  avant  et  au  reculer, 
pour  perfectionner  ces  deux  exercices. 

A  partir  de  ce  moment,  on  exige,  avant  de 
rien  essayer,  la  légèreté  complète. 

On  veille  à  ce  qu'elle  demeure  inaltérée  pen- 
dant la  marche  ou  le  reculer,  le  cheval  restant 
parfaitement  droit  et  ne  se  mouvant  qu'avec 
calme  et  lenteur.  On  le  laisse  libre  le  plus  pos- 
sible, pour  qu'il  s'accoutume  à  conserver,  sans 
être  tenu,  son  équilibre,  et  à  continuer  de  lui- 
même  son  mouvement,  avec  la  régularité  d'un 
pendule. 

On  arrête  à  chaque  instant,  dès  que  la  régula- 
rité obtenue  s'altère. 

Puis  avant  de  recommencer,  on  accorde 
quelques  secondes  de  repos  complet,  et  on 
rétablit  l'équilibre  en  redonnant  la  légèreté. 


48  DRESSAGE    METHODIQUE. 

On  commence  ensuite  les  pas  de  côté,  les 
pirouettes  renversées  et  les  pirouettes  ordi- 
naires. 

Pour  chacun  de  ces  exercices,  le  cheval  doit 
d'abord  être  léger,  calme,  décontracté  et  par- 
faitement droit.  Alors  le  cavalier,  prenant  les 
rênes  de  bride  dans  la  main  gauche,  demande 
le  mouvement,  ce  qui  provoque  une  contraction. 
Aussitôt  un  pas  obtenu,  il  arrête  pour  décon- 
tracter encore  avant  de  redemander  un  nouveau 
pas. 

Pas  de  côté.  —  Pour  les  pas  de  côté,  on  déter- 
mine Tavant-main  dans  le  sens  du  mouvement, 
et  l'on  fait  suivre  la  croupe  en  montrant  la 
cravache  qui  se  fait  sentir  au  besoin  par  petits 
coups. 

Si  une  résistance  très  forte  de  cette  partie  du 
cheval  vient  à  se  manifester,  on  en  triomphe 
par  une  opposition  de  la  main  qui  se  replace 
aussitôt  la  cession  de  croupe  obtenue. 

Les  épaules  doivent  bien  précéder  les  han- 
ches et  chaque  membre  gauche,  si  Ton  appuie 
à  droite,  par  exemple,  doit  passer  en  avant  de 
son  voisin  du  côté  hors  montoir. 

Enfin  il  ne  faut  pas  que  le  cheval  avance. 


PREPARER, 


49 


Pirouettes  renversées.  —  Dans  la  pirouette 
renversée,  de  gauche  à  droite,  par  exemple,  le 
menjbre  montoir  de  devant  ne  doit  pas  quitter 
le  sol. 

Le  cavalier  se  place  à  l'épaule  gauche  et  me- 
nace le  flanc  qu'il  frappe  légèrement  s'il  est 
nécessaire. 

Pirouettes  ordinaires.  —  Enfin  on  arrive  à  la 
pirouette  ordinaire. 

Pour  qu'elle  soit  bien  exécutée,  de  gauche  à 
droite, par  exemple,  le  membre  postérieur  droit 
doit  servir  de  pivot  et  rester  fixé  au  sol.  De 
plus,  le  pied  gauche  de  devant  doit  passer  en 
avant  du  pied  droit  antérieur.  S'il  passe  en 
arrière  c'est  qu'il  y  a  acculement. 

On  se  tient  de  manière  à  empêcher  au  besoin, 
avec  la  cravache,  la  croupe  de  se  déplacer. 

On  continue  ce  travail  en  cherchant  tous  les 
jours  à  se  rapprocher  davantage  de  la  perfec- 
tion ;  il  faut  en  arriver  à  ce  que  l'animal  obéisse 
au  simple  geste,  sans  qu'il  soit  besoin  de  le 
toucher,  et  exécute  chacun  des  mouvements 
sans  altérer  son  équilibre. 

Demander  ce  premier  Travail  à  la  simple  Indica- 

7 


5o  DRESSAGE   MÉTHODIQUE. 

tion  du  Geste.  — Le  cheval,  une  fois  rendu  léger, 
doit  commencer  la  marche  en  avant,  les  pas  de 
côté,  ou  les  pirouettes,  avant  le  contact  de  la 
cravache,  dès  qu'elle  est  à  une  petite  distance 
du  poil.  De  même,  la  légèreté  étant  obtenue,  le 
reculer  doit  commencer  quand  le  cavalier 
marche  lentement  vers  Tanimal  en  le  regardant, 
les  deux  mains  élevées,  et  très  voisines  du  mors, 
mais  avant  qu'elles  Paient  touché. 

Il  faut,  bien  entendu,  que  la  marche  rétro- 
grade s'exécute  avec  le  plus  grand  calme  et  la 
plus  grande  régularité,  un  pas  nouveau  ne  se 
faisant  que  si  le  cavalier  le  demande. 

La  perfection  que  nous  venons  d'indiquer 
est  le  but  vers  lequel  on  doit  diriger  Tinstruc- 
tion  du  cheval.  Mais  ce  n'est  que  plus  tard, 
quand  déjà  le  travail  à  cheval  est  commencé, 
qu'on  peut  espérer  d'y  arriver. 

Il  suffit  donc  que  Tanimal  ait  compris  le  mé- 
canisme des  mouvements  précédents,  et  qu'il 
exécute  bien  les  flexions,  pour  qu'on  puisse  le 
faire  monter  par  un  aide. 

De  plus,  il  est  préférable  de  ne  commencer 
le  Rassembler,  même  à  pied,  que  lorsqu'on  ob- 


PRÉPARER.  5i 


tient  déjà   le  ramener  à  cheval,  au  pas  et  au 
petit  trot. 

Rassembler.  —  Habituer  d'abord  le  Cheval  au 
contact  de  la  Chambrière.  —  Le  cheval  étant  sur 
la  piste  à  main  gauche,  le  cavalier  tient  dans  la 
main  droite  la  chambrière  basse-,  et  dans  Tautre 
les  rênes  de  la  bride  près  du  mors. 

Il  fixe  son  regard  sur  les  yeux  de  Tanimal,  et 
demande  la  légèreté. 

Puis  il  élève  lentement  la  chambrière. 

Mais  lorsque  le  cheval  bouge,  il  arrête  son 
bras  droit  dans  la  position  où  il  se  trouve,  jus- 
qu'à ce  qu'il  ait  immobilisé  Tanimal  par  des 
demi-arrêts,  et  en  donnant  à  ses  yeux  une 
expression  sévère. 

Aussitôt  l'immobilité  obtenue,  il  le  rassure 
par  l'interjection  :  «  Oh  !  »  émise  d'une  voix 
caressante. 

On  arrive  ainsi  progressivement  à  placer 
franchement  la  lanière  sur  le  cheval,  le  fouet 
tombant  du  côté  hors  montoir,le  bout  du  man- 
che appuyé  sur  la  partie  gauche  du  dos. 

Si  à  ce  contact  l'animal  s'inquiète,  on  l'im- 
mobilise avec  la  main   gauche   comme  nous 


Sa  DRESSAGE    METHODIQUE, 

l'avons  dit  plus  haut,  tout  en  laissant  la  cham- 
brière sur  le  poil. 

Dès  que  le  calme  est  revenu,  on  la  glisse 
alors  d'avant  en  arrière,  de  façon  que  Textré- 
mité  du  manche  arrive  un  peu  plus  loin  que  la 
hanche  gauche.  Puis  on  rabaisse  jusqu'à  tou- 
cher le  sol,  de  manière  que  toute  la  lanière 
passe  doucement  sur  la  croupe. 

Comment  on  accoutume  le  Cheval  au  Bruit  du 
Fouet  ou  à  un  objet  effrayant,  à  se  laisser  ferrer,  etc. 

—  Avant  d'aller  plus  loin,  disons  que  c'est  par 
un  procédé  analogue  qu'on  habitue  un  cheval 
peureux  au  bruit  du  fouet,  sur  les  pistes,  aux 
deux  mains  d'abord,  puis  au  milieu  du  manège. 

On  agite  la  mèche  doucement  et  près  de  terre 
en  fixant  les  yeux  avec  bienveillance  sur  ceux 
de  l'animal  qu'on  immobilise  comme  nous 
l'avons  dit,  quand  il  s'inquiète. 

Dès  que  le  calme  se  montre,  on  caresse  et  on 
agite  plus  vivement  le  fouet. 

On  doit  en  arriver  à  le  taire  claquer  aux 
oreilles  du  cheval  tranquillisé  et  rassuré. 

Le  regard  est  d'une  importance  extrême  dans 
toutes  ces  pratiques. 


PREPARER. 


C'est  par  une  proi^ression  semblable  qu'on 
accoutume  les  caractères  les  plus  sauvages  et 
les  plus  farouches  à  tous  les  objets  qui  les  ef- 
fraient, et  qu'on  amène  les  animaux  les  plus 
irascibles  et  les  plus  méchants  à  se  laisser  ferrer 
sans  difficulté. 

Commencements  de  Rassembler  par  la  Cham- 
brière sur  les  Pistes.  —  Quand  le  cheval  reste 
calme  et  immobile  sous  la  chambrière,  on  de- 
mande le  rassembler. 

Pour  cela  on  cherche  d'abord  la  légèreté,  puis 
on  agite  la  chambrière  près  de  la  hanche  gauche 
en  s'aidant  d'appels  de  langue.  On  touche  au 
besoin  Tanimal  du  manche  et  de  la  lanière, 
mais  le  moins  possible,  afin  d'éviter  l'exaspé- 
ration et  la  lutte. 

Dès  qu'il  y  a  un  commencement  de  mobili- 
sation des  membres  sans  avancer,  on  place, 
comme  nous  l'avons  expliqué,  la  chambrière 
sur  le  dos  et  on  la  glisse  jusqu'à  terre  par  la 
croupe,  en  cherchant  à  arrêter  par  ce  moyen  le 
cheval  apant  qu'il  s'immobilise  de  lui-même. 

On  recommence  plusieurs  fois,  en  ayant  soin 
de  faire  marcher  l'animal  un  pas  ou  deux  après 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


chaque  temps  de  rassembler.  Qu'il  ne  reste 
même  pas  trop  non  plus  à  la  même  place  en 
se  mobilisant;  qu'il  a^'ance  plutôt  un  peu. 

Puis  on  répète  le  tout  à  main  droite  en  pas- 
sant la  chambrière  dans  la  main  sauche. 

Commencements  de  Rassembler  par  la  Cravache 
sur  les  Pistes.  —  Quand  l'animal  a  bien  compris 
ce  travail,  on  essaie,  toujours  sur  les  pistes, 
quelques  commencements  de  rassembler  avec 
la  cravache  qu'on  tient  comme  la  chambrière 
et  dont  on  montre  le  petit  bout  près  du  flanc  du 
cheval.  Mais  on  ne  touche  que  si  les  appels  de 
langue  et  les  menaces  de  frapper  sont  im- 
puissants. 

Pour  arrêter,  on  pose  d'abord  la  cravache 
diagonalement  sur  le  dos  de  l'animal.  Mais 
plus  tard  la  main  qui  tient  les  rênes  doit  suffire. 

Ces  premières  demandes  de  rassembler  ne 
se  font  sur  la  piste  que  pour  faire  comprendre 
au  cheval  plus  facilement  ce  qu'on  veut  de  lui. 

On  doit  arriver  le  plus  tôt  possible  à  l'essayer 
au  milieu  du  manège,  avec  la  chambrière 
d'abord,  avec  la  cravache  plus  tard. 

Sur  la  piste,  le  mur  empêche  qu'on  ait  «  le 


PREPARER.  b5 


complet  ensemble  des  forces  de  Tanimal  ». 
Aussi  vaut-il  mieux,  si  Ton  se  croit  assez  ha- 
bile, commencer  dès  le  premier  jour  au  milieu 
du  manège,  comme  nous  allons  l'expliquer. 

Rassembler  au  milieu  du  Manège  par  la  Cham- 
brière. —  Le  cavalier  tient  les  rênes  de  bride 
dans  la  main  gauche  près  du  mors,  et  la  cham- 
brière dans  la  main  droite. 

Il  commence  par  répéter  ce  qu'il  a  fait  sur  la 
piste  pour  habituer  le  cheval  à  se  calmer  et  à 
s'arrêter  au  contact  de  la  chambrière. 

Puis,  ayant  rendu  l'animal  léger,  il  demande 
le  rassembler  en  élevant  le  fouet  au-dessus  de 
la  croupe. 

Si  le  cheval  se  traverse,  il  montre  la  cham- 
brière à  droite  ou  à  gauche  en  la  faisant  passer 
derrière  lui,  et  il  revient  toujours  à  la  position 
élevée  de  la  lanière  au-dessus  de  la  croupe.  Il 
en  touche  Tarrière-main  quand  il  est  nécessaire, 
mais  toujours  le  plus  rarement  possible. 

Insensiblement  on  en  arrive  à  laisser  la  cham- 
brière sur  le  côté  du  cheval  ou  même  tout  à 
fait  bas;  mais  quand  l'action  meurt,  on  l'élève 
ou  l'on  s'en  sert  délicatement. 


56  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Dès  qu'on  obtient  un  petit  commencement 
de  mobilité  des  extrémités  en  place,  Tanimal 
restant  parfaitement  droit  et  n'avançant  ni  ne 
reculant,  on  arrête  aussitôt  par  le  contact  enve- 
loppant de  la  chambrière,  puis  on  décontracté 
complètement,  et  on  laisse  quelques  secondes 
de  repos  avant  de  recommencer. 

Il  faut  tacher,  dès  ces  premières  leçons,  que 
le  cheval  se  rassemble  sans  aides,  sans  c|u'il 
soit  nécessaire  de  le  toucher  pour  donner  l'ac- 
tion, et  sans  que  la  main  soit  utile  pour  empê- 
cher le  poids  de  passer  en  avant. 

Rassembler  au  milieu  du  Manège  par  la  Cra- 
vache. —  Quand  le  rassembler  s'exécute  ainsi 
sans  difficultés,  on  le  demande  par  la  cravache 
qu'on  tient  à  la  place  de  la  chambrière  dans  la 
main  droite. 

On  part  comme  toujours  de  la  légèreté,  puis 
on  montre  la  cravache  à  droite  et  à  gauche 
plusieurs  fois,  pour  donner  l'action. 

Alors  on  l'élève  au-dessus  du  dos  de  l'animal 
qu'on  calme  par  la  voix  et  en  cherchant  à  l'im- 
mobiliser par  de  légers  effets  de  main. 

Le  cheval  une  fois  tranquille  et  parfaitement 


PREPARER.  57 


droit  SOUS  la  cravache,  on  Texcite  au  rassem- 
bler par  des  appels  de  laoL^ue  et  en  le  touchant 
au  besoin  délicatement  de  la  mèche  sur  la 
croupe. 

Dès  qu'il  se  mobilise  en  place  on  Tarrête,  on 
décontracte  et  on  recommence. 
■  Si  l'animal  rue,  on  le  corrige  par  la  main  qui 
tient  les  rênes,  mais  jamais  par  la  cravache. 

Il  faut  apporter  la  plus  grande  attention  à  ce 
que  le  cheval  n'ait  pas  le  poids  sur  le  devant 
dans  le  rassembler.  Aussi  est-il  indispensable, 
avant  de  le  demander,  de  bien  en  débarrasser 
cette  partie,  c'est-à-dire  d'obtenir  la  légèreté 
par  l'élévation  de  l'encolure. 

On  doit  s'efforcer  d'arriver  à  la  mobilisation 
des  extrémités  sans  que  la  main  soit  nécessaire 
pour  empêcher  le  cheval  d'avancer,  et  sans  que 
la  cravache  ait  besoin  de  se  faire  sentir. 

Enfin,  si  le  cheval  n'est  plus  parfaitement 
droit,  il  faut  aussitôt  arrêter,  redresser,  décon- 
tracter,  avant  de  recommencer.  C'est  de  la  plus 
haute  importance. 

Dans  un  manège  carré,  il  est  commode  de  se 
régler  sur  les  murs  pour  s'assurer  que  le  cheval 
est  et  reste  bien  droit  d'épaules  et  de  hanches. 

s 


38  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Recommandations  importantes.  —  Pendant  le 
rassembler,  les  membres  postérieurs  s'avan- 
cent sous  la  masse,  mais  il  ne  faut  pas  deman- 
der qu'ils  restent  engagés  lorsque  Faction  qui 
le  produisait  vient  à  cesser. 

On  doit,  dès  le  commencement,  apporter  la 
plus  grande  attention  à  ce  que  les  deux  pieds 
de  derrière  s'engagent  autant  Tun  que  Tautre. 

Il  arrive  souvent, en  eifet,  que  Tun  des  bipèdes 
diagonaux,  le  gauche,  par  exemple,  se  pose  un 
peu  plus  en  arrière  que  l'autre.  Cela  est  surtout 
vrai  pour  le  membre  postérieur  dudit  bipède, 
le  droit  par  conséquent  dans  le  cas  qui  nous 
occupe.  Il  ne  faut  pas  trop  alors  rester  en  place. 
On  fait  avancer  un  peu  le  cheval  pendant  que 
se  produit  le  rassembler,  et  Ton  tâche,  par  des 
effets  de  main  et  de  cravache  habilement  pro- 
duits, d'arriver  à  avoir  les  deux  pieds  sur  la 
même  ligne. 

On  ne  doit  pas  non  plus  tenir  un  pareil  che- 
val parfaitement  droit.  Ainsi,  dans  l'exemple 
choisi,  il  faut  que  la  croupe  soit  un  peu  portée 
à  gauche,  mais  sans  exagération,  afin  de  donner 
plus  d'activité  au  membre  postérieur  droit  qu'à 
son  voisin. 


PREPARi:i^.  59 


Il  est  très  important  de  corriger  dès  le  prin- 
cipe le  défaut  dont  nous  parlons,  car  une  fois 
c[u'on  a  laissé  prendre  à  un  cheval  cette  mau- 
vaise habitude,  il  est  presque  impossible  de  la 
lui  faire  perdre. 

Le  travail  à  pied  n'étant  qu'une  préparation 
à  ce  que  Ton  se  propose  de  demander  plus  tard 
en  selle,  on  ne  doit  pas  sacrifier  le  principal  à 
Faccessoire. 

Aussi  faut-il  s'empresser  de  faire  monter 
un  aide  sur  le  cheval  qu'on  dresse. 

Mais  on  n'en  continue  pas  moins  chaque  jour 
le  travail  à  pied,  afin  de  le  rendre  de  plus  en 
plus  parfait,  et  il  faut  chercher  sans  cesse  à 
obtenir  le  rassembler  avec  une  légèreté  plus 
constante  et  plus  de  régularité. 

Il  se  rythme  dès  lors  de  lui-même,  et  devient 
ainsi  Piaffer. 


CHAPITRE   II 

ÉQUITATION    DE    FANTAISIE.  —  ALLURES 
ARTIFICIELLES 


liAFFER.   —   Avec    le  piaffe?'   on    entre    dans 
Fcquitation  de  fantaisie,  équitation  savante, 
pleine  de  jouissances,  utile  même  pour  ar- 
river à  la  perfection,  mais  non  indispen- 
sable pour  le  dressage  ordinaire. 

Quand  le  piaffer  est  bien  dessiné,  les  battues  doivent 
s'espacer  de  plus  en  plus  et  les  membres  s'élever  davan- 
tage à  chaque  leçon. 

Le  cheval  doit  continuer  à  se  cadencer  sans  main,  ni 
appels  de  langue,  ni  cravache,  toujours  parfaitement 
droit,  Tencolure  bien  soutenue  avec  une  légèreté  con- 
stante, sans  avancer  ni  reculer. 

Si  les  membres  de  devant  ne  s'élèvent  pas  autant  que 
ceux  de  derrière,  il  faut  toucher  de  la  cravache  l'animal 
au  poitrail.  Dans  le  cas  où  il  voudrait  alors  frapper  avec 
ses  pieds  antérieurs,  on  l'en  empêcherait  par  des  demi- 
arrèts,  et  si  ce  moyen  ne  suffisait  pas,  on  lui  remettrait 
au  besoin  le  caveçon. 


pri:parer.  6i 


Si  c'est  rarricrc-main  qui  manque  d'activiie,  on 
frappe  de  temps  à  autre  sur  la  croupe  de  petits  coups  secs. 

Passage.  Trot  en  arrière.  — •  On  exerce  ensuite  l'ani- 
mal à  piatler  en  avançant  de  trois  ou  quatre  centi- 
mètres d'abord,  puis  de  dix  à  quinze  à  chaque  temps,  ce 
qui  constitue  le  passage,  et  à  reculer  également  d'un 
pouce  ou  deux  à  chaque  battue,  cadence  qui  s'appelle 
trot  en  arrière. 

Ces  deux  airs  sont  d'autant  plus  beaux  que  le  cheval 
gagne  moins  de  terrain  en  avant  ou  en  arrière,  et  que  le 
soutien  de  chaque  bipède  diagonal  est  plus  élevé  et 
plus  prolongé,  la  légèreté  demeurant  intacte. 

On  demande  tout  ce  travail  à  la  cravache,  mais  on 
peut  quelquefois  se  servir  également  de  la  chambrière. 

Il  n'est  pas  non  plus  nécessaire  de  desseller  toujours 
le  cheval.  Alors  la  cravache  excite  l'animal  en  frappant 
sur  le  siège  de  la  selle  et  ne  touche  la  croupe  que 
comme  moyen  extrême. 

Extension  complète  et  horizontale  de  chacun  des  Mem- 
bres de  devant  au  moyen  de  la  Cravache.  —  Quand  chacun 
des  mouvements  du  travail  à  pied  qui  précède  a  été 
bien  compris  par  le  cheval,  on  peut  commencer  à  lui 
faire  lever  par  la  cravache  les  deux  membres  antérieurs 
alternativement. 

A  cet  effet,  on  se  place  devant  l'animal  dont  on  élève 
la  tête  avec  la  main  gauche,  qui  s'assure  en  même  temps 
que  le  cheval  est  léger. 

De  l'autre  on  tient  la  cravache  la  pointe  basse. 

On  en  touche  par  petits  coups,  répétés  à  une  seconde 
d'intervalle,  l'avant-bras  du  membre  qu'on  veut  déta- 


62  DRESSAGE    METHODIQUE. 

cher  du  sol,  jusqu'à  ce  que  le  cheval  l'ait  soulevé  légère- 
ment. La  main  qui  tient  les  rênes  allège  cette  même 
partie  en  faisant  refluer  le  poids  sur  le  pied  qui  doit 
restera  l'appui. 

On  corrige  par  des  demi-arrêts  tous  les  mouvements 
de  colère  de  l'animal  et  on  le  replace  bien  droit  en  se 
servant  de  la  cravache  qui  cesse  de  toucher  Tavant-bras 
dès  que  l'immobilité  du  corps  et  le  calme  disparaissent. 

Dans  le  principe,  on  récompense  dès  que  le  pied  s'est 
détaché  du  sol,  ne  serait-ce  qu'un  moment. 

Puis  on  fait  de  même  lever  l'autre. 

A  mesure  que  cet  exercice  devient  plus  familier  au 
cheval,  on  demande  de  plus  en  plus  le  soutien,  l'exten- 
sion et  l'élévation  du  membre,  c'est-à-dire  qu'on  ne 
cesse  les  attouchements  de  la  cravache  que  lorsqu'on  a 
obtenu  un  progrès,  —  fût-il  à  peine  appréciable,  —  com- 
parativement à  ce  que  l'animal  donnait  précédemment. 

11  faut  de  plus  s'assurer  que  la  légèreté  ne  s'altère 
point. 

On  arrive  ainsi,  en  agissant  avec  beaucoup  de  tact  et 
en  augmentant  insensiblement  ses  exigences,  à  l'exten- 
sion complète  de  chaque  membre  antérieur  tenu  ho- 
rizontalement aussi  longtemps  que  le  cavalier  n'en 
permet  pas  l'abaissement. 

Pas  espagnol.  —  C'est  le  moment  de  commencer  le 
pas  espagnol. 

Pour  obtenir  cet  air,  le  cavalier  met  d'abord  l'animal 
sur  la  piste  à  main  gauche.  Il  tient  les  rênes  et  la  cra- 
vache comme  précédemment,  mais  il  se  place  un  peu 
en  dedans  du  manège  pour  ne  pas  être  atteint  par  les 


PREPARER. 


jambes  de  devant.  Puis  il  demande  la  légèreté  et  fait 
lever  un  des  membres. 

Pendant  l'extension  de  ce  membre,  il  touche  de  la 
cravache  l'animal  au  poitrail  pour  provoquer  un  pas  en 
avant. 

Le  pas  exécuté,  il  arrête,  rétablit  l'équilibre  s'il  est 
altéré,  et  fait  lever  l'autre  jambe. 

Il  demande  aussitôt  un  nouveau  pas,  puis  arrête, 
cherche  la  légèreté,  et  ainsi  de  suite. 

On  recommence  à  l'autre  main  en  se  plaçant  d'une 
manière  analogue. 

Dès  que  cette  marche  a  été  comprise  par  le  cheval, 
on  tâche  de  l'obtenir  en  se  servant  désormais  le  moins 
possible  de  la  cravache  et  en  reportant  le  poids  alterna- 
tivement sur  le  membre  qui  doit  rester  au  sol,  pendant 
que  l'autre  marque  dans  son  soutien  toute  l'extension 
dont  il  est  susceptible. 

On  s'éloigne  le  plus  vite  possible  de  la  piste  pour  ne 
plus  y  revenir,  et  on  s'efforce  de  jour  en  jour  d'arriver  à 
ce  que,  la  légèreté  restant  inaltérée,  l'animal  prenne 
facilement  cette  allure  artificielle  qui  doit  être  cadencée, 
harmonieuse,  et  aussi  lente  que  le  cavalier  le  désire. 

Trot  espagnol.  —  On  passe  ensuite  au  trot  espagnol. 

Pour  cela  on  se  place  aussi  d'abord  sur  la  piste.  Mais 
le  cavalier  doit  regarder  du  même  côté  que  le  cheval 
pour  ne  pas  être  obligé  de  marcher  à  reculons.  Si  l'on 
est  à  main  gauche,  par  exemple,  l'homme  tient  donc  les 
rênes  de  bride  dans  la  main  droite  et  la  cravache  dans 
l'autre. 

On  met  l'animal  au  pas  espagnol,  puis,  tout  en  facili- 


Ô4  DRESSAGE    METHODIQUE. 

tant  cette  allure  par  les  déplacements  alternatifs  du 
poids  vers  la  droite  et  vers  la  gauche,  on  en  augmente 
la  vitesse  en  frappant  légèrement  le  poitrail  avec  la  cra- 
vache, s'il  est  besoin.  De  mênie  on  en  touche  les  avant- 
bras  s'il  faut  entretenir  l'extension  ou  l'élévation  des 
membres. 

On  surveille  aussi  constamment  la  légèreté. 

A  mesure  que  l'animal  prend  l'habitude  de  rappro- 
cher les  battues  du  pas  espagnol,  on  accélère  celui-ci 
de  plus  en  plus,  de  manière  à  obtenir  insensiblement  la 
naissance  du  trot,  lequel  se  produit,  comme  on  sait, 
quand  les  foulées  du  pas,  après  s'être  rapprochées  de 
plus  en  plus,  finissent  par  se  confondre  deux  à  deux, 
diagonalemcnt. 

Dès  qu'on  a  eu  un  ou  deux  temps  de  trot  avec  l'exten- 
sion des  membres  de  devant,  on  arrête,  on  dccontracte 
et  on  recommence. 

Ces  essais  se  répètent  à  droite  d'après  les  mêmes  prin- 
cipes. 

On  doit  s'éloigner  des  pistes  dès  qu'il  est  possible.  Il 
faut,  en  demandant  chaque  jour  une  ou  deux  foulées  de 
plus  avant  d'arrêter,  en  arriver  progressivement  à  ce 
qu'il  suffise  de  montrer  la  cravache  et  de  reporter  le 
poids  d'une  épaule  sur  l'autre  pour  que  le  trot  espagnol 
se  produise  avec  une  grande  élévation,  la  légèreté  res- 
tant intacte,  les  membres  s'étendant  complètement  dans 
une  direction  horizontale,  les  battues  se  reproduisant  à 
des  intervalles  éloignés  et  égaux,  et  chaque  bipède  dia- 
gonal passant  de  l'appui  au  soutien  par  une  détente 
moelleuse  et  élastique  qui  fasse  peu  avancer  l'animal. 
Un  cheval  peut  être  parfaitement  équilibré  et  com- 


PREPARER. 


65 


plètement  dressé  par  ailleurs  sans  faire  ni  trot  ni  pas 
espagnol,  et  sans  même  avoir  appris  à  lever  les  membres 
de  devant  à  la  volonté  du  cavalier. 

Ces  différents  exercices  ne  sont  donc  nullement  une 
partie  indispensable  du  dressage,  et  Ton  peut  sans  in- 
convénient s'abstenir  de  les  demander. 

Mais  d'un  autre  côté  le  trot  espagnol  est  le  plus  puis- 
sant moyen  de  donner  aux  mouvements  des  épaules 
leur  extrême  développement. 

Trot  à  Extension  soutenue.  —  Quand  un  cheval  prend 
facilement  cette  allure  artificielle,  on  cherche  peu  à  peu 
à  en  accélérer  les  battues  sans  altérer  la  projection  bril- 
lante et  horizontale  des  membres  de  devant,  et  l'on  ar- 
rive ainsi  au  trot  à  extension  soutenue. 

Mais  c'est  surtout  à  cheval  que  ce  dernier  trot  peut 
être  enseigné  et  obtenu  dans  toute  sa  beauté  par  le  cava- 
lier. 


CHAPITRE   III 


LEÇON    DU    MONTOIR 


Le  Cheval  est  sellé. 

0 MINER  l'animal.  Le  récompenser  dès 
qu'il  se  montre  soumis.  Procéder  avec 
une  extrême  Gradation. 
Si  Ton  a  affaire  à  un  animal  dont  on  se  méfie, 
soit  qu'il  n'ait  jamais  porté  Thomme,  soit  qu'il 
ait  montré  un  caractère  farouche  et  quinteux, 
on  lui  met  le  caveçon  dont  le  cavalier  tient  la 
longe. 

On  se  place  d'abord  sur  la  piste  à  main 
gauche.  Le  cavalier  fait  marcher  le  cheval  à  la 
cravache.  Au  bout  de  quelques  pas,  il  l'arrête 
par  un  coup  de  caveçon  d'une  force  modérée, 
mais  suffisante  pour  faire  comprendre  à  Tani- 


PREPARER.  67 


mal  la  puissance  de  l'instrument  qu'il  a  sur  le 
nez. 

Il  redemande  de  nouveau  la  marche  par  la 
cravache,  puis  il  arrête  encore  par  un  léger 
coup  de  caveçon. 

Quand  le  cheval  semble  éprouver  une  crainte 
salutaire  et  se  montre  convenablement  soumis 
à  rhomme,  un  aide  s'approche  et  se  place  à 
Tépaule  gauche.  Le  cavalier  flatte  le  cheval  sur 
Tencolure  et  le  regarde  avec  bienveillance. 

L'aide  croise  les  rênes  de  filet  dans  sa  main 
gauche,  prend  les  crins  de  la  même  main  et  les 
tire  à  lui. 

Si  l'animal  bouge,  l'aide  cesse  toute  action 
et  reste  à  l'épaule.  Le  cavalier  donne  un  coup 
de  caveçon  proportionné  à  la  faute,  et  replace 
le  cheval  comme  précédemment. 

Le  calme  rétabli,  l'aide  recommence. 

Si  le  cheval  reste  immobile,  le  cavalier  le 
flatte  du  regard,  de  la  main  et  de  la  voix.  L'aide 
le  caresse  aussi  sur  l'encolure  et  cesse  de  tirer 
sur  la  crinière. 

Quand  l'animal  supporte  cette  action  sans 
s'inquiéter,  l'aide  prend  l'étrivière  gauche  et  la 
fait  claquer. 


68  DRESSAGE    METHODIQUE. 

On  agit  comme  il  vient  d'être  expliqué,  selon 
que  le  cheval  se  tracasse  ou  reste  calme. 

Puis  l'aide  engage  le  pied  dans  Tétrier,  mais 
le  retire  au  plus  vite  si  l'immobilité  disparaît. 

Il  s'enlève  ensuite  sur  l'étrier  avec  la  plus 
grande  lenteur,  en  évitant  de  toucher  l'animal  de 
la  pointe  du  pied,  caresse  le  dos  et  la  croupe  et 
redescend  aussitôt  à  terre,  mais  sans  brusquerie. 

Il  recommence  à  s'enlever  sur  l'étrier  et  enfin 
passe  la  jambe  pour  arriver  doucement  en  selle. 

Si  à  cet  instant  l'animal  s'inquiète,  il  saute  à 
terre  lestement. 

Pendant  toute  cette  série  d'actions  progres- 
sives, le  cavalier  qui  tient  le  caveçon  redouble 
d'attention,  encourage  la  soumission  du  cheval 
en  le  flattant  de  la  voix  et  de  la  main  droite, 
mais  punit  par  des  saccades  verticales  toute 
manifestation  de  révolte  ou  d'impatience,  ne 
donnant  jamais  qu'une  seule  saccade  par  faute. 

Le  calme  paraissant  complet,  l'aide  recom- 
mence à  se  mettre  en  selle.  Puis  il  chausse 
l'étrier  droit. 

Il  le  quitte  ensuite  délicatement,  repasse  la 
jambe  droite  par-dessus  la  croupe,  s'arrête  un 
moment  sur  l'étrier  gauche,  caresse  encore  le 


PREPARER.  69 


cheval  de  la  main  droite,  et  descend  moelleu- 
sement  à  terre. 

Le  cavalier  fait  alors  marcher  l'animal  quel- 
ques pas  à  la  cravache  en  le  flattant,  pour 
augmenter  la  confiance  et  reposer  l'attention  de 
son  élève. 

Quand  cette  suite  d'actions  a  été  répétée  plu- 
sieurs fois,  on  prescrit  à  Taide  arrivé  en  selle 
et  ayant  les  deux  étriers  chaussés,  de  séparer 
les  rênes  du  filet  et  d'assurer  sa  tenue,  et  le 
cavalier  fait  marcher  le  cheval  à  la  cravache. 

Si  le  départ  est  calme,  régulier,  il  flatte  l'ani- 
mal de  la  voix  et  du  regard  en  le  caressant  sur 
l'encolure. 

S'il  en  est  autrement,  la  faute  est  aussitôt 
punie  par  un  coup  de  caveçon  proportionné. 

On  rétablit  la  confiance  et  on  recommence 
jusqu'à  ce  que  le  premier  pas  soit  bon. 

Alors  on  arrête  et  Taide  met  pied  à  terre. 

On  continue  cette  leçon  sur  la  piste  jusqu'à 
ce  qu'elle  soit  bien  comprise. 

Puis  on  la  répète  au  milieu  du  manège  tant 
qu'il  est  nécessaire. 

Alors  on  ôte  le  caveçon  et  on  replace  le  cheval 


70  DRESSAGE    METHODIQUE. 

sur  la  piste  à  main  gauche,  le  cavalier  à  pied, 
tenant  les  rênes  de  la  bride  près  du  mors  dans 
la  main  gauche  pour  agir  par  des  demi-arrêts 
s'il  faut  punir. 

Quand  l'animal  se  laisse  monter  sans  bouger 
sur  la  piste  sans  le  caveçon,  on  le  met  au  mi- 
lieu du  manège. 

Dès  que  dans  cette  dernière  position  Taide 
peut  arriver  en  selle  sans  que  le  cheval  pa- 
raisse inquiet,  et  dès  que  le  départ  au  pas  sur 
la  cravache  est  régulier  et  calme,  le  cavalier 
doit  faire  éloigner  Taide  et  monter  lui-même. 

A  cet  elîet,  il  met  encore  le  cheval  sur  la  piste 
comme  précédemment.  Il  tient  l'extrémité  des 
rênes  de  bride  dans  la  main  droite,  et  répète  la 
leçon  comme  nous  venons  de  l'indiquer,  avec 
cette  différence  que  c'est  lui  qui  corrige  par  des 
demi-arrêts  sur  la  bride  toutes  les  fautes  de 
l'animal,  et  qu'une  fois  en  selle  il  ne  le  fait  pas 
marcher. 

Si  le  cheval  reculait  à  son  approche,  le  cava- 
lier reviendrait  sans  brusquerie  à  hauteur  du 
poitrail  et  le  ferait  avancer  à  la  cravache  au- 
tant qu'il  serait  nécessaire. 


PREPARER. 


Il  faut  que  le  cavalier  conserve  sa  main  droite 
le  plus  libre  possible,  ne  s'en  servant  pour  s'en- 
lever et  se  tenir  que  quand  il  ne  peut  pas  faire 
autrement.  Il  doit  redoubler  de  tact  et  dlia- 
bileté. 

La  leçon  bien  comprise  sur  la  piste  se  redonne 
au  milieu  du  manège,  et  alors,  quand  Tanimal 
reste  toujours  calme  et  immobile  dans  cette 
position,  on  peut  le  dire  confirmé  au  montoir. 

Si,  en  raison  des  précédents  du  cheval,  ou  de 
son  caractère  doux  et  soumis,  on  juge  inutile 
dès  le  principe  de  se  servir  du  caveçon,  la  leçon 
se  donne  avec  la  bride  seule,  de  la  même  ma- 
nière, et  en  suivant  soigneusement  la  même 
progression,  avec  cette  différence  que  le  cava- 
lier à  pied  punit  par  des  demi-arrêts  tous  les 
mouvements  de  révolte  instinctifs  ou  volon- 
taires de  l'animal. 


CHAPITRE    IV 

FAIRE   DEMANDER   PAR   UN  AIDE 

A    CHEVAL   LE    TRAVAIL   ENSEIGNÉ  A   PIED 

LEÇON    DE    L'ÉPERON. 


X  fait  monter  un  aide  sur  le  cheval 
sellé,  qui  a  le  caveçon,  à  moins  qu'on 
n'ait  jugé,  pour  des  raisons  sérieuses, 
cette  précaution  inutile. 

La  leçon  se  donne  dès  le  début  au  milieu  du 
manège. 

Le  cavalier  à  pied  tient  la  longe,  ou,  si  Ton 
n'a  pas  mis  le  caveçon,  les  rênes  de  bride  près 
du  mors. 

L'aide  a  une  rêne  de  filet  dans  chaque  main 
et  ne  s'occupe  d'abord  que  de  sa  tenue,  se  lais- 
sant porter  sans  agir  en  rien  sur  l'animal. 
Le  cavalier  à  pied  redemande  alors  tout  le 


PREPARER. 


7J 


travail  que  le  cheval  a  appris  jusque-là  non 
monté.  C'est  afin  de  le  familiariser  avec  le 
poids  de  rhomme. 

Dès  que  chacun  de  ces  exercices  s'exécute 
facilement  ainsi,  le  cavalier  prescrit  à  Taide  qui 
est  en  selle  de  le  demander  lui-même. 

Ce  dernier  commence  par  les  flexions. 

Flexions.  —  Il  cherche  donc  d'abord  la  légè- 
reté sur  les  deux  rênes  de  filet  à  la  fois,  en  éle- 
vant beaucoup  la  tête  et  Tencolure. 

Il  la  demande  ensuite  sur  les  deux  rênes  de 
la  bride,  puis  sur  chaque  rêne  de  filet  et  de 
bride  séparément,  en  alternant  toujours  comme 
il  est  prescrit. 

Marcher.  —  Une  fois  les  flexions  obtenues, 
l'aide  ferme  les  deux  jambes  également  et  pro- 
gressivement. 

Si  ranimai  se  porte  en  avant  à  cet  effet,  les 
jambes  se  relâchent;  on  caresse  et  on  arrête. 
L'aide  redemande  aussitôt  la  légèreté. 

Si,  à  l'approche  des  jambes  de  l'aide,  l'ani- 
mal ne  se  porte  pas  en  avant,  le  cavalier  à 
pied  le  détermme  à  obéir,  par  la  cravache  au 
poitrail ,  pour  lui  faire  comprendre  ce  qu'on 
veut  obtenir  en  le   touchant  des  mollets.  On 


74  DRESSAGE    MÉTHODIQUE. 

recommence  jusqu'à  ce  que  le  contact  du  pan- 
talon ou  de  la  botte  produise  la  marche  en 
a^'ant. 

Reculer.  Pas  de  côté.  Pirouettes.  Commence- 
ments de  Rassembler  (et  de  pas  espagnol).  — 
L'aide  demande  de  même  le  reculer,  les  pas  de 
côté,  les  pirouettes,  puis  sur  les  pistes  aux  deux 
mains,  quelques  soupçons  de  rassembler  [et 
même  im  peu  de  pas  espagnol)  si  Tanimal  y  a 
déjà  été  suffisamment  préparé. 

Comme  nous  Tavons  expliqué  pour  la  mar- 
che en  avant,  le  cavalier  s'empresse  de  faire 
comprendre  au  cheval  ce  qu'on  veut  de  lui  dès 
qu'il  montre  la  moindre  hésitation. 

On  se  contente  de  la  plus  petite  apparence 
d'obéissance  pour  récompenser  au  plus  vite  et 
donner  du  repos. 

Si  l'animal  essaie  de  se  défendre  ou  commet 
une  faute  quelconque,  le  caveçon  agit  immé- 
diatement comme  punition. 

Si  Ton  s'est  cru  assez  sûr  du  cheval  qu'on  a 
entrepris  pour  ne  pas  lui  mettre  cet  instrument, 
le  cavalier  à  pied  se  contente  de  tenir  alors 
constamment  les  rênes  de  bride  près  du  mors; 
mais  c'est  toujours  lui  —  et  non  l'aide  à  cheval 


PRÉPARER.  75 


—  qui  corrige  par  des  demi-arrêts  chaque  fois 
qu'il  est  nécessaire. 

Ces  mêmes  prescriptions  s'appliquent  à  la 
leçon  que  nous  allons  détailler  et  qui  a  pour 
but  d'apprendre  au  cheval  à  connaître  l'éperon. 

On  la  donne  dès  que  Tanimal  commence  à 
répondre  aux  aides  de  l'homme  qui  le  monte. 

Habituer  le  Cheval  à  l'Eperon.  —  Voici  com- 
ment il  faut  procéder. 

Appui  des  Mollets.  —  L'aide  ayant  des  bottes 
sans  éperons,  le  cavalier  lui  prescrit,  après  qu'il 
a  obtenu  une  bonne  légèreté  sur  les  deux  rênes 
de  filet,  d'approcher  les  deux  mollets  des  flancs, 
et  d'augmenter  lentement  la  force  de  cette  pres- 
sion, tout  en  faisant  avec  le  filet  une  opposition 
suffisante  pour  empêcher  le  cheval  de  se  porter 
en  avant. 

Si  l'animal  conserve  son  immobilité,  son 
calme  et  sa  légèreté  pendant  que  l'aide  serre 
les  jambes  avec  une  certaine  énergie,  on  s'em- 
presse de  tout  rendre  et  de  caresser. 

S'il  se  mobilise,  s'inquiète,  l'aide  continue  la 
pression  de  ses  mollets  sans  l'augmenter,  et  le 
cavalier  agit  par  saccades  de  caveçon  ou  par 


76  DRESSAGE    METHODIQUE. 

demi-arrêts,  jusqu'à  ce  que  rimmobilité  sur- 
vienne. Alors  l'aide  desserre  ses  jambes  au  plus 
vite  et  le  cavalier  flatte  le  cheval  de  la  voix  et 
de  la  main. 

Appui  des  Talons  nus.  —  Quand  Tanimal  sup- 
porte la  plus  grande  pression  des  jambes  de 
Faide  sans  perdre  ni  son  calme,  ni  son  immo- 
bilité, ni  sa  légèreté,  on  prescrit  à  ce  dernier  de 
les  fermer  jusqu'au  contact  des  talons. 

Lorsqu'un  fort  appui  des  talons  nus  est  ac- 
cepté avec  la  même  tranquillité  que  celui  des 
mollets,  on  adapte  Téperon  à  la  botte.  Mais  on 
a  soin  d'envelopper  les  molettes  d'un  peu 
d'étoupe  ou  de  vieux  linge  qu'on  enferme  dans 
des  morceaux  de  peau  ou  des  bouts  de  doigts 
de  gants  au  moyen  de  ficelle  dont  on  entoure 
les  collets. 

Appui  des  Molettes  recouvertes.  —  On  suit 
la  même  progression  que  précédemment, 
pour  habituer  le  cheval  aux  molettes  recou- 
vertes. 

Appui  des  Eperons  débarrassés  de  toute  Enve- 
loppe. _^  On  débarrasse  alors  celles-ci  de  toute 
enveloppe  et  on  recommence  ce  qu'on  a  fait 
pour  l'appui  des  mollets,  des  talons  nus  et  des 


PREPARER. 


éperons  recouverts,  en  agissant  encore  avec 
plus  de  délicatesse,  si  c'est  possible. 

En  Place.  —  Ainsi  on  débute  par  serrer  les 
mollets  avec  une  grande  énergie,  puis  le  fer 
s'approche  progressivement  du  poil  où  il  se 
coWq franchement,  mais  sans  trop  de  puissance 
d'abord. 

Dès  qu'il  a  touché,  au  premier  moment  de 
cahne,  d'immobilité  et  de  légèreté,  l'aide  s'em- 
presse de  rendre,  c'est-à-dire  de  baisser  les 
poignets  et  de  desserrer  totalement  les  jambes 
en  éloignant  d'abord  ses  éperons  du  poil  et  en 
relâchant  en  dernier  lieu  ses  mollets.  On  caresse 
en  même  temps. 

Si  le  cheval  «  rue  à  la  botte  »,  le  cavalier  à 
pied  punit  par  le  caveçon  ou  par  des  demi- 
arrêts. 

On  recommence  souvent  à  approcher  ainsi 
en  station  les  éperons.  On  se  montre  très  géné- 
reux pour  la  récompense,  de  manière  à  bien 
confirmer  le  cheval,  à  bien  lui  faire  comprendre 
que  ce  qu'on  cherche  c'est  l'immobilité  et  la 
légèreté,  et  qu'on  le  flatte  dès  qu'il  se  calme  et 
se  tranquillise. 

Marcher  sur  l'Éperon.  —  Quand  on  a  obtenu 


78  DRESSAGE    METHODIQUE. 

ce  résultat  en  place,  il  faut  ensuite,  et  c'est  de 
la  plus  haute  importance,  habituer  Tanimal  à 
«  se  porter  de  pied  ferme  en  avant  sur  Téperon  ». 

A  cet  effet,  les  éperons  étant  au  poil,  et  la 
main,  après  avoir  fait  opposition  pour  main- 
tenir l'immobilité,  ayant  rencontré  la  légèreté, 
Taide  baisse  un  peu  les  poignets  et  augmente 
la  force  de  Tappui  du  fer. 

Si  le  cheval  se  porte  en  avant,  les  aides  in- 
férieures se  relâchent  aussitôt,  puis  la  main 
arrête. 

On  recommence  plusieurs  fois. 

Si  l'animal  ne  se  met  pas  en  marche  lorsque 
la  pression  des  éperons  a  atteint  son  maximum 
d'intensité,  le  cavalier  à  pied  le  détermine  à  se 
porter  en  avant  en  le  touchant  au  poitrail  avec 
sa  cravache. 

On  répète  cet  exercice  autant  qu'il  est  néces- 
saire pour  y  bien  confirmer  le  cheval. 

Appui  des  Eperons  en  marchant  au  Pas.  —  Puis 
on  dit  à  l'aide  en  marchant  au  pas,  d'appuyer 
d'abord  les  mollets,  puis  d'arriver  doucement 
mais  franchement  au  fer,  la  main  empêchant 
l'accélération  de  l'allure;  c'est-à-dire  d'éviter 
rapproche  timide  des  éperons  qui  produit  des 


PREPARER. 


79 


attouchements  intermittents,  lesquels  chatouil- 
lent ou  irritent  Tanimal. 

Si  Tarrivée  des  éperons  au  poil  amène  du 
désordre,  le  cavalier  à  pied  rétablit  le  calme  et 
la  régularité  de  la  marche  par  le  caveçon  ou  des 
demi-arrêts. 

Passer  du  Pas  au  trot  sur  l'Eperon.  —  Il  faut 
ensuite  accoutumer  le  cheval,  Téperon  étant 
au  poil,  à  passer  du  pas  au  trot  par  une  plus 
grande  pression  du  fer. 

Appui  des  Éperons  au  petit  Trot.  —  Enfin,  en 
suivant  toujours  la  même  gradation,  on  habitue 
l'animal  à  supporter  Tappui  du  fer  au  petit  trot 
—  la  main  faisant  opposition  —  sans  que  ni 
l'allure  ni  la  légèreté  n'en  éprouvent  d'alté- 
ration. 

Tous  ces  appuis  d'éperons  se  font  d'abord 
en  se  servant  du  filet  comme  opposition  au 
surcroît  d'action  qui  en  est  la  conséquence. 
Mais  il  faut  s'empresser  de  faire  usage  du  mors 
de  bride  dès  que  l'animal  reste  calme  à  l'ap- 
proche des  molettes,  et  c'est  uniquement  de  ce 
mors,  des  rênes  de  bride  par  conséquent,  qu'on 
doit  se  servir  dans  la  suite,  lorsqu'on  a  besoin, 
pour  une  cause  ou  une  autre,  d'enfermer  sa 


8o  DRESSAGE    METHODIQUE. 

monture  entre  le  fer  du  mors  et  celui  des 
éperons. 

A  partir  de  ce  moment,  le  cheval  «  connaît 
Féperon  ».  On  peut  alors  remployer  quand  il 
est  nécessaire,  sans  que  son  usage  produise  du 
désordre,  et  l'on  est  sûr,  désormais,  d'avoir  de 
rimpulsion  quand  on  s'en  sert,  puisqu'on  a 
appris  à  Tanimal  à  donner  toujours  à  ses  forces 
la  direction  d'arrière  en  avant  lorsque  le  fer 
s'appuie  au  poil. 

De  plus,  on  a  sur  le  cheval  un  moyen  assuré 
de  domination,  piliisqu'on  a  la  facilité  de  Tem- 
pêcher  d'exécuter  quoi  que  ce  soit  de  contraire 
à  la  volonté  de  celui  qui  le  monte,  et  de  le 
forcer  par  contre  à  lui  obéir. 

C'est  donc  le  moment  pour  le  cavalier  de 
congédier  son  aide  et  d'enfourcher  seul  doré- 
navant son  élève,  devenu,  par  ce  dressage  pré- 
paratoire, entièrement  à  la  discrétion  de  celui 
qui  sait  à  cheval  se  servir  convenablement  de 
ses  aides  et  surtout  de  ses  éperons. 


«">•''    -"  ''^'..  ■'"■'^'^ .  •;'; 


DEUXIEME   PARTIE 


PRÉPARER   [Suite) 


II 


DEUXIEME    PARTIE 


PREPARER  [Suite] 


RECOMMANDATIONS   GENERALES 


RRÊTER  tout  désordre  par  l'effet  d'En- 
semble sur  l'Éperon. —  Une  fois  en 
selle,  si  le  cheval  veut  essayer  une 
défense  quelconque,  le  cavalier 
doit  aussitôt  Ten  empêcher  par  un  «  effet  d'en- 
semble sur  l'éperon  »  ;  et  voici  comment  il  faut 
s'y  prendre  pour  le  pratiquer. 

La  première  condition  de  réussite,  c'est  de 
ne  pas  lâcher  la  tête  de  l'animal.  On  doit  donc 
avoir  les  rênes  courtes.  Il  est  préférable  et  plus 
sûr,  comme  nous  Tavons  dit,  de  se  servir  pour 
cet  effet  de  celles  de  la  bride.  Mais  fessentiel 
est  de  ne  pas  rendre,  de  façon  à  empêcher  tout 


84  DRESSAGE    MÉTHODIQUE. 

mouvement  diéloignement  de  la  tète.  Les  mol- 
lets se  ferment  en  même  temps  avec  force  et, 
aussitôt  après  leur  étreinte  énergique,  on  arrive 
à  l'appui  bien  franc  des  deux  éperons.  La  main 
continue  son  opposition,  jusqu'à  ce  que  cette 
pression  vigoureuse,  graduée  et  simultanée  des 
jambes  et  des  éperons  poussant  la  masse  sur  le 
mors  qui  fait  barrière,  ait  produit  Timmobilité, 
ou  rétabli  la  régularité  de  Tallure  si  Ton  est  en 
mouvement  et  qu'on  juge  inutile  d'immobiliser 
l'animal.  La  légèreté  s'étant  manifestée,  on 
relâche  les  doigts,  puis  les  éperons,  et  enfin  les 
jambes. 

L'etfet  d'ensemble,  ainsi  pratiqué  sans  hési- 
tation, est  le  seul  moyen  absolument  sûr  d'em- 
pêcher une  défense.  Mais,  même  dans  le  cas 
où  l'occasion  d'en  faire  usage  ne  se  présente 
pas,  il  est  indispensable  de  consacrerune  partie 
de  chaque  séance  à  redonner  toute  la  leçon  de 
l'éperon  pendant  les  premiers  jours  où  l'on 
monte  l'animal  sans  le  caveçon. 

Quoiqu'on  puisse  s'en  dispenser,  il  est  sou- 
vent bon,  par  prudence,  d'obliger  un  aide  à  se 
maintenir /'7'è.y  de  la  tête  du  cheval  —  mais  sans 
le  tenir  si  tout  va  bien  —  pendant  qu'on  le 


PREPARP:R  (SUITE).  S5 

confirme    dans   la   connaissance   de  Téperon. 

On  reprendrait  même  le  caveçon,si  —  contre 
toute  attente  —  des  désordres  inquiétants  sur- 
venaient à  ce  moment. 

Si  ranimai  reculait  à  Tappui  des  éperons,  il 
faudrait  Tattaquer  vigoureusement,  jusqu'à  ce 
qu'il  se  soit  porté  en  avant.  Cette  défense  est 
peu  à  craindre,  si  Ton  a  bien  suivi  la  progres- 
sion indiquée. 

Il  faut  toujours  que  le  cheval  se  porte  sur  la 
main  à  Tappui  des  éperons,  et  à  plus  forte  rai- 
son à  Fattaque  des  éperons.  Il  en  doit  être  de 
même  dans  Teffet  d'ensemble  de  pied  ferme; 
seulement,  là,  il  n'y  a  pas  de  mouvement.  Mais 
les  forces  viennent  finir  contre  le  mors  qui  fait 
céder  la  mâchoire. 

Si  l'animal  rue  à  l'approche  du  fer,  le  punir 
par  un  coup  de  cravache  cinglé  près  de  la  botte. 
N'en  donner  qu'un  seul,  mais  bon,  et  aussitôt 
la  désobéissance. 

De  l'efTet  de  la  Cravache .  —  La  cravache  a  pour 
effet  de  disperser  les  forces  du  cheval,  quand 
celui-ci  les  concentre  contre  la  volonté  du 
cavalier. 


86  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Ainsi,  quand  un  animal  se  rassemble  pour 
se  défendre,  quand  il  va  ruer,  se  cabrer,  ou 
bondir,  si  Ton  veut  le  châtier  par  la  cravache, 
il  faut  en  appliquer  un  vigoureux  coup,  un  peu 
en  arrière  de  la  botte,  mais  un  seul  pour  ne 
pas  provoquer  en  lui  l'exaspération  qui  amène 
la  lutte.  Qu'il  ne  voie  pas  la  cravache  :  il  n'en 
sera  que  plus  effrayé  par  ce  châtiment  subit  qui 
lui  en  fait  redouter  un  plus  douloureux  encore. 

L'emploi  de  ce  moyen  n'est,  du  reste,  pas 
indispensable  dans  ce  cas,  attendu  que  l'effet 
d'ensemble  sur  l'éperon  permet  de  prévenir 
toutes  les  défenses,  d'arrêter  tous  les  désordres 
et  de  contraindre  l'animal  à  continuer  son 
mouvement  à  toutes  les  allures  et  dans  toutes 
les  directions. 

Des  Fouaillements  de  Queue.  —  Quand  l'ap- 
proche des  éperons  ou  des  jambes  provoque 
un  fouaillement  de  queue,  il  faut  se  contenter 
de  l'éperon  à  boules  rondes  ou  même  du  talon 
nu,  si  l'animal  a  assez  d'action. 

Procéder  avec  une  extrême  gradation.  Suivre 
une  sage  progression.  Pas  de  surprise;  pas 
d'enjambements. 


PREPARER   {SUITE).  87 

Mettre  d'abord  l'animal  en  confiance. 

On  doit  en  rester  aux  appuis  des  mollets, 
tant  que  leur  simple  contact  amène  un  fouail- 
lement.  Chaque  fois  qu'on  approche  les  jambes, 
on  les  laisse  alors  collées  aux  flancs  jusqu'à 
ce  que  tout  mouvement  de  queue  ait  cessé.  Il 
faut  que  l'animal  finisse  par  ne  plus  s'en  préoc- 
cuper. Quand  il  ne  fouaille  plus  du  tout  de  la 
queue  à  l'approche  des  mollets,  on  arrive  à 
l'appui  des  talons  nus,  et  quand  les  talons 
n'amènent  plusdefouaillements,  on  appuie  des 
éperons  à  boules  rondes. 

Enfin,  quand  le  contact  des  boules  rondes 
laisse  le  cheval  froid,  ne  produit  plus  à  son  tour 
de  fouaillement  de  queue,  on  essaie  d'appuyer 
des  molettes  nues  à  pointes  émoussées;  mais 
si  la  queue  recommence  encore  à  s'agiter,  il  vaut 
mieux  s'en  tenir  aux  boules  rondes. 

On  doit  s'abstenir  avant  tout  de  favoriser  ces 

fouaillements.  Ainsi ,  par  exemple,  tant  qu'il  s'en 

manifeste,  il  ne  faut  pas  demander  de  piaffer. 

Ils  ne  proviennent  que  d'une  mauvaise 
contraction  des  muscles  de  la  croupe.  Si  cette 
partie  ne  se  contracte  que  pour  pousser  en 
avant,  ils  ne  se  produisent  pas.  Il  faut  donc 


88  DRESSAGE    METHODIQUE. 

éviter  le  plus  possible  d'opposer  la  main  aux 
jambes  tant  qu'il  y  a  fouaillement,  afin  de  don- 
ner plus  facilement  aux  forces  la  direction 
d'arrière  en  avant. 

Quand  le  cheval  ne  revient  plus  sur  lui  à 
rapproche  des  jambes,  ou  des  éperons,  et  que, 
à  ces  actions,  les  jarrets  s'engagent  bien  fran- 
chement/^oz/rjpoz/i-^er^  le  fouaillement  disparaît. 
C'est  qu'il  n"y  a  plus  alors  dans  la  croupe  que 
les  contractions  propres  à  produire  l'impulsion. 

But  des  premiers  Procédés  de  Dressage.  —  Les 
procédés  de  dressage  que  nous  allons  d'abord 
détailler  ont  pour  but  d'élever  l'encolure  de 
manière  à  alléger  le  devant,  à  rendre  facile  le 
reflux  du  poids  ci'avant  en  arrière,  et  d'arriver 
ainsi  à  l'équilibre. 

L'élévation  de  l'encolure  ne  peut  s'obtenir 
qu'en  agissant  en  même  temps  sur  la  tète  du 
cheval.  On  ne  s'occupe  donc  pas  de  la  position 
que  peut  prendre  en  commençant  cette  dernière 
partie.  Quand  l'encolure  se  soutient  bien,  la  lé- 
gèreté à  la  main  se  complète  par  la  décontrac- 
tion de  la  mâchoire,  et  la  tète  se  rapproche  plus 
ou  moins  de  la  verticale. 


PREPARER  [SUITE).  89 

C'est  ensuite  au  cavalier  à  la  fixer  au  ramener 
par  les  moyens  que  nous  décrirons  plus  tard. 

Main  sans  Jambes, — ^  Jambes  sans  Main. —  On 
doit  appliquer  dès  le  commencement  le  prin- 
cipe «  jambes  sans  main,  main  sans  jambes  » 
toutes  les  fois  qu'on  n'a  pas  besoin  —  pour 
empêcher  une  défense  ou  pour  faire  sentir  à 
ranimai  la  domination  de  Thomme  —  de  se 
servir  de  Teffet  d'ensemble  sur  l'éperon. 

En  évitant  d'employer  simultanément  la  main 
et  les  jambes,  le  cheval  comprend  plus  claire- 
ment ce  qu'on  veut  de  lui,  et  le  cavalier  est  obli- 
gé à  plus  de  justesse  dans  Temploi  de  ses  aides, 
parce  que  toutes  les  erreurs  commises  par  lui 
apparaissent  aussitôt  sans  atténuation. 

Il  arrive  au  contraire  la  plupart  du  temps, 
quand  on  se  sert  en  même  temps  des  jambes  et 
de  la  main,  que  les  jambes  corrigent  instincti- 
vement les  fautes  de  la  main  et  que  réciproque- 
ment la  main  corrige  les  fautes  des  jambes. 


CHAPITRE    PREMIER 

TRAVAIL    PRÉPARATOIRE    AU    MILIEU 
DU    MANÈGE 


Itant  à  cheval  arrêté  au  milieu  du 
manège,  faire  un  nœud  aux  rênes  de 
bride  et  un  nœud  aux  rênes  de  filet 
pour  les  avoir  plus  courtes. 

Manière  de  demander  la  Légèreté.  —  La  légè- 
reté se  demande  à  cheval  de  la  même  manière 
qu'à  pied  ;  c'est-à-dire  que  le  cavalier  sent  la 
bouche  en  donnant  une  demi-tension  à  ses 
rênes.  Si  après  avoir  continué  cette  action  pen- 
dant un  certain  temps,  tout  en  Taugmentant 
légèrement,  la  décontraction  de  la  mâchoire 
tarde  trop  à  venir,  les  résistances  du  poids  se 
combattent  parle  demi-arrêt,  et  celles  des  forces 
par  la  vibration. 


PREPARER   {SUITE).  91 

Ce  n'est  qu'après  les  avoir  vaincues  que  se 
donne  avec  les  mêmes  rênes  Tindication  du 
mouvement. 

Il  importe  de  les  bien  distinguer. 

On  doit  entendre  par  résistances  de  forces  les 
contractions  que  la  mâchoire  oppose  volon- 
tairement à  la  main  du  cavalier.  Ces  mouve- 
ments voulus  par  le  cheval  lui  servent  à  repous- 
ser à  chaque  instant  le  mors  en  s'appuyant 
dessus  par  une  sorte  de  tic  nerveux. 

Le  poids  empêche  l'équilibre  sans  que  le 
cheval  veuille  résister;  au  lieu  que  les  forces 
sont  le  moyen  par  lequel  il  lutte  contre  le  mors 
au  lieu  de  le  faire  sauter  moelleusement  avec 
sa  langue. 

Mais  il  arrive  fréquemment,  quand  on  doit 
donner  un  demi-arrêt  pour  obtenir  la  légèreté, 
qu'il  faille  également  employer  la  vibration,  et 
inversement,  quand  on  fait  usage  de  la  vibra- 
tion, qu'un  demi-arrêt  soit  aussi  nécessaire, 
attendu  que  l'animal  résiste  souvent  en  même 
temps  par  le  poids  et  par  les  forces. 

On  n'oubliera  pas  que  pour  donner  le  demi- 
arrêt  ou  la  vibration  il  faut  bien  serrer  les 
doigts.   Peu  déplacer   les    mains,   contourner 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


le  poignet  gauche  de  manière  que  la  rêne 
gauche  soit  également  bien  tendue.  C'est  le  pe- 
tit doigt  qui  a  le  principal  rôle,  quelle  que  soit 
la  main  qui  agit. 

Dans  la  vibration  il  ne  faut  pas  abandonner 
la  bouche  du  cheval.  C'est  une  invitation  à 
céder,  invitation  légère,  très  délicate. 

Lorsque  de  pied  ferme  on  rencontre  une  ré- 
sistance à  l'effet  d'une  rêne  employée  isolément, 
on  arrive  quelquefois  encore  plus  vite  à  la  vain- 
cre en  déplaçant  la  croupe  par  la  jambe  du 
même  côté. 

On  fait  alors  tourner  l'arrière-main  métho- 
diquement, lentement,  autour  des  épaules, 
mais  d'une  façon  continue,  jusqu'à  ce  que  la 
décontraction  de  la  mâchoire  se  soit  mani- 
festée. 

Travail  en  Place  au  milieu  du  Manège.  —  En 
place,  demander  la  légèreté  sur  les  deux  rênes 
de  filet.  Lâcher  le  filet. 

Demander  la  légèreté  par  les  deux  rênes  de 
bride.  Lâcher  la  bride.  Puis  faire  céder  sur  les 
rênes  de  filet  ou  de  bride  employées  isolément. 


PREPARER    (SUITE).  q3 

Rêne  droite  de  filet.  Rêne  droite  de  bride.  Rêne 
gauche  de  filet.  Rêne  gauche  de  bride. 

Dans  ces  etfets  de  rênes,  tenir  le  poignet  haut 
pour  relever  le  plus  possible  Tencolure  du  che- 
val. 

Marcher  ensuite,  mais  en  décomposant, 
c'est-à-dire  :  demander  la  légèreté.  Baisser  la 
main,  fermer  les  jambes.  Quand  on  a  obtenu 
un  pas  en  avant,  relâcher  les  jambes  et  arrêter 
par  la  main  seule.  Redemander  la  légèreté. 
Faire  un  nouveau  pas  en  avant,  et  ainsi  de 
suite. 

Se  bien  pénétrer  que  la  main  seule  doit  faire 
céder  la  mâchoire,  principe  qui  doit  être  consi- 
déré comme  ne  comportant  jamais  d'exception, 
au  moins  pendant  la  plus  grande  partie  du 
dressage. 

Puis  reculer.  Pour  ce  mouvement  comme 
pour  tout,  commencer  par  avoir  la  légèreté,  et 
élever  la  main  sans  faire  agir  les  jambes.  Si  l'on 
sent  que  le  poids  s'oppose  à  l'obéissance  à  cette 
indication,  «  forcer  le  mouvement  >>,  c'est-à-dire 
arriver  au  reculer  par  une  force  énergique  mais 
progressive,  habilement  graduée  jusqu'à  ce  que 
l'on  ait  obtenu  un  pas  en  arrière.  Alors  laisser 


94  DRESSAGE    MÉTHODIQUE. 

un  instant  le  cheval  en  place.  Redemander  la 
légèreté.  Puis  «  forcer  »  encore  le  reculer;  ar- 
rêter, décontracter,  et  continuer  ainsi  en  dimi- 
nuant rintensité  de  l'action  du  mors  jusqu^à  ce 
que  le  poids  des  rênes  suffise  pour  obtenir  la 
marche  rétrograde. 

Passer  ensuite  aux  pas  de  côté  à  droite  et  à 
gauche. 

Commencer  par  demander  la  légèreté.  Puis 
faire  agir  d'abord  la  jambe  du  côté  j'ers  lequel  on 
l'eut  aller. 

Cet  effet  doit  toujours  préeédi'r  Faction  de 
l'autre  jambe. 

Il  a  pour  résultat  de  placer  Tarrière-main  un 
peu  obliquement  et  d'empêcher  les  hanches  de 
devancer  les  épaules  dans  la  marche  de  deux 
pistes.  C'est  ainsi  que  l'on  évite  l'acculement. 

Aussitôt  que  la  jambe  droite,  par  exemple,  a 
légèrement  déplacé  la  croupe  vers  la  gauche,  la 
jambe  gauche  se  ferme  un  peu  plus  en  arrière, 
pendant  que  la  main,  empêchant  l'impulsion  de 
s'échapper  en  avant,  se  porte  vers  la  droite  en 
faisant  prédominer  Tettet  de  la  rêne  gauche. 

Ne  demander  qu'un  ou  deux  pas.  Puis  arrê- 
ter. Rendre  léger.  Recommencer. 


PREPARER   (SUITE) 


Ç)0 


Alterner  les  pas  de  côté  vers  la  droite  et  vers 
la  gauche. 

Faire  ensuite  les  pirouettes  renversées, puis 
les  pirouettes  ordinaires,  en  suivant  la  même 
gradation,  c'est-à-dire  pas  par  pas  et  en  réta- 
blissant à  chaque  instant  la  légèreté. 

Dans  les  pirouettes  ordinaires  la  rêne  oppo- 
sée au  côté  vers  lequel  on  va,  doit  contenir  les 
hanches  par  son  appui,  et  remplacer  le  plus 
possible  la  jambe  du  dehors. 


£*5^feSs**:s?'3' 


CHAPITRE    II 


AU    PAS 


E  Cheval  droit.  —  On  passe  ensuite  au 
travail  au  pas  sur  les  pistes. 

On  doit  s'eftbrcer  dès  le  premier 
jour  de  maintenir  toujours  le  cheval  droit 
d'épaules  et  de  hanches. 

Cette  recommandation  est  du  reste  applicable 
à  toutes  les  périodes  du  dressage. 

Entretenir  la  Légèreté  en  décomposant  d'abord, 
puis  sans  arrêter.  —  Pour  rétablir  ou  conserver 
la  légèreté  en  marchant  au  pas,  il  ne  faut  pas, 
comme  nous  Tavons  dit,  faire  agir  en  même 
temps  les  jambes  et  la  main.  Voici  comment  on 
doit  procéder. 

La  main  se  met  en  contact  avec  la  bouche. 


PREPARER  (SUITE).  97 

Si  à  ce  contact  le  cheval  se  montre  léger  en 
mobilisant  moelleusement  sa  mâchoire,  la 
main  rend.  Si  elle  rencontre  au  contraire  des 
résistances,  on  arrête.  On  les  détruit  par  les 
moyens  connus  et  on  redemande  ensuite  le 
mouvement  par  les  jambes  en  baissant  les 
poignets.  Une  fois  le  mouvement  obtenu  de 
nouveau,  si  la  vitesse  ou  Téquilibre  s'altè- 
rent, c'est  aux  jambes  ou  à  la  main,  selon  le 
cas,  mais  agissant  toujours  isolément,  à  les  ré- 
tablir et  à  régler  l'allure. 

Pour  aller  vite  en  commençant,  il  faut  tenir 
les  jambes  à  une  petite  distance  des  flancs  au 
moment  où  le  mors  agit,  et  ne  rendre  que  suf- 
fisamment pour  ne  plus  sentir  la  bouche,  dès 
que  les  jambes  sont  employées.  On  peut  ainsi 
passer  très  rapidement  d'une  action  de  la  main 
à  un  etfet  des  jambes,  et  souvent  on  a  besoin  de 
se  servir  successivement  de  l'une  et  de  l'autre 
à  des  intervalles  très  rapprochés.  Le  point  es- 
sentiel dans  cette  partie  du  dressage  c'est  de  ne 
pas  opposer  la  main  aux  jambes,  sauf  dans  le 
cas  où  il  est  nécessaire  d'en  arriver  à  l'effet 
d'ensemble  sur  l'éperon.  Tout  est  là. 

Pendant  la  marche,  il  faut  laisser  le  cheval 


gS  DRESSAGE    MÉTHODIQUE. 

libre  tant  qu'on  le  peut.  Alterner  les  mises  en 
main  sur  la  bride  et  sur  le  filet. 

Comme  nous  venons  de  le  dire,  il  vaut  mieux, 
dans  le  commencement,  décomposer,  c'est-à- 
dire  arrêter  pour  rétablir  Téquilibre  quand  il 
y  a  lieu.  Mais,  plus  tard,  on  doit  arriver  à  re- 
trouver la  légèreté  en  restant  au  pas.  Quand  on 
essaie  de  vaincre  en  marchant  une  résistance  de 
poids,  se  bien  pénétrer  de  ce  que  le  demi-arrèt, 
pour  rendre  le  cheval  léger  lorsqu'il  pèse  à  la 
main,  n'est  point  une  saccade.  Il  consiste  à 
passer  rapidement,  mais  graduellement  d'une 
force  minime  à  une  force  plus  grande,  et  pro- 
portionnée au  degré  de  la  résistance  rencontrée. 
De  plus,  il  doit  être  dirigé  de  bas  en  haut,  et  non 
d'avant  en  arrière. 

N'en  donner  qu'un  à  la  fois;  puis  revenir  à 
la  demi-tension  des  rênes.  C'est  la  preuve  de 
l'opération. 

On  recommence  s'il  est  nécessaire. 

Si,  en  sentant  la  bouche,  on  rencontre  une  ré- 
sistance à  l'action  du  mors  et  qu'on  croie  qu'elle 
vient  des  forces  seules, vibration  légère, continue, 
et  pas  plus  forte  à  la  fin  qu'au  commencement. 


PRÉPARER    {SUn^E).  99 

Si  la  vibration  n'amène  aucun  résultat,  c'est 
que,  en  outre  de  la  résistance  de  force,  le  poids 
est  trop  en  avant.  Alors  demi-arrét,puis  vibra- 
tion; mais  il  est  préférable,  dans  ce  cas,  de 
décomposer,  c'est-à-dire  d'arrêter  pour  décon- 
tracter plus  vite. 

Lorsqu'on  agit  avec  une  rêne  isolée  et  qu'une 
résistance  se  manifeste  à  l'action  de  cette  rêne, 
il  vaut  mieux  donner  sur  l'autre  rêne  du  même 
mors  le  demi-arrêt  ou  la  vibration. 

Mais  on  peut  aussi  essayer  de  détruire  une 
résistance  à  une  rêne  isolée  sans  arrêter,  en 
faisant  céder  la  croupe  par  la  pression  de  la 
jambe  du  même  côté,  ce  qui,  en  portant  les 
hanches  en  dehors  de  la  ligne  des  épaules,  sup- 
prime le  point  d'appui  de  la  résistance. 

Quand  on  veut  rétablir  la  légèreté  sans  dé- 
composer, il  ne  faut  altérer  en  quoi  que  ce 
soit  l'allure  du  cheval.  La  force  qui  combat 
les  mauvaises  contractions  ne  doit  jamais 
prendre  sur  celle  qui  entretient  le  mouve- 
ment. 

Dès  que  le  cheval  est  léger,  tout  rendre  en 
étant  attentif  aux  moindres  fautes  qu'il  peut 
commettre. 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


De  la  Descente  de  Main.  — De  temps  en  temps 
arrêter;  ajuster  les  rênes  de  bride;  Tanimal 
étant  léger  et  ayant  la  tête  placée,  ouvrir  la 
main  gauche  et  baisser  la  main  droite  qui  tient 
le  bout  des  rênes  nouées,  jusqu'à  Tencolure. 

Dès  que  le  cheval  quitte  sa  position  de  tête, 
le  reprendre.  C'est  là  la  descente  de  main. 

Essayer  de  la  même  façon  des  descentes  de 
main  en  marchant  au  pas.  Mais  quand  l'ani- 
mal est  léger,  mâche  son  mors,  et  qu'on  lui  a 
tout  rendu,  ne  pas  permettre  de  déplacement  de 
tête  ni  d'affaissement  d'encolure. 

Reprendre  le  cheval  dès  qu'il  s'abandonne, 
dès  qu'il  baisse  l'encolure  ou  qu'il  augmente 
son  allure. 

Il  faut  donc  chercher  dès  le  principe  à  le 
laisser  libre. 

Mais  il  ne  faut  lui  donner  cette  liberté  qu'avec 
l'équilibre,  avec  la  légèreté.  Qu'il  apprenne  de 
bonne  heure  à  se  soutenir  de  lui-même,  la  tête 
bien  placée. 

Ce  n'est  que  quand  l'éducation  de  l'animal 
avance,  qu'on  peut  arriver  aux  descentes  com- 
plètes de  main  et  aussi  de  jambes. 


PREPARER    {SUITE} 


Du  Pas  au  Reculer.- — Passer  très  fréquemment 
de  la  marche  au  pas  au  reculer.  Dès  que  la 
légèreté  est  bonne,  repartir  au  pas.  Reculer, 
repartir,  etc. 

Tourners  sur  de  petits  Cercles  par  l'Appui  de  la 
Rêne  du  dehors.  —  On  aborde  ensuite  les  tour- 
ners sur  les  petits  cercles  par  la  rêne  du  dehors 
(rêne  contraire). 

Voici  comment  il  faut  procéder. 

Les  rênes  nouées  (de  bride  ou  de  filet  alter- 
nativement) étant  tenues  dans  une  seule  main, 
cette  main  se  porte  du  côté  du  tourner.  La  rêne 
du  dehors  agit  donc  seule. 

Si,  à  son  action,  la  mâchoire  reste  liante,  le 
bout  du  nez  du  cheval  se  tournant  légèrement 
vers  Textérieur  du  cercle,  le  poids  de  Tencolure 
reflue  du  côté  du  dedans.  Si  alors  les  épaules 
s'inclinent  franchement  et  moelleusement  vers 
le  centre  de  la  circonférence,  on  rend  aussitôt. 

Si,  au  contraire,  Tappui  de  la  rêne  du  de- 
hors rencontre  une  résistance,  on  la  fait  dis- 
paraître par  les  moyens  connus,  et  la  rêne  du 
dedans  agit  en  même  temps  discrètement  pour 
aider  au  tourner. 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


Le  point  essentiel,  ce  n'est  pas  une  inclinai- 
son très  marquée  de  Fencolure,  c'est  la  mobi- 
lité de  la  mâchoire,  en  un  mot  la  légèreté  par- 
faite. 

Cependant  le  poids  de  Tavant-main  doit  être 
porté  vers  le  dedans  du  cercle  afin  de  charger 
davantage  Tépaule  intérieure  et  de  laisser  une 
liberté  d'action  plus  grande  à  l'autre  épaule  qui 
a  plus  de  chemin  à  parcourir.  Mais  au  fur  et  à 
mesure  qu'avance  le  dressage,  le  bout  du  nez 
du  cheval  doit  se  tourner  de  moins  en  moins 
vers  le  dehors.  On  peut  même  arriver  à  obte- 
nir le  changement  de  direction  par  la  rêne 
extérieure  avec  un  léger  pli  de  l'encolure  vers 
le  dedans. 

Dans  les  commencements  on  demande  les 
tourners,  la  tête  haute  et  plus  ou  moins  hori- 
zontale. Mais,  dès  que  l'éducation  du  cheval 
avance,  il  faut  les  exécuter  au  ramener. 

On  les  prépare  alors  en  demandant  de  pied 
ferme  l'inclinaison  du  poids  de  l'encolure  vers 
la  droite  ou  vers  la  gauche  par  l'appui  de  la 
rêne  du  côté  opposé. 

Cet  appui  se  produit  en  élevant  le  poignet  et 
en  le  portant   légèrement   en  arrière  dans  la 


PREPARER    {SUITE).  io3 

direction  du  bipède  diagonal  correspondant  à 
la  rêne  agissante. 

Tourners  par  la  Rêne  du  dedans.  —  Entremêler 
ces  tourners  sur  de  petits  cercles  parla  rêne  du 
dehors,  de  tourners  par  la  rêne  du  dedans  qui 
doit  aussi  provoquer  la  décontraction  de  la 
mâchoire,  en  même  temps  qu'elle  donne  la 
direction.  Continuer  Faction  douce  de  cette 
rêne  jusqu'à  la  cession. 

Serpentine.  —  On  exécute  ensuite  la  serpen- 
tine. 

Pour  qu'elle  soit  bien  faite,  il  faut  tourner 
très  court  en  arrivant  à  la  piste,  et  marcher 
ensuite  parfaitement  droit  et  perpendiculaire- 
ment sur  l'autre  mur. 

La  serpentine  s'exécute  par  la  rêne  du  dehors 
ou  par  celle  du  dedans  (rêne  directe),  mais  il 
faut  surtout  travailler  ce  mouvement  par  celle 
du  dehors  (rêne  contraire). 


Changements  de  Main  de  deux  Pistes.  —  Pour 
arriver  à  exécuter  le  changement  de  main  de 
deux  pistes,  on  commence  par  demander  seu- 


104  DRESSAGE    .METHODIQUE. 

Icment  un  ou  deux  pas  de  coté  en  arrivant  au 
mur  opposé  ;  on  en  exige  ensuite  trois  ou  quatre. 

Puis  on  tient  les  hanches  depuis  la  ligne  du 
milieu  et  enfin  d'un  mur  à  Tautre. 

Dans  les  pas  de  côté,  les  deux  jambes  peuvent 
et  doivent  même  être  employées  en  même 
temps.  Ces  deux  actions  ne  se  contredisent  pas, 
puisque  Tune  pousse  vers  un  côté  et  Tautre  en 
avant;  mais  il  faut  toujours  que  Tune  soit  un 
peu  plus  en  arrière  que  Tautre. 

Pas  de  côté,  la  Tête,  puis  la  Croupe  au  Mur.  — 

Etant  sur  la  piste,  demander  le  mouvement  de 
la  tète  au  mur.  Dès  que  la  mâchoire  se  raidit, 
arrêter  dans  la  position  oblique;  décontracter 
et  repartir.  Le  moins  de  jambes  et  de  main 
possible. 

Procéder  de  même  pour  la  croupe  au  mur. 
Aller  lentement.  Décontracter  souvent. 

Alterner  ces  mouvements. 

Dans  les  pas  de  côté,  la  rêne  opposée  (la 
rêne  d'appuij  doit  remplacer  le  plus  possible 
la  jambe  du  même  côté. 

Dès  que  le  mouvement  se  dessine,  se  passer 
de  jambes  et  de  main  autant  qu'on  le  peut. 


PREPARI:R    (SUITE).  io5 

Après  la  tête  au  mur  ou  la  croupe  au  mur, 
redresser  toujours  avant  de  demander  Texer- 
cice  opposé.  On  remet  ainsi  le  cheval  dans  son 
équilibre,  on  le  rend  léger,  et  l'on  n'a  plus  alors 
qu'une  force  à  vaincre  pour  exécuter  le  mou- 
ment  inverse. 

Dans  la  marche  de  deux  pistes,  si  Ton  ren- 
contre de  la  résistance  à  l'appui  d'une  rêne,  au 
lieu  de  marquer  une  action  un  peu  forte  et  fixe 
comme  cela  se  pratique  ordinairement,  rem- 
placer cette  action  par  un  demi-arrêt,  un 
deuxième,  un  troisième,  etc.,  si  c'est  néces- 
saire. 

En  passant  de  la  croupe  au  mur  à  la  tête  au 
mur,  ou  inversement,  et  en  redressant  un  che- 
val, empêcher  l'avant- main  d'avancer  avant 
que  la  nouvelle  position  soit  donnée. 

Dans  le  mouvement  de  la  tête  au  mur,  quand 
on  passe  un  coin  de  gauche  à  droite,  par 
exemple,  la  jambe  droite  doit  ralentir  légère- 
ment la  croupe  pour  laisser  le  temps  aux 
épaules  de  faire  leur  plus  grand  arc  de  cercle 
en  accélérant  un  peu  leur  marche. 

Dans  la  tête  et  la  croupe  au  mur,  les  jambes 

14 


io6  DRESSAGE    METHODIQUE. 

ne  doivent  donner  que  Vactiou  et  la  main  la 
position. 

De  plus,  de  même  que  la  main  ne  doit  pas 
agir  d'une  façon  continue,  les  jambes  ne  doi- 
vent rester  aux  flancs  que  tant  que  cela  est  né- 
cessaire ;  en  un  mot,  leur  effet  doit  être,  non  pas 
fixe,  mais  intermittent. 

Petits  Contre-changements  de  Main  de  deux 
Pistes.  —  p]tant  sur  la  piste,  appuyer  de  deux 
pas  en  dedans  ;  marcher  droit  deux  pas  ;  appuyer 
de  deux  pas  en  dehors  pour  reprendre  la  piste, 
et  ainsi  de  suite. 

Répéter  ce  travail  en  traversant  le  manège 
dans  sa  longueur. 

Pirouettes  ordinaires  et  renversées.  —  Les  pi- 
rouettes ordinaires  ou  renversées  se  commen- 
cent en  les  décomposant. 

Demander  un  pas  de  pirouette.  Arrêter. 
Rendre  léger.  Demander  un  autre  pas,  arrêter 
et  ainsi  de  suite. 

Les  exécuter  ensuite  deux  pas  par  deux  pas. 
Puis  par  quart  de  pirouette  et  enfin  par  demi- 
pirouette. 


PREPARER    [SUITE] 


Ne  pas  employer  en  même  temps  la  main  et 
les  jambes. 

Tâcher  de  faire  les  pirouettes  ordinaires  par 
la  main  seule. 

Dans  les  pirouettes  renversées,  que  la  jambe 
du  dehors  agisse  seule,  c'est-à-dire  sans  être 
aidée  par  les  rênes.  Si  le  cheval  se  porte  sur  la 
main,  demi-arrêt,  sans  jambe,  sur  la  rêne  où 
cela  est  nécessaire,  mais  principalement  sur 
celle  du  dedans.  Continuer  ainsi  le  mouvement. 

S'il  y  a  acculement,  jambe  du  dedans,  sans 
main  bien  entendu. 

Quand  le  cheval  exécute  bien  la  pirouette 
ordinaire,  et  qu'on  demande  ce  mouvement,  il 
faut,  aussitôt  la  pirouette  indiquée  par  la  main 
et  commencée,  lâcher  les  rênes.  L'animal  doit 
arriver  à  la  terminer  seul. 

Pour  exécuter  ensuite  la  pirouette  ordinaire 
en  marchant,  comme  il  faut  que  la  croupe  se 
fixe,  on  doit  arrêter  les  membres  postérieurs 
par  un  demi-arrêt  marqué  principalement  sur 
la  rêne  du  dehors.  La  main  se  porte  immédia- 
tement après  vers  le  dedans  pour  donner  la  di- 
rection aux  membres  antérieurs  qui  ont  à  pivo- 
ter autour  des  premiers. 


io8  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Aussitôt  la  direction  donnée,  descente  de 
main.  Le  mouvement  doit  se  finir  de  lui-même. 

Prendre  bien  garde  à  Tacculement  dans  les 
pirouettes  ordinaires. 

Voltes  et  Demi-voltes  ordinaires  et  renversées, 
de  deux  Pistes.  —  Procéder  pour  ces  deux  mou- 
vements comme  pour  les  pirouettes,  c'est-à- 
dire  en  décomposant.  Ne  demander  la  volte 
qu'après  avoir  obtenu  la  demi-volte  et  n'arri- 
vera lademi-volte  sans  arrêter  qu'après  l'avoir 
exécutée  pas  par  pas,  puis  deux  pas  par  deux 
pas,  en  arrêtant  et  en  rétablissant  la  légèreté 
après  chaque  demande  nouvelle. 

Dans  le  travail  des  demi-voltes  ordinaires  et 
renversées^  le  point  important  est  que  le  cheval 
n'avance  pas  à  la  fin  du  mouvement.  Qu'il  ar- 
rive parallèlement  à  la  piste  et  qu'on  l'y  arrête 
sans  qu'il  ait  gagné  de  terrain  en  avant.  C'est 
ce  qui  indique  que  le  poids  est  en  équilibre, 
qu'il  n'est  pas  trop  sur  les  épaules. 

Reculer  prolongé  sur  les  Pistes.  —  On  doit  en- 
trecouper tout  le  travail  au  pas  de  reculer  sou- 
vent demandé.  Quand  il  s'obtient  régulier  et 


PREPARER   (SUITE] 


facile,  prolonger  longtemps  de  suite  ce  mouve- 
ment sur  les  pistes,  en  alternant  les  effets  de 
bride  et  de  filet,  sans  que  le  cheval  s'arrête  ou 
modifie  sa  cadence. 

Foule.  —  Cet  exercice  consiste  à  tourner 
très  court  et  dans  tous  les  sens  au  milieu  du 
manège  en  évitant  de  reprendre  les  pistes  et 
sans  s'arrêter. 

Quand  on  Texécute  plusieurs  cavaliers  à  la 
fois,  il  faut  que  chacun  d'eux  s'attache  à  ne  ja- 
mais marcher  dans  la  même  direction  que  son 
voisin. 

La  main  seule  agit  par  l'appui  de  la  rêne  du 
dehors.  Dès  que  la  mâchoire  est  liante,  rendre. 
Si  la  résistance  se  prolonge,  la  vaincre  en 
marchant,  par  les  procédés  connus. 

Au  besoin  décomposer  en  arrêtant  pour  dé- 
contracter. 

On  essaie  des  descentes  de  main  toutes  les 
fois  que  la  direction  est  donnée  et  que  la  légè- 
reté est  bonne. 

Chercher  ensuite,  en  laissant  le  plus  possible 
les  rênes  sur  le  cou,  à  faire  la  foule  avec  les 
jambes  seules,  La  main  arrive  quand  cela  est 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


nécessaire,  mais  alors  les  jambes  se  relâchent. 
C'est  celle  du  dedans  qui  doit  produire  le 
tourner. 

On  fait  ensuite  la  foule  en  exécutant  tous  les 
airs  de  manège  de  deux  pistes  les  uns  après  les 
autres  et  indistinctement. 

Si  plusieurs  cavaliers  se  livrent  en  même 
temps  à  cet  exercice,  on  doit  faire  attention  à 
ce  que  jamais  deux  chevaux  voisins  ne  fassent 
la  même  figure. 

Enfin  on  exécute  la  foule  en  remplaçant  les 
tourners  par  des  pirouettes  ordinaires  ou  en  les 
entremêlant;  que  le  cheval  ne  ralentisse  pas 
trop  son  allure  au  moment  de  Tarrèt  pour  la 
pirouette.  On  la  commence  dès  que  les  membres 
postérieurs  se  fixent. 

Manière  d'arriver  au  Ramener.  —  Le  point  im- 
portant —  de  pied  ferme  surtout,  mais  égale- 
ment en  marche  —  c'est  d'obtenir  d'abord  la 
légèreté  le  cheval  ayant  la  tête  élevée.  Le  ra- 
mener vient  plus  tard  par  suite  du  liant  de  la 
mâchoire.  Mais  il  faut  toujours  que  la  mâ- 
choire cède  d'abord,  l'encolure  étant  très  haute 
et  sans  que  la  tète  fasse  aucun  mouvement. 


PREPARER  (SUITE) 


Rester  très  longtemps  sur  les  exercices  qui 
précèdent.  Ne  passer  outre  que  lorsqu'ils  s'exé- 
cutent parfaitement. 

«  Aller  très  lentement  pour  mener  le  dres- 
sage rapidement.  )i 

Cette  recommandation  de  demander  d'abord 
la  légèreté,  l'encolure  étant  très  soutenue,  s'ap- 
plique à  la  bride  comme  au  filet.  On  décon- 
tracte la  mâchoire,  la  tète  étant  haute  et  souvent 
presque  horizontale.  Ce  n'est  qu'alors  qu'on 
doit  lui  permettre  de  se  rapprocher  de  la  per- 
pendiculaire. Mais  avec  un  cheval  ainsi  pré- 
paré le  ramener  se  produit  vite  et  devient  bien- 
tôt facile  à  maintenir. 

On  ne  doit  prendre  le  trot  que  lorsque  tout 
le  travail  du  pas  se  fait  bien  régulièrement  avec 
la  légèreté,  l'encolure  soutenue,  et  la  tète  placée. 


CHAPITRE  III 


AU    PETIT    TROT 


É PÉTER  au  petit  Trot  tout  le  Travail  exé- 
cuté au  Pas.  —  Le  cheval  étant  bien 
léger  au  pas,  le  mettre  au  petit  trot 
par  les  jambes,  la  main  s'abaissant.  Puis  sentir 
la  bouche.  Si  la  légèreté  a  disparu,  arrêter, 
décontracter,  puis  reprendre  le  pas  et  ensuite 
le  petit  trot. 

Il  faut  dans  le  commencement  décomposera 
l'infini  les  mouvements,  surtout  avec  des  che- 
vaux dont  les  allures  sont  détraquées. 

Dès  qu'on  sent  Féquilibre  compromis,  dès 
que  la  cadence  perd  de  sa  régularité,  arrêter, 
décontracter,  rendre  léger.  Puis  redemander  le 
mouvement.  Porter  la  plus  grande  attention 
aux   départs  au  pas  et  au   trot.  Que  Tallure 


PREPARER    {SUITE).  n3 

soit,  dès  sa  naissance,  bien  juste,  bien  réglée. 

Au  trot  comme  au  pas,  laisser  le  plus  pos- 
sible le  cheval  libre  dès  qu'il  est  léger,  c'est-à- 
dire  en  équilibre,  et  qu'il  fait  bien  ce  qu'on  lui 
a  demandé.  «  Qu'il  croie  qu'il  est  son  maître  : 
c'est  alors  qu'il  est  notre  esclave.  » 

Répéter  au  trot  tout  le  travail  exécuté  au  pas. 
Mêmes  recommandations  pour  les  cercles  et 
pour  tous  les  exercices. 

Quand  on  demande  un  nouveau  mouvement 
quelconque  de  deux  pistes,  il  faut  le  commen- 
cer au  pas,  puis  prendre  le  trot  pendant  une 
foulée  ou  deux  dans  la  position  oblique,  puis 
reprendre  le  pas  tout  en  restant  de  deux  pistes 
et  ainsi  de  suite,  en  augmentant  toujours  le 
nombre  des  foulées  de  trot. 

Mettre  une  grande  progression  dans  ses  exi- 
gences. 

Partir  de  Pied  ferme  au  petit  Trot.  Arrêter  en 
marchant  au  Trot. —  Partir  ensuite  de  pied  ferme 
au  petit  trot.  Arrêter;  repartir  au  petit  trot. 

Essayer  souvent  des  descentes  de  main, 
même  dans  les  pas  de  côté. 

i5 


114  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Après  tout  mouvement  oblique,  ne  pas  ou- 
blier de  redresser  toujours  le  cheval  avant  de 
demander  le  mouvement  inverse. 

Dans  le  travail  en  marche  au  trot,  dès  qu'on 
essaie  de  rétablir  Téquilibre  sans  arrêter,  éviter 
avant  tout  les  saccades.  Bien  sentir  la  bouche 
avant  de  donner  un  demi-arrét,  par  exemple. 
Toute  action  brusc[ue  rendrait  Tanimal  incer- 
tain dans  ses  allures. 

A  la  fin  des  demi-vohes  ordinaires  ou  ren- 
versées en  tenant  les  hanches,  apporter  comme 
au  pas  une  grande  attention  à  ce  que  le  cheval 
n'ûj'ancepas  en  arrivant  sur  la  piste. 

De  même,  si  dans  les  mouvements  obliques 
il  y  a  de  la  résistance  à  Tappui  d'une  rêne,  rem- 
placer Faction  fixe  sur  cette  rêne  par  un  ou  plu- 
sieurs demi-arrêts  successifs,  si  cela  est  néces- 
saire. 

Se  servir  souvent  des  deux  jambes  en  même 
temps  dans  les  pas  de  côté. 

Se  rappeler  que  celle  du  dedans,  du  côté  vers 
lequel  on  va,  pousse  surtout  en  avant  et  sert 
ainsi  à  éviter  Tacculement. 

Quand  la  foule  se  fait  bien,  essayer  d'obtenir 
dans  cet  exercice  les  tourners  par  la  jambe  du 


PREPARER    (SUITE). 


dedans,  les  rênes  restant  sur  le  cou  ou  tout 
au  moins  n'agissant  pas,  tant  que  l'allure  ne 
se  précipite  pas. 

S'efforcer  plus  que  jamais  de  maintenir  tou- 
jours le  cheval  bien  droit. 

Passer  du  petit  Trot  au  Reculer.  —  Entremêler 
tout  le  travail  de  reculer  demandé,  le  cheval 
marchant  au  petit  trot. 

Pour  cela,  l'allure  étant  bien  cadencée,  et  le 
cheval  léger,  arrêter  par  un  effet  de  main  ra- 
pide, énergique  mais  moelleux  et  savamment 
gradué,  de  façon  à  produire  la  marche  rétro- 
grade <3î/^5//d/  le  mouvement  en  avant  enrayé  et 
sans  temps  d'arrêt  appréciable  sur  place. 

Foule  en  arrière.  —  Puis  quand  le  reculer  se 
continue  de  lui-même  pendant  la  descente  de 
main,  arriver  à  faire  la  foule  en  arrière,  c'est-à- 
dire  exécuter  par  les  jambes  agissant  isolément, 
mais  sans  l'aide  de  la  main,  des  tourners  en 
arrière  dans  tous  les  sens. 

Pour  que  ce  travail  soit  tout  à  fait  régulier, 
il  faut  que  les  rênes  restent  sur  le  cou.  Les 


ii6  DRESSAGE    METHODIQUE. 


changements  de  direction  doivent  être  produits 
par  la  jambe  du  côté  du  tourner. 

Il  est  bien  entendu  que  dans  les  commence- 
ments l'action  de  la  main  arrive  toutes  les  fois 
que  cela  est  nécessaire  pour  aider  à  faire  com- 
prendre à  l'animal  ce  que  Ton  demande.  Pen- 
dant qu'elle  agit,  on  relâche  les  jambes. 

Comment  on  doit  élever  l'Encolure.  —  Dans 
toute  cette  première  partie  du  dressage  on  doit 
chercher  à  élever  le  plus  possible  l'encolure. 
C'est  sur  le  poids  qu'on  agit  en  demandant  cette 
élévation;  mais  il  faut  qu'en  le  reportant  en 
arrière,  la  force  qui  donne  le  mouvement  ne  soit 
aucunement  diminuée;  il  faut  par  contre,  en  don- 
nant l'action,  en  produisant  la  force  qui  pousse, 
que  cette  même  force  n'entraîne  dans  le  sens  du 
mouvement  que  la  petite  quantité  de  poids  né- 
cessaire au  mouvement,  et  que  l'équilibre  n'en 
soit  pas  altéré,  c'est-à-dire  que  les  translations 
du  poids  demeurent  également  faciles  dans  tous 
les  sens,  après  comme  avant  le  mouvement  ob- 
tenu. 

Quand  un  cheval  a  une  forte  tendance  à 
affaisser  son  encolure,  on  doit  tenir  les  poignets 


PREPARER    {SUITE). 


très  hauts,  au-dessus  des  oreilles,  s'il  est  néces- 
saire, jusqu'à  ce  que  la  mâchoire  ait  cédé  moel- 
leusement  dans  cette  position.  On  rend  alors, 
mais  on  reprend,  dès  que  la  tète  s'abaisse,  en 
ayant  constamment  les  mains  très  élevées  pour 
empêcher  l'animal  de  s'enterrer. 

Il  faut  avec  un  pareil  cheval  rester  très  long- 
temps sur  le  travail  en  place  et  aux  allures  rac- 
courcies, et  ne  prendre  les  rênes  de  bricie  que 
quand  on  a  obtenu  une  élévation  constante  et 
très  facile  sur  le  filet. 

Une  fois  le  poids  en  équilibre,  une  fois  l'en- 
colure élevée  et  soutenue,  on  détruit  les  résis- 
tances de  forces  quand  il  y  a  lieu;  et  alors  la 
tête  liante,  abandonnée  à  elle-même,  se  place  à 
sa  position  la  plus  commode. 

On  arrive  ensuite  au  Ramener.  —  C'est  ensuite 
à  la  main  agissant  seule  toujours,  c'est-à-dire 
sans  l'opposer  à  une  action  simultanée  des  deux 
jambes,  et  bien  entendu  sans  prendre  sur  le 
mouvement,  sans  altérer  la  vitesse  de  l'allure, 
à  obtenir  graduellement  le  ramener  en  com- 
mençant par  des  effets  de  rênes  isolées  d'abord, 


ii8  DRESSAGE   METHODIQUE. 

puis  entre-croisées  (rêne  de  filet  d'un  côté, 
rêne  de  bride  opposée),  pour  finir  par  l'emploi 
simultané  des  deux  rênes  de  bride  ou  des  deux 
rênes  de  filet;  tout  le  travail  au  petit  trot  se 
répète  ainsi  successivement  avec  des  exigences 
de  plus  en  plus  grandes  et  de  plus  en  plus  sou- 
tenues de  la  part  du  cavalier. 

Quand  on  cherche  à  rapprocher  la  tête  de  la 
perpendiculaire  en  employant  chaque  rêne  tour 
à  tour  isolément,  on  obtient  souvent  aussi  de 
prompts  résultats  par  le  procédé  suivant  : 

Dès  que  la  rêne  tenue  un  peu  courte  rencon- 
tre une  résistance,  faire  céder  cette  résistance 
sans  modifier  Tallure,  en  déplaçant  légèrement 
la  croupe  par  une  pression  de  la  jambe  du 
même  côté. 

On  continue  ledit  effet  latéral  (rêne  et  jambe 
droites,  ou  rêne  et  jambe  gauches)  qui  rejette 
Tarrière-main  un  peu  en  dehors  de  la  ligne  des 
épaules,  jusqu'à  ce  que  la  décontraction  de  la 
mâchoire  se  soit  produite,  bientôt  suivie  du 
rapprochement  de  la  tête  de  la  perpendicu- 
laire. 

II  est  à  remarquer  que  l'action  d'une  rêne  et 
celle  de  la  jambe  du  même  côté  s'entr'aident 


PREPARER    [SUITE).  119 

mutuellement  au  lieu  de  se  faire  opposition  ré- 
ciproquement, ainsi  que  cela  se  produit  dans 
Teftet  diagonal. 

Des  Effets  diagonaux.  —  C'est  pour  cette  raison 
que  les  effets  diagonaux,  inapplicables  du  reste 
aux  allures  rapides,  doivent  être  évités.  Ils  se 
composent  de  deux  forces  opposées  dont  Tune 
pousse  dans  un  sens  et  Tautre  retient  dans  le 
sens  diamétralement  opposé.  Ces  forces  s'an- 
nulent donc,  ou  tout  au  moins  se  nuisent  entre 
elles  si  elles  ne  sont  pas  égales.  Elles  ont  sou- 
vent pour  résultat  de  provoquer  Tanimal  à  ré- 
sister à  leur  double  contrainte,  c'est-à-dire 
qu'elles  le  portent  à  contracter  à  tort  certaines 
de  ses  parties.  De  plus,  Teffet  diagonal  arrête 
plus  ou  moins  le  jeu  de  l'épaule  du  côté  de  la 
rêne  qui  sert  à  le  produire,  et  il  ploie  le  cheval 
qui  prend  alors  de  plus  en  plus  l'habitude  de  se 
placer  de  travers  aux  diverses  allures. 

^-^Â 


u^ 


CHAPITRE    IV 


DU    RASSEMBLER 


VANT  de  commencer  le  rassembler  à 
cheval,  il  faut  que  le  ramener  soit 
complet,  c'est-à-dire  que  Tanimal  con- 
scr\  c  bien  sa  légèreté  au  pas  avec  la  tète  per- 
pendiculaire, sur  les  jambes  fermées  d'abord 
énergiquement,  puis  sur  un  appui  progressif 
des  éperons  poussé  jusqu'à  une  grande  puis- 
sance, la  main  faisant  opposition,  bien  entendu. 
Il  faut  aussi  que  «  le  passage  des  forces  en 
avant  »,  qui  fait  partir  le  cheval  du  pas  au  trot, 
soit  facile  sur  l'éperon,  la  légèreté  demeurant 
inaltérée. 

Lorsque  le  dressage  en  est  arrivé  à  ce  point, 
on  peut  entreprendre  le  rassembler  parce  que, 
si  les  effets  produits  pour  l'obtenir  détruisent 


PRP:PARER    (SUITE) 


plus  ou  moins  le  ramener,  il  est  toujours  facile 
de  le  rétablir  avec  ou  même  sans  l'aide  de 
Féperon. 

Manière  de  demander  le  Rassembler.  —  Pour 
demander  le  rassembler,  se  mettre  d'abord  sur 
la  piste.  Etant  arrêté,  placer  son  cheval  bien 
droit  et  le  rendre  léger;  puis  vibration  alternée 
des  deux  jambes,  en  retenant  doucement  de  la 
main.  Dès  qu'il  y  a  un  peu  de  mobilité  des  ex- 
trémités, rendre,  caresser,  et  laisser  l'animal  au 
repos.  Très  peu  d'exigences  d'abord. 

Si  l'on  a,  dans  le  principe,  de  la  difficulté  à 
faire  comprendre  au  cheval  ce  qu'on  lui  de- 
mande, s'aider  de  temps  à  autre  de  la  cravache 
qui  agit  alors,  comme  à  pied,  sur  l'un  des  flancs 
ou  sur  le  dessus  de  la  croupe. 

Redemander  la  légèreté  pendant  l'immobilité. 
Recommencer  souvent  à  chaque  main.  Avoir 
soin  de  marcher  un  pas  ou  deux  après  chaque 
temps  de  rassembler. 

Pendant  tout  ce  travail,  ne  pas  négliger  de  re- 
dresser le  cheval  dès  qu'il  se  traverse,  et  ne  cher- 
cher la  mobilité  des  appuis,  qu'une  fois  l'ani- 
mal bien  droit  et  léger.  Avancer  toujours  un  peu 
dans  le  rassembler,  afin  d'éviter  l'acculement. 

iG 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


S'il  se  produit  des  «  sauts  de  pie  »,  ce  qui  con- 
stitue une  défense,  les  réprimer  immédiatement 
par  des  demi-arrêts  donnés  avec  tact.  Dès  qu'il 
y  a  mobilité  calme  et  légèreté,  tout  rendre  et 
caresser.  Mais  ne  jamais  demander  le  rassem- 
bler avant  que  la  légèreté  soit  parfaite. 

Tant  que  le  cheval  reste  léger,  toute  défense 
lui  est  impossible.  En  effet,  pour  qu'il  se  défende 
il  faut  qu'il  raidisse  une  de  ses  parties,  et  la  rai- 
deur de  cette  partie  se  traduit  par  celle  de  la 
mâchoire.  Dès  qu'on  peut  forcer  Tanimal  à 
conserver  sa  légèreté  de  bouche,  on  Tempêche 
donc  de  résister,  c'est-à-dire  de  se  défendre. 

Lorsque,  après  le  rassembler,  on  arrête  par 
un  effet  d'ensemble,  il  est  préférable  que  les 
jambes  du  cheval  ne  restent  pas  engagées  sous 
la  masse.  L'effet  d'ensemble  doit  rétablir  le  ra- 
mener et  redonner  à  l'animal  ses  lignes  nor- 
males d'aplomb. 


TROISIEME   PARTIE 

ASSEMBLER 


TROISIÈME   PARTIE 


ASSEMBLER 


CHAPITRE    PREMIER 


DEPARTS  ET  TRAVAIL  AU  GALOP 


UAND  le  rassembler  à  pied  est  de- 
venu très  facile,  quand  le  ramener 
est  bien  iixe  au  pas  et  au  petit  trot, 
et  enfin  quand  on  obtient  à  cheval 
des  commencements  de  rassembler,  c'est  le 
moment  d'essayer  les  départs  au  galop. 

Il  y  a  plusieurs  manières  de  faire  partir  un 
cheval  du  pas  au  galop. 


Des  principales  Manières  de  demander  le  Galop. 


126  DRESSAGE    METHODIQUE. 

—  Quand  on  a  affaire  à  un  animal  qui  n'est  nul- 
lement familiarisé  avec  cette  allure,  il  n'y  a  pas 
lieu  de  chercher,  tout  d'abord,  à  le  rassembler. 

On  doit  le  pousser  sur  la  main  comme  si  Ton 
voulait  prendre  le  trot.  Alors  les  poignets  se 
portent  à  gauche  pour  le  départ  à  droite  par 
exemple,  la  rêne  gauche  étant  tenue  plus  courte 
que  la  droite,  et  les  deux  jambes  se  ferment  avec 
une  force  à  peu  près  égale,  la  gauche  plus  en 
arrière. 

Le  galop  produit,  dès  qu'on  a  une  apparence 
de  légèreté,  récompenser. 

Après  une  dizaine  de  foulées,  passer  au  pas. 

Recommencer  plusieurs  fois  à  chaque  main. 

Au  moment  où  l'on  donne  la  position  pour 
le  galop,  si  l'on  sent  que  les  contractions  de  l'a- 
nimal vont  produire  un  faux  départ,  il  faut  em- 
pêcher le  mouvement  de  s'achever,  reprendre 
le  pas,  et  recommencer  à  placer. 

Il  faut  tâcher  de  sentir  que  l'animal  va  prendre 
une  position  défectueuse. 

Si  l'on  agit  après  que  cette  position  défec- 
tueuse est  déjà  prise,  c'est  mauvais.  C'est  encore 
plus  mauvais  si  l'on  n'arrête  l'animal  que  lors- 
que l'enlever  au  galop  s'est  produit. 


ASSEMBLER. 


Si  l'on  constate,  en  se  servant  du  filet,  que 
((  les  forces  s'éloignent  trop  »,  c'est-à-dire  que 
la  tête  est  trop  en  avant  et  que  les  jarrets  ne  res- 
tent pas  assez  engagés,  sont  trop  loin  du  centre, 
prendre  la  bride  seule,  mais  revenir  ensuite  de 
temps  en  temps  au  filet. 

Dès  que  les  départs  ainsi  demandés  devien- 
nent faciles,  employer  les  moyens  suivants  pour 
mettre  son  cheval  au  galop. 

L'animal  marchant  au  pas,  sur  la  piste,  et 
étant  léger,  commencer  par  approcher  les  jambes 
en  faisant  primer  celles  du  dedans.  Puis,  aussitôt 
que  l'action  est  ainsi  augmentée  par  les  jambes, 
porter  la  main  vers  le  dehors  pour  donner  la 
position  qui,  elle,  engendre  le  mouvement. 
Bien  soigner  ces  départs. 

Pour  le  galop  à  droite,  par  exemple,  chercher 
d'abord  la  légèreté  par  la  rêne  droite;  puis,  l'im- 
pulsion étant  suffisante,  élever  la  main  vers  la 
gauche  en  la  rapprochant  du  corps. 

L'action  doit  être  donnée  presque  exclusive- 
ment avec  la  jambe  du  dedans,  afin  de  mainte- 
nir le  cheval  droit,  en  empêchant  la  croupe  de 
venir  du  coté  opposé  à  celui  où  se  porte  la  main. 


128  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Une  fois  le  galop  produit,  à  chaque  descente 
de  Tavant-main,  demi-arrét  pour  cadencer  Tal- 
lure  qui  doit,  dès  le  départ,  être  réglée  comme 
un  balancier  d'horloge. 

Tant  qu'on  reste  au  galop,  changer  souvent 
de  rênes,  une  seule  main  tenant  le  lilet,  puis  la 
bride,  puis  le  filet.  Pendant  ces  changements  de 
rênes,  Tallure  ne  doit  pas  varier. 

Si  la  vitesse  augmente,  décomposer.  C'est-à- 
dire  arrêter  court,  décontracter,  puis  repartir. 

Départs  à  faux.  —  Demander  ensuite  des  dé- 
parts à  faux. 

Pour  cela,  porter  en  marchant  au  pas  les 
épaules  du  cheval  vers  le  dedans,  de  manière  à 
lui  faire  prendre  le  degré  d'obliquité  d'un  quart 
de  '(  croupe  au  mur  »,  et  partir  au  galop  dans 
cette  position  par  les  mêmes  moyens  que  ci- 
dessus,  mais  en  se  servant  d'abord  des  aides 
opposées  (rêne  et  jambe  droites  pour  le  départ 
à  gauche  en  étant  à  main  droite). 

Faire  ainsi  quatre  pas  de  galop  et  passer  au 
pas  ;  rétablir  la  légèreté,  repartir,  etc. 

Mais  arriver  le  plus  tôt  possible  à  obtenir  les 
départs  à  faux  par  la  rêne  et  la  jambe  du  côté 


ASSEMBLER.  129 


du    mur    agissant    comme   aides   principales. 

Alterner  ensuite  avec  des  départs  sur  le  pied 
du  dedans. 

Dans  tout  le  travail  au  galop,  s'efforcer  plus 
e]ue  jamais  de  maintenir  le  cheval  absolument 
droit  et  léger. 

Moyen  de  redresser  un  Cheval.  —  En  commen- 
çant, dès  que  l'animal  se  traverse  plus  ou  moins, 
dès  qu'une  résistance  à  la  main  se  manifeste, 
décomposer,  c'est-à-dire  arrêter,  redresser, 
rendre  léger  et  repartir. 

Plus  tard,  lorsqu'on  peut  déjà  essayer  de 
combattre  les  résistances  sans  arrêter,  on  doit 
redresser  son  cheval  par  le  procédé  suivant  : 
s'il  avance  la  croupe  à  droite  dans  le  galop  à 
droite  par  exemple,  il  faut,  lorsque  sa  mâchoire 
est  liante  et  moelleuse,  appuyer  légèrement  la 
rêne  gauche  sur  l'encolure,  de  manière  à  rejeter 
le  poids  de  Tavant-main  sur  l'épaule  droite,  ce 
qui  a  pour  conséquence  de  faire  plus  ou  moins 
déborder  les  hanches  à  gauche  et  d'amener  le 
bout  du  nez  de  ce  même  côté. 

En  un  mot,  on  corrige  un  pli  en  donnant  à 
l'animal,  par  un  délicat  effet  de  main,  le  pli  in- 


i3o  DRESSAGE    METHODIQUE. 

verse.  Mais  il  faut  éviter  de  se  servir  pour  cela 
des  jambes. 

Pour  rétablir  la  légèreté  en  marchant  au 
galop,  n'altérer  en  quoi  que  ce  soit  Tallure  du 
cheval  en  combattant  les  résistances. 

Chercher  toujours  à  élever  le  plus  possible 
l'encolure  en  agissant  sur  le  poids,  mais  sans 
jamais  prendre  sur  la  force  nécessaire  au  mou- 
vement. 

Décontracter  la  mâchoire  et  laisser  la  tète 
se  rapprocher  insensiblement  de  la  perpendi- 
culaire. 

Descentes  de  Main.  —  Dès  que  Ton  a  une  belle 
légèreté  au  galop,  essayer  des  descentes  de 
main  et  les  répéter  souvent. 

S'efforcer  du  reste,  dans  tout  le  travail  à  cette 
allure,  d'employer  le  moins  de  main  et  le  moins 
de  jambes  possible. 

Reculer.  —  Passer  fréquemment  du  galop  au 
reculer  par  un  etiet  d'élévation  des  poignets, 
sans  jambes,  effet  qui  doit  être  plus  que  jamais 


ASSEMBLER.  i3i 


savamment  gradue  tout  en  étant  un  peu  éner- 
gique. 

Repartir  au  galop  aussitôt  l'arrêt  après  le 
reculer. 

Petits  Cercles.  —  Le  cheval  étant  bien  léger, 
décrire  des  cercles  de  petits  diamètres  en  fai- 
sant agir  par  appui  la  rêne  du  dehors  pour 
charger  Tépaule  du  dedans,  ce  qui  amène  dans 
le  principe  le  bout  du  nez  légèrement  en  dehors 
et  «  fait  tomber  »  Tavant-main  vers  le  centre 
du  cercle. 

Galop  de  deux  Pistes.  —  Passer  au  galop  de 
deux  pistes. 

Commencer  par  la  tète  et  la  croupe  au  mur. 

Pour  ce  mouvement,  tenir  d'abord  ses  rênes 
courtes  dans  une  seule  main  (bride  ou  filet). 

Le  cheval  marchant  obliquement  au  pas, 
demander  seulement  quelques  foulées  de  galop 
de  deux  pistes  et  reprendre  le  pas. 

A  chaque  poser  de  l'avant-main  dans  le  galop 
sur  les  hanches,  demi-arrêt  accentué  de  bas  en 
haut,  sans  avancer  la  main,  pour  enlever  le 
cheval  et  cadencer  Tallure.  La  main  doit  s'éle- 


j32  dressage   METHODIQUE. 

ver  chaque  fois  que  les  membres  de  devant 
touchent  terre,  et  s'abaisser  ensuite  plus  rapi- 
dement qu'elle  ne  s'est  élevée.  Le  mouvement 
du  poignet  doit  être  bien  rythmé. 

Il  faut  faire  agir  davantage  la  rêne  et  la  jambe 
du  dehors  pour  pousser  le  cheval  par  deux 
forces  du  même  côté. 

Les  déplacements  de  la  main  doivent  être  peu 
apparents. 

Si  le  cheval  avance  dans  la  croupe  au  mur, 
c'est  qu'il  y  a  trop  de  poids  sur  le  devant;  le 
relever  à  chaque  descente  de  l'avant-main  par 
un  demi-arrêt  énergique. 

En  restant  la  croupe  au  mur  et  sans  redresser, 
galop  sur  les  hanches  vers  la  droite  et  vers  la 
gauche. 

Dans  tous  ces  mouvements  de  deux  pistes  au 
galop,  arrêter  souvent,  décontracter,  puis  re- 
partir, etc. 

Pour  obtenir  et  ensuite  entretenir  ce  galop, 
la  main  et  les  jambes  ne  doivent  pas  agir  tout 
à  fait  en  même  temps.  La  main  place,  cesse 
son  effet;  les  jambes  donnent  l'action,  se 
relâchent;  puis  la  main  enlève  l'avant-main, 
même  avec  une  assez  grande  force,  si  c'est  né- 


ASSEMBLER.  i33 


cessaire,  attendu  qu"il  s'agit  alors  de  reporter 
sur  le  derrière  le  poids  qui  surcharge  Tavant- 
main. 

Puis  elle  s'abaisse  de  nouveau.  Puis  les 
jambes  arrivent  si  l'action  s'éteint,  etc. 

Si  les  jambes  et  la  main  agissaient  simulta- 
nément, leur  effet  tendrait  à  s'annuler  réci- 
proquement et  produirait  des  contractions. 

Changement  de  Main  diagonal.—  Pour  arriver 
à  changer  de  main  diagonalement  au  galop  de 
deux  pistes,  commencer  le  mouvement  au  pas; 
puis  faire  deux  ou  trois  foulées  de  galop  de 
deux  pistes;  passer  au  pas  en  tenant  toujours 
les  hanches;  repartir  au  galop,  reprendre  le 
pas,  etc. 

Puis,  en  augmentant  le  nombre  des  foulées 
de  galop,  essayer  enfin  le  changement  de  main 
diagonal  à  cette  allure  sans  passer  au  pas. 

Tâcher  le  plus  tôt  possible,  dans  ces  mouve- 
ments de  deux  pistes,  de  faire  un  ou  deux  pas 
avec  descente  de  main. 

Ne  pas  oublier  que  dans  le  galop  de  deux 
pistes  comme  dans  tout  mouvement  sur  les 
hanches  aux  autres  allures,  les  deux  jambes 


i?4  DRESSAGE    METHODIQUE. 

peuvent  et  doivent  être  le  plus  souvent  em- 
ployées en  même  temps;  Tune  pousse  en  avant 
et  Tautre  de  côté.  Cette  dernière  se  place  un 
peu  plus  en  arrière  que  l'autre. 

Mais  quand  le  dressage  avance,  la  main  doit 
presque  tout  faire  ;  la  rêne  du  dehors  surtout. 

Bien  s'efforcer  de  distinguer  ce  qui  fait  dé- 
faut :  si  c'est  Faction  ou  la  position. 

Diminuer  de  plus  en  plus  la  force  des  aides 
employées. 

S'il  y  a  de  la  résistance  à  Tappui  d'une  rêne, 
ne  pas  insister  sur  une  action  fixe.  La  rem- 
placer aussitôt  par  un  demi-arrêt  suivi  d'un 
second,  d'un  troisième,  etc. 

Traverser  ensuite  le  manège  au  galop  de  deux 
pistes,  dans  une  direction  perpendiculaire  aux 
grands  côtés,  en  maintenant  son  cheval  bien 
parallèle  à  ces  mêmes  grands  côtés  et  sans 
avancer  d'une  ligne. 

Décomposer  au  besoin  ce  mouvement  en  ar- 
rêtant pour  rétablir  la  légèreté. 

Demi-voltes  de  deux  Pistes  au  Galop.  —  Puis 
commencer  une  demi-volte  ordinaire  de  deux 


ASSEMBLER.  i35 


pistes  au  pas.  La  terminer  par  quelques  pas  de 
galop. 

Même  gradation  pour  la  demi-volte  ren- 
versée. 

Arriver  à  exécuter  entièrement  ces  demi- 
voltes  au  galop. 

Pirouettes  au  Galop.  —  Pour  préparer  à  la 
pirouette  au  galop,  exécuter  de  petites  demi- 
voltes  ordinaires  de  deux  pistes,  commencées 
au  pas,  et  finies  au  galop. 

Les  répéter  souvent  à  la  même  place  en  re- 
venant au  point  de  départ  par  le  mouvement 
inverse. 

Dans  ce  travail,  s'attacher  à  ce  que  le  cheval 
n'avance  pas;  mais  éviter  cependant  tout  prin- 
cipe d'acculement. 

Enfin  passer  à  la  pirouette  ordinaire. 

Commencer  de  même  au  pas  et  terminer  par 
un  ou  deux  enlever  s  au  galop.  On  arrive  ainsi 
à  faire  la  demi-pirouette  tout  entière  au  galop. 

Dans  ce  mouvement  le  cheval  doit  être  bien 
droit. 

Dès  qu'on  peut  l'exécuter  entièrement  au 
galop,  le  moins  de  jambes  possible.  Si  l'on  s'en 


i36  DRESSAGE    METHODIQUE. 

sert  trop,  on  arrive  au  désordre,  au  trépigne- 
ment; Tenlever  ne  se  produit  plus. 

Volte  au  Galop.  —  Pour  la  volte,  en  com- 
mencer une  de  deux  pistes  au  pas  au  milieu  du 
manège,  puis  faire  une  foulée  de  galop;  puis 
passer  au  pas;  puis  deux  foulées  de  galop,  et 
ainsi  de  suite  jusqu'à  ce  que  la  volte  entière  se 
fasse  au  galop  sur  les  hanches. 

Dans  le  travail  au  galop  de  deux  pistes,  il 
arrive  un  moment  où  la  rêne  du  côté  où  Ton 
va  est  trop  puissante  et  laisse  la  croupe  en  ar- 
rière. Alors  il  faut  s'en  servir  le  moins  pos- 
sible et  employer  la  rêne  du  dehors  par  appui 
sur  l'encolure.  Mais  cet  appui  doit  être  délicat. 
Le  cheval  est  ainsi  poussé  du  côté  où  Ton  veut 
marcher.  Cette  action  a,  de  plus,  l'avantage  de 
faire  une  légère  opposition  à  la  croupe,  qui 
sans  cela  resterait  un  peu  en  retard. 

Départ  au  Galop  par  la  Main,  sans  Jambes.  — 
Il  faut  en  arriver  à  mettre  son  cheval  au  galop 
par  un  effet  de  main  sans  se  servir  des  jambes. 

Pour  cela,  en  marchant  au  pas,  à  main  droite, 
par  exemple,  porter  la  main  qui  tient  les  rênes 


ASSEMBLER.  137 


nouées  (que  ce  soit  la  bride  ou  le  filet)  vers  la 
gauche,  et  un  peu  en  arrière,  en  donnant  un 
léger  demi-arrêt.  Si  le  cheval  se  ralentit,  rendre 
la  main;  pousser  en  avant  par  les  jambes,  et 
recommencer  ensuite  le  même  etfet  de  rênes; 
deux,  trois,  quatre  petits  demi-arrêts,  s'il  est 
nécessaire,  jusqu'à  ce  que  Tenlever  au  galop  se 
produise.  Mais,  dès  que  l'allure  du  pas  se  ra- 
lentit, cesser  toute  action  de  la  main  et  pousser 
en  avant.  Donner  les  demi-arrêts  un  peu  plus 
forts  s'ily  a  beaucoup  de  poids  à  déplacer  pour 
alléger  suffisamment  le  devant. 
.  Aussitôt  l'enlever  obtenu,  la  main  doit  tout 
lâcher,  se  tenant  prête  à  reprendre  les  rênes  si 
besoin  est.  C'est  le  seul  moyen  de  voir  quel  a 
été  l'effet  produit,  quel  est  le  degré  de  l'équi- 
libre, s'il  n'y  a  pas  trop  de  poids  en  avant,  etc. 

Il  faut  mettre  beaucoup  de  finesse  dans  ces 
actions  de  main. 

Ce  travail,  très  délicat,  est  extrêmement  im- 
portant. Il  apprend  à  agir  sur  le  poids  sans 
prendre  sur  la  force  qui  pousse;  car  tant  que 
les  demi-arrêts  combattent  seulement  le  poids, 
ils  ne  diminuent  pas  l'impulsion,  mais,  dès 
qu'ils  agissent  sur  la  force,  ils  ralentissent  ou 

18 


i38  DRESSAGE    METHODIQUE. 

même  arrêtent.  On  doit  en  résumé  chercher  à 
enleper  le  cheval  sans  diminuer  sa  vitesse. 

Rester  sur  les  départs  ainsi  demandés,  jus- 
qu'à ce  que  Tanimal  les  ait  compris  et  les  donne 
facilement;  ne  pas  se  presser;  avoir  surtout 
beaucoup  de  calme  et  de  persévérance. 

Le  premier  départ  est  souvent  long  à  obtenir. 

Dès  qu'on  a  réussi,  recommencer  jusqu'à 
ce  que  le  cheval  parte  facilement  aux  deux 
mains. 

Puis  exécuter  ce  travail  au  milieu  du  ma- 
nège. Toujours  pas  de  jambes  quand  la  main 
agit;  mais,  dès  e]u'ily  a  ralentissement,  pousser 
ferme;  Téperon  au  besoin. 

On  doit  ensuite  en  arriver  à  passer  du  recu- 
ler au  galop  sans  s'aider  des  jambes,  par  le 
même  effet  de  main  employé  pour  enlever  son 
cheval  à  cette  allure  en  marchant  au  pas. 

Ce  travail  donne  d'excellents  résultats  c[uand 
on  le  pratique  comme  il  suit  : 

Étant  arrêté  le  dos  tourné  à  un  grand  côté  du 
manège,  reculer  jusqu'au  mur. 

Puis  partir  au  galop  jusqu'à  la  piste  opposée. 
Reculer  de  nouveau.  Repartir  au  galop,  et  ainsi 
de  suite. 


ASSEMBLER.  i3(, 


Galop  de  deux  Pistes,  sans  Jambes.  —  Puis  on 
répète  tout  le  travail  du  galop  sur  les  hanches 
en  cherchant  à  Texécuter  sans  se  servir  des 
jambes. 

Pour  la  bonne  exécution  des  mouvements  de 
deux  pistes  à  cette  allure,  il  faut,  dans  le  prin- 
cipe, faire  précéder  Vacùon  de  la  jambe  du  côté 
vers  lequel  on  veut  oblic[uer.  C'est  pour  éviter 
Tacculement,  pour  entretenir  ou  donner  Tim- 
pulsion.  Mais  lorsque  le  cheval  conserve  faci- 
lement son  équilibre,  s'il  a  un  degré  d'action 
suffisant,  on  doit  s'en  passer.  On  doit  de 
même  se  passer  de  l'autre  dès  qu'elle  a  indiqué 
la  direction,  dans  les  pas  de  côté,  la  tète  au 
mur,  la  croupe  au  mur,  etc.    • 

Enfin  le  cheval  marchant  au  pas  et  de  deux 
pistes,  demander  par  des  demi-arréts,  sans 
s'aider  des  jambes,  l'enlever  au  galop  sur  les 
hanches.  Se  contenter  d'abord  d'un  pas  ou 
deux.  Il  est  entendu  que  dès  que  l'action  dimi- 
nue ou  cesse,  la  main  rend  tout,  n'agit  plus,  et 
que  les  jambes  redonnent  l'impulsion. 

La  main  ensuite  recommence  à  demander 
l'enlever  au  galop. 

Pour  obtenir  cet  enlever  au  galop,  les  demi- 


DRESSAGE   METHODIQUE. 


arrêts  se  donnent  sur  Tune  ou  Tautre  rêne  selon 
le  cas,  ou  bien  sur  les  deux  à  la  fois. 

Ainsi,  si  c'est  le  devant  qui  est  chargé  de 
poids,  qui  paraît  lourd,  la  rêne  du  côté  où  Ton 
va  doit  agir  principalement  ou  même  seule. 

Si  c'est  le  derrière  qui  reste  en  retard  sur 
Tavant-main,  c'est  l'autre  rêne  qui  doit  donner 
les  demi-arrêts  pour  chasser  les  hanches  par 
une  opposition.  C'est  une  question  de  tact. 

S'attacher  à  ce  que  ces  effets  de  main  soient 
bien  des  demi-arrêts  et  non  des  saccades. 

Demander  ainsi  des  enlevers  au  galop  de 
deux  pistes  en  changeant  de  main  diagonale- 
ment,  dans  le  mouvement  de  la  tête  ou  de  la 
croupe  au  mur,  etc. 

Ne  faire  agir  la  main  que  quand  l'action  se 
soutient  bien  au  pas.  Dès  qu'elle  meurt,  plus  de 
main  et  alors  les  jambes. 

De  même,  une  fois  l'allure  du  galop  sur  les 
hanches  obtenue,  si  l'action  ne  se  continue 
pas,  cesser  tout  effet  de  main,  et  employer  les 
jambes. 

Se  contenter,  dans  le  principe,  de  deux  ou 
trois  pas  de  galop  de  deux  pistes  sans  jambes. 

Arrêter  souvent:  décontracter. 


ASSEMBLER.  141 


Donner  fréquemment  au  cheval  quelques  mi- 
nutes de  repos  et  d'absolue  immobilité  dans 
un  équilibre  parfait. 

Demander,  dans  le  même  ordre  d'idées,  des 
voltes  et  des  demi-voltes  de  deux  pistes  sans 
se  servir  des  jambes  tant  qu'on  le  peut. 

Préparer  les  pirouettes  ordinaires  au  galop 
sans  jambes,  par  des  demi-voltes  serrées  sans 
exagération  et  exécutées  par  la  main  seule. 

Prendre  garde  à  Tacculement  avec  les  che- 
vaux qui  reviennent  très  facilement  sur  eux.  La 
main  doit  alors  redoubler  de  délicatesse. 

Pour  exécuter  la  demi-pirouette  ordinaire 
elle-même,  alterner  dans  le  commencement  les 
effets  de  main  avec  l'action  des  jambes.  En 
évitant  de  les  produire  ensemble,  on  arrive 
assez  promptement,  dans  ce  travail,  à  se  passer 
complètement  des  jambes. 

Départs  au  Galop  parles  Jambes  seules.  —  Pour 
parfaire  l'équilibre  du  cheval,  il  est  bon,  non 
seulement  de  l'exercer  à  s'enlever  au  galop  par 
la  main  seule,  mais  de  chercher  inversement  à 
obtenir  des  départs  à  cette  allure  en  ne  se  ser- 
vant que  des  jambes. 


142  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Pour  cela,  les  rênes  étant  sur  le  cou,  ou  te- 
nues par  leur  extrémité  sans  qu'elles  aient 
d'action  sur  la  bouche,  appuyer  en  marchant 
au  pas,  la  jambe  gauche,  par  exemple,  au  flanc 
du  cheval  et  faire  agir  en  même  temps  la  jambe 
droite  un  peu  plus  en  avant  et  par  petits  à- 
coups  successifs,  jusqu'à  ce  que  l'enlever  au 
galop  à  droite  se  soit  produit. 

Si,  au  moment  du  contact  des  jambes,  l'ani- 
mal prend  le  trot,  les  relâcher  entièrement,  et 
empêcher  par  un  ou  plusieurs  demi-arrêts  le 
poids  de  se  porter  en  avant.  L'allure  du  pas 
une  fois  rétablie,  recommencer  à  demander 
par  les  jambes  seules  le  départ  à  droite. 

Dès  que  ce  résultat  est  obtenu,  alterner  les 
enlevers  au  galop  par  la  main  avec  les  départs 
par  les  jambes. 

Exécuter  ce  même  travail  sur  le  pied 
gauche. 

Passer  ensuite  du  pas  au  trot  par  une  pres- 
sion égale  et  progressive  des  deux  jambes. 

Mais  la  différence  entre  les  moyens  à  em- 
ployer pour  obtenir  ainsi  le  galop  ou  le  trot  est 
plutôt  du  ressort  du  tact  équestre  que  du  do- 
maine de  la  théorie. 


ASSEMBLER.  143 


Départs  au  Galop  par  la  Rêne  et  la  Jambe  du  côté 
opposé  au  Pied  demandé  sans  traverser  le  Cheval. 
—  Il  nous  reste  à  dire  maintenant  comment  on 
peut  arriver  à  produire  le  départ  au  galop  par 
les  aides  latérales  (rêne  et  jambe)  du  côté  op- 
posé au  pied  demandé,  le  cheval  restant  bien 
droit  d'épaules  et  de  hanches. 

Cette  manière  d'obtenir  le  galop  trouve  son 
application  surtout  dans  Téquitation  du  dehors. 
Elle  présente  cet  avantage  que  le  cavalier  se 
sert  alors  toujours,  pour  mettre  son  cheval  à 
cette  allure,  des  mêmes  moyens,  depuis  le 
commencement  jusqu'à  la  fin  du  dressage. 

On  prépare  ce  travail  comme  il  suit. 

Le  cheval  étant  bien  léger  et  maintenu  sur 
un  cercle  à  droite  de  petit  diamètre  au  moyen 
de  l'appui  de  la  rêne  gauche  (bride  ou  filet)  sur 
l'encolure,  obtenir  le  galop  à  droite  en  passant 
au  besoin  par  le  petit  trot,  mais  en  se  servant 
de  la  rêne  et  de  la  jambe  gauches  comme  agents 
principaux. 

La  rêne  gauche  doit  être  l'aide  prédominante 
et  pousser  en  quelque  sorte  l'avant-main  vers 
la  droite,  le  bout  du  nez  du  cheval  restant  un 
peu  à  gauche;  et  la  jambe  gauche  du  cavalier, 


144  DRESSAGE    METHODIQUE. 

tout  en  communiquant  Faction  nécessaire,  doit 
éviter  de  traverser  Fanimal  dont  les  épaules  et 
les  hanches  restent  ainsi  sur  le  cercle  décrit. 

Quand  ce  travail  préparatoire  s'exécute  con- 
venablement à  chaque  main,  il  faut  arriver  à 
obtenir  les  départs  au  galop  sur  la  ligne  droite, 
le  cheval  restant  bien  droit,  et  cela  en  se  servant 
toujours  de  la  rêne  et  de  la  jambe  opposées  au 
pied  demandé. 

Il  s'agit  alors  de  donner  la  position  en  repor- 
tant le  poids  d'abord  légèrement  d'avant  en  ar- 
rière, et  en  le  poussant  ensuite,  pour  ainsi  dire, 
vers  la  droite  et  en  avant. 

Pour  cela,  le  cheval  étant  léger  et  ramené, 
pour  demander  le  galop  à  droite,  par  exemple, 
en  partant  du  pas  ou  du  petittrot,  élever  la  main 
en  la  rapprochant  du  corps,  la  rêne  gauche 
agissant  à  peu  près  seule  dans  ce  demi-arrêt 
avec  une  intensité  progressive  et  savamment 
graduée;  et  terminer  cet  effet  en  reportant  la 
main  vers  la  droite  de  manière  à  produire  sur 
Tencolure,  avec  la  même  rêne  gauche,  une  lé- 
gère pulsion  vers  la  droite.  Mais  au  moment 
où  la  main  commence  Teffet  en  question,  la 
jambe  gauche  doit  agir  par  une  pression  pro- 


ASSEMBLER.  145 


portionnée  au  surcroît  d'impulsion  nécessaire, 
dans  le  cas  où  Tanimal  n'a  pas  le  degré  d'action 
suffisant  pour  l'enlever  au  galop. 

L'appui  de  la  rêne  gauche  sur  l'encolure  tend 
à  produire  un  certain  pli  à  gauche,  c'est-à-dire 
à  faire  avancer  légèrement  le  bout  du  nez  et  la 
croupe  vers  la  gauche  pendant  que  les  épaules 
sont  poussées  vers  la  droite.  La  pression  déli- 
cate de  la  jambe  gauche  ne  doit  donc  plus  tra- 
verser le  cheval. 

Il  faut  d'ailleurs  que  la  rêne  droite  empêche, 
s'il  est  nécessaire,  le  bout  du  nez  de  se  contour- 
ner vers  la  gauche  et  qu'elle  soit,  comme  la 
jambe  droite,  prête  à  intervenir  en  cas  de  be- 
soin. 

Recomm'encer  ces  demi-arrêts  jusqu'à  ce 
que  le  galop  ait  été  obtenu,  et  demander,  bien 
entendu,  le  départ  sur  chaque  pied. 

Rester  longtemps  sur  ce  travail  et  l'entrecou- 
per d'arrêts  fréquents  suivis  de  reculer. 

Le  cheval  étant  bien  léger,  partir  aussi  du 
reculer  au  galop  par  les  effets  en  question. 

Arriver  comme  précédemment  à  se  passer  le 
plus  possible  et  même  entièrement  des  jambes 
pour  ces  départs. 

19 


146 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


Il  est  à  remarquer  que  cette  manière  de 
demander  le  galop  a  la  plus  grande  analogie 
avec  l'action  de  «  rouler  »  dont  on  se  sert  sou- 
vent à  la  fin  d'une  course  pour  faire  donner  à 
un  cheval  tous  ses  moyens,  en  la  répétant  à 
chaque  foulée  des  membres  antérieurs. 


CHAPITRE    II 


DU    GRAND    TROT 


|ravail  au  grand  Trot. —  Quand  le  tra- 
vail du  galop  commence  à  se  bien 
exécuter  et  que  Tanimal  reste  facile- 
ment à  la  position  renfermée,  rassemblée,  qui 
convient  à  cette  allure,  c'est  le  moment  de 
l'exercer  à  détendre  de  temps  à  autre  tous  ses 
ressorts  en  s'efforçant  de  le  maintenir  néan- 
moins léger  et  ramené. 

Pour  cela  on  prend  d'abord  le  petit  trot 
et,  quand  Tallure  est  bien  réglée,  on  allonge 
progressivement. 

Il  arrive  parfois  qu'un  cheval  ayant  de  gran- 
des dispositions  à  engager  ses  jarrets,  à  se  ras- 
sembler, devient  difficile  à  maintenir  au  trot 
même  ralenti,  à  la  suite  des  exercices  du  galop. 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


Dans  ce  cas,  il  faut  cesser  entièrement  de  de- 
mander cette  dernière  allure  pendant  un  cer- 
tain temps,  jusqu'à  ce  que  le  trot  redevienne 
très  facile. 

Du  reste,  lorsqu'une  position  arrive  à  être 
très  familière  à  un  animal,  c'est  toujours  aux 
dépens  de  la  facilité  avec  laquelle  il  prend  les 
autres.  Il  ne  faut  plus  alors  lui  donner,  jusqu'à 
nouvel  ordre,  que  celles  qu'il  a  de  la  peine  à 
conserver. 

Si  le  grand  trot  ne  se  dessine  pas  franche- 
ment, ou  si  la  légèreté  se  perd,  arrêter  court,  dé- 
contracter et  repartir.  Recommencer  vingt  fois, 
si  c'est  nécessaire,  à  décomposer,  jusqu'à  ce  que 
le  cheval  entamefranchement  l'allure  demandée. 

Ce  principe  est  du  reste  aussi  bien  applica- 
ble au  galop  qu'au  grand  trot. 

Chaque  foulée  doit  être  bien  semblable  à  sa 
voisine  en  vitesse  et  en  cadence. 

Soigner  surtout  le  départ,  le  premier  pas. 

Ne  pas  chercher  dans  les  commencements  à 
rétablir  l'équilibre  en  marchant  : 

Arrêter,  décontracter,  et,  le  calme  et  la  légè- 
reté revenus,  mais  pas  auparavant,  redeman- 
der le  grand  trot. 


ASSEMBLER.  149 


Descentes  de  Main.  —  Dès  que  Fallure  est 
bien  franche  et  bien  décidée,  si  la  légèreté  per- 
siste, baisser  la  main  qui  tient  par  leur  extré- 
mité les  rênes  nouées  comme  toujours,  et  ne 
plus  les  faire  agir  tant  que  le  cheval  conserve 
son  équilibre.  On  doit  arriver  ensuite  progres- 
sivement à  les  lâcher  entièrement  en  se  tenant 
prêt  à  tout  événement.  On  les  reprend  adroite- 
ment et  prestement  dès  qu'il  y  a  lieu  de  s'en 
servir  de  nouveau. 

Tâcher  dès  lors  que  Tanimal  s'en  aille  libre 
et  sans  gène,  la  tète  haute  etplacée,rencolure  se 
soutenant  d'elle-même;  laisser  les  rênes  sur  le 
cou  tant  que  l'équilibre  reste  intact.  Mais  repren- 
dre le  cheval  dès  qu'il  s'abandonne,  dès  qu'il 
baisse  son  encolure  ou  qu'il  augmente  son  allure. 

Dehors,  au  grand  trot,  il  n'est  pas  nécessaire 
que  l'animal  mâche  son  mors  quand  il  se  livre 
bien.  Il  suffit  qu'il  ne  tire  pas,  qu'il  ait  l'encolure 
haute,  la  tête  restant  moelleusement^.re  à  une 
position  voisine  de  la  perpendiculaire,  et 
qu'il  s'en  aille  énergiquement  et  bien  droit 
devant  lui,  mais  prêt  à  faire  jouer  son  mors, 
si  le  cavalier  vient  à  se  servir  des  rênes  pour 
une  raison  quelconque. 


CHAPITRE   III 


DES  CHANGEMENTS  DE  PIED  AU  GALOP 


I AN  1ÈRE  d'arriver  dans  les  Commence- 
ments au  Changement  de  Pied.  —  Pour 
apprendre  au  cheval  à  changer  de 
pied  au  galop  à  la  volonté  du  cavalier,  exécuter 
un  changement  de  main  diagonal  à  cette  allure 
en  tenant  les  hanches,  de  façon  à  le  terminer  à 
quatre  pas  au  moins  du  coin  et  à  avoir  ainsi 
le  temps  d'agir  avant  que  Tanimal  s'incline 
pour  tourner. 

En  arrivant  à  la  piste  opposée,  pousser  avec 
les  jambes  en  faisant  prédominer  celle  du  côté 
extérieur.  Recevoir  aussitôt  le  poids  sur  la  main 
qui  se  porte  alors  vers  le  mur  en  faisant  agir 
principaleinent  la  rêne  du  dehors. 

On   doit   donc   employer    d'abord    comme 


ASSEMBLER.  i5i 


aides  principales  la  rêne  et  la  jambe  opposées 
au  pied  demandé,  afin  de  vaincre  les  résistan- 
ces assez  sérieuses  qu'amène  chez  Tanimal 
rignorance  de  ce  que  cherche  à  obtenir  le 
cavalier. 

Si  Ton  ne  réussit  pas  dès  les  premières  fou- 
lées, passer  au  pas. 

Se  contenter  dans  le  principe  d'un  seul 
changement  de  pied  obtenu  à  Tune  et  à  Tautre 
main. 

Quand  le  cheval  les  fait  facilement  ainsi,  il 
faut  les  demander  en  restant  sur  les  pistes,  mais 
en  se  servant  encore  de  la  rêne  et  de  la  jambe 
opposées  au  pied  demandé. 

Si  ranimai  fait  des  difficultés  pour  changer 
de  pied,  si  ses  résistances  se  prolongent  et  s'il 
se  détraque  momentanément,  passer  au  pas. 

Rétablir  le  calme,  l'équilibre,  et  repartir  au 
galop  pour  essayer  de  nouveau  le  changement 
de  pied. 

Changement  de  Pied  par  la  Rêne  et  la  Jambe  du 
côté  du  Pied  demandé.  —  Dès  que  ces  mouve- 
ments deviennent  familiers  au  cheval,  il  faut 
essayer  de  les  obtenir  par  les  moyens  suivants  : 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


Pour  changer  de  gauche  à  droite  par  exemple, 
jambe  droite  et  aussitôt  petit  demi-arrét  sur 
la  rêne  droite. 

La  jambe  droite  ne  doit  pas  agir  tout  à  fait 
en  même  temps  que  la  main.  Elle  pousse  en 
avant.  La  main  reçoit  le  poids  et  donne  la  posi- 
tion. Il  faut  pour  cela  employer  peu  de  force  et 
mettre  beaucoup  de  délicatesse  dans  ses  effets. 

Au  moment  du  changement  de  pied,  le  che- 
val ne  doit  pas  augmenter  son  allure.  En  pareil 
cas,  arrêter  court;  décontracter  puis  recom- 
mencer. 

Décomposer  plus  que  jamais  pour  ce  travail. 
Presque  pas  de  jambes.  Le  cheval  doit  chan- 
ger de  lui-même.  Éviter  de  renverser.  Alterner 
souvent  la  bride  et  le  filet. 

Du  reste,  un  cheval  bien  équilibré  au  galop  a 
presque  toujours  assez  d'action  pour  que  la 
main  puisse  demander  le  changement  de  pied 
en  agissant  sans  le  secours  des  jambes.  Elle  doit 
donner  par  un  petit  demi-arrét,  appliqué  sur  la 
rêne  du  côté  du  pied  cherché,  la  position  qui 
suffit  alors  à  produire  le  changement  de  pied. 

Changement  de  Pied  sans  le  Secours  des  Jambes. 


A8SKMBI.ER.  i5'3 


—  Avec  un  animal  qui  a  assez  d'action,  ne  pas 
se  servir  du  tout  des  jambes.  C'est  afin  d'évi- 
ter que  le  derrière  ne  change  avant  le  devant. 

Il  faut  du  reste  bien  distinguer  les  cas  parti- 
culiers qui  se  présentent.  Ainsi,  lorsque  au 
contraire  un  cheval  a  peu  d'impulsion  et  qu'il 
est  à  craindre  qu'après  ïeÏÏet  de  la  main  il  ne 
lui  en  reste  plus  suffisamment  pour  que  le 
changement  de  pied  se  fasse,  les  jambes  doi- 
vent agir  d'abord,  celle  du  côté  du  pied  de- 
mandé un  peu  plus  que  l'autre,  et  même  seule 
s'il  est  possible.  Alors  et  presque  instantané- 
ment la  main  donne  la  position  et  le  mouve- 
ment suit. 

Mais  il  faut  toujours  en  arriver  après  un 
temps  plus  ou  moins  long  à  faire  ce  travail  en 
se  passant  complètement  du  secours  des  jambes. 

Quand  l'allure  du  galop  est  bien  réglée,  la 
légèreté  complète,  et  qu'on  juge  l'action  suffi- 
sante, bien  sentir  la  bouche  de  Tanimal  pour 
que  l'effet  de  la  main  ne  soit  point  une  saccade, 
et  ensuite  agir  par  demi -arrêts  (un,  deux, 
trois,  etc.,  s'il  est  nécessaire)  sur  la  rêne  du 
côté  du  pied  demandé,  en  portant  légèrement 
la  main  du  côté  opposé. 


i34  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Continuer  les  demi-arrêts  sans  en  augmenter 
la  force  jusqu'à  ce  que  le  cheval  ait  exécuté  le 
changement  de  pied.  En  un  mot,  donner  la 
position  qui  doit  engendrer  le  mouvement  et 
ne  pas  chercher  le  moui'emeut  qui  doit  être 
une  conséquence  de  la  position. 

Si  le  cheval  se  ralentit,  pousser  par  les  jam- 
bes, par  l'éperon  au  besoin,  jusqu'à  ce  que 
l'on  ait  obtenu  une  impulsion  suffisante  ;  mais 
alors,  pendant  Faction  des  jambes,  plus  du 
tout  de  main  et  ne  pas  demander  le  change- 
ment de  pied.  Point  important. 

Donc,  Faction  paraissant  suffisante,  donner 
la  position.  Si  en  donnant  la  position,  l'action 
meurt,  abandonner  la  position,  pousser  en 
avant  sans  main,  par  les  jambes  ou  l'éperon, 
puis  alors  redonner  la  position.  Le  mouve- 
ment doit  venir  seul  dès  qu'on  a  l'action  et  la 
position. 

Avec  un  cheval  chez  lequel  les  demi-arrêts, 
même  peu  marqués,  prennent  sur  l'impulsion, 
se  borner  à  une  vibration  légère  sur  la  rêne  du 
côté  du  pied  demandé,  en  portant  la  main  du 
côté  opposé. 

Continuer  la  vibration  jusqu'à  l'obtention  du 


ASSEMBLER. 


changement  de  pied.  Mais  pas  de  jambes  pen- 
dant cette  vibration.  Les  jambes  augmentent  la 
contraction  que  la  main  rencontre,  et  alors  ce 
n'est  plus  que  par  une  suite  d'efiets  de  force, 
de  mouvements  saccadés,  heurtés,  que  le  chan- 
gement de  pied  est  obtenu. 

Dans  ce  travail,  lâcher  complètement  les 
rênes  aussitôt  que  Tanimal  a  changé  de  pied. 
C'est  le  meilleur  moyen  de  se  bien  rendre 
compte  de  l'effet  produit  par  la  main  et  de  sa- 
voir si  réquilibre  persiste,  si  le  poids  ne  vient 
pas  trop  en  avant,  etc. 

Reprendre  le  filet  ou  la  bride  avec  beaucoup 
de  délicatesse  dès  qu'il  y  a  lieu,  ou  pour  de- 
mander de  nouveaux  changements  de  pied. 

Le  cheval  apprécie  très  bien  la  différence 
entre  l'abandon  complet  des  rênes  sur  le  cou, 
et  la  simple  descente  de  main  pendant  laquelle, 
si  elles  ne  font  plus  d'effet  sur  la  bouche,  elles 
n'en  sont  pas  moins  tenues  par  leur  extré- 
mité. 

Au  fur  et  à  mesure  que  le  dressage  se  per- 
fectionne, les  changements  de  pied  demandés 
sans  le  secours  des  jambes  doivent  s'obtenir 
par  de  simples  indications  de  rênes,  sans  qu'il 


i36  DRESSAGE    jMETHOD  1  QU  E. 

soit    besoin  de  recourir  aux    demi-arréts   ou 
même  à  la  vibration. 

Changements  de  Pied  demandés  par  les  Jambes 
seules.  —  Arriver  alors,  comme  exercice,  aux 
changements  de  pied  demandés  par  les  jambes 
sans  l'aide  de  la  main. 

Pour  cela,  tenir  d'abord  les  rênes  demi-ten- 
dues pour  réprimer  au  besoin  Taccélération  de 
Tallure. 

Puis  les  prendre  par  leur  extrémité  et  ne  s'en 
servir  qu'autant  que  cela  est  absolument  néces- 
saire, et  encore  leur  action  doit-elle  être  alors 
presque  nulle. 

Enfin  les  laisser  tout  à  fait  sur  le  cou. 

On  ne  peut  dire  d'une  façon  absolue  quelle 
est  la  jambe  qui  doit  avoir  dans  ce  travail  l'effet 
prédominant. 

C'est  au  cavalier  à  le  sentir;  mais  en  dehors 
des  cas  particuliers,  c'est  celle  qui  est  opposée 
au  pied  cherché. 

Quand  les  jambes  demandent,  si  Faction 
augmente,  elles  doivent  aussitôt  se  relâcher.  La 
main  rétablit  la  cadence  primitive,  et  les  jambes 
recommencent  alors  à  donner  la  position. 


ASSEMBLER. 


07 


Entremêler  ce  travail  de  changements  de 
pied  demandés  par  la  main  seule.  Agir  avec 
une  extrême  délicatesse  dès  qu'il  n'y  a  plus  trop 
de  poids  sur  le  devant. 

Une  vibration  suffit  alors,  car  les  demi-arrêts 
rendraient  le  cheval  inquiet  et  hésitant,  du  mo- 
ment qu'il  n'y  a  plus  lieu  d'alléger  Tavant- 
main. 

Les  changements  de  pied  par  les  jambes  ser- 
vent à  remettre  dans  le  mouvement  en  avant, 
après  un  travail  où  la  main  seule  a  eu  beaucoup 
à  agir. 

Changements  de  Piedrépétés.  —  L'essentiel  est 
que  le  cheval  sache  exécuter  un  changement  de 
pied  parfait  de  gauche  à  droite  et  de  droite  à 
gauche,  à  des  intervalles  même  assez  longs 
dans  le  principe. 

Dès  qu'il  fait  ces  mouvements  d'une  manière 
irréprochable,  ce  n'est  plus  rien  de  les  lui  faire 
répéter  à  de  petites  distances,  qu'on  rapproche 
alors  de  plus  en  plus,  pour  arriver  plus  tard  aux 
changements  de  pied  au  temps,  c'est-à-dire 
renouvelés  à  chaque  temps  de  galop. 

Pour  préparer  le  cheval  à  ces  exercices  qui 


i58  DRESSAGE    METHODIQUE. 

exigent  de  la  part  du  cavalier  beaucoup  de 
tact  et  de  finesse,  il  faut  bien  se  pénétrer  des 
recommandations  suivantes  : 

Quand  on  demande  le  changement  de  pied, 
dès  qu'on  sent  Faction  suffisante,  commencer 
par  rapprocher  la  main  du  corps,  pour  reporter 
légèrement  le  poids  en  arrière,  et  alors  seule- 
ment porter  un  peu  la  main  du  côté  opposé  au 
pied  cherché.  Ne  pas  se  presser;  donner  la 
position  et  laisser  faire  le  chepal. 

Tenir  ses  rênes  dans  une  seule  main  (bride 
ou  filet).  Ne  pas  la  porter  trop  sur  le  côté; 
presque  pas  de  déplacement  latéral,  surtout 
dans  les  changements  de  pied  répétés. 

La  main  marque  un  demi-temps  d'arrêt  en 
se  rapprochant  du  corps,  et  se  déplace  à  peine 
vers  la  droite  ou  vers  la  gauche. 

Mais,  dans  les  commencements,  ne  pas 
craindre  de  bien  enlever  le  devant  par  un  demi- 
arrét  un  peu  énergique,  afin  de  dégager  les 
épaules  qui  souvent  pour  ce  travail  sont  trop 
chargées. 

Bien  sentir  si  le  cheval  est  prêt,  avant  de 
demander  les  changements  de  pied  :  pousser 
ou    ralentir    au    besoin,    mais    ne    pas   faire 


ASSEMBLER.  169 


agir  en  même  temps  la  main   et  les  jambes. 

S'il  devient  nécessaire  de  décomposer,  être 
modéré  dans  Tapplication  des  demi-arrêts.  Pas 
de  saccades  ni  de  brusquerie.  Beaucoup  de 
calme.  L'équilibre  une  fois  rétabli,  repartir  au 
galop  et  attendre  un  peu ,  avant  de  recommencer 
à  changer  de  pied. 

Pour  arriver  aux  changements  aux  deux 
temps  ou  au  temps,  n'en  demander  que  deux 
d'abord,  puis  passer  au  pas.  Recommencer,  et 
ainsi  de  suite.  Se  servir,  bien  entendu,  de  la 
main  seule,  et  tâcher  de  bien  saisir  «  le  temps  »  ; 
abaisser  le  poignet  après  chaque  demande. 

Augmenter  petit  à  petit  le  nombre  des  chan- 
gements de  pied  aux  deux  temps  ou  au  temps. 

Faire  bien  attention  à  ce  que  l'action  soit 
suffisante.  Se  montrer  très  exigeant.  Que  le 
devant  et  le  derrière  changent  bien  en  même 
temps.  Beaucoup  de  délicatesse  dans  la  main. 

Si  l'allure  augmente,  si  le  cheval  s'affole  un 
peu,  si  l'équilibre  s'altère,  cesser  de  demander 
le  mouvement,  et,  au  besoin,  décomposer  : 
arrêter,  décontracter  avant  de  recommencer. 

Il  faut  que  le  dressage  soit  déjà  bien  avancé 
pour  qu'on  puisse   rétablir  l'équilibre  à   l'ai- 


t6o  DRESSAGE    METHODIQUE. 

lure  du  galop  ou  même  du  pas,  quand  il  y  a 
eu  du   désordre. 

Éviter  surtout  de  demander  ce  travail  de 
précision  à  un  cheval  fatigué,  énervé,  mouillé 
de  sueur,  ce  qui  obligerait  à  Tobtenir  par  la 
force.  Il  faut  que  Tanimal  reste  frais  pour  ces 
leçons  difficiles.  Que  ce  soit  pour  lui  un  jeu  en- 
tremêlé de  repos  et  de  récompenses. 

Changements  de  Pied  par  les  Aides  opposées 
au  Pied  demandé,  le  Cheval  restant  droit  d'Epaules 
et  de  Hanches.  —  Quand  un  cheval  part  facile- 
ment au  galop  sans  se  traverser  au  moyen  de  la 
rêne  et  de  la  jambe  opposées  au  pied  demandé, 
on  peut  arriver  aussi  à  obtenir  le  changement 
de  pied  par  le  même  effet  latéral,  en  le  main- 
tenant droit  d'épaules  et  de  hanches. 

On  Texerce  d'abord  à  changer  de  pied  par 
Faction  de  ces  deux  aides,  en  le  traversant  légè- 
rement s'il  est  nécessaire. 

Puis  on  demande  le  changement  de  pied  de 
droite  à  gauche,  par  exemple,  absolument 
comme  il  a  été  prescrit  d'agir  pour  faire  passer 
un  cheval  du  pas  au  galop  à  gauche,  sans  le 
traverser,  par  l'emploi  de  la  rêne  et  de  la  jambe 


ASSEMBLER.  i6i 


droites.  On  doit  s'attacher  alors  à  maintenir 
ranimai  bien  droit  d'épaules  et  de  hanches. 

Comme  ci-dessus  également,  il  faut  s'efforcer 
de  se  servir  le  moins  possible  du  secours  de  la 
jambe  et  d'arriver  même  à  s'en  passer  tota- 
lement. 

La  main  doit  redoubler  de  finesse  et  se  dé- 
placer à  peine  latéralement  lorsqu'elle  marque 
son  demi-temps  d'arrêt  terminé  par  une  sorte 
de  pulsion  vers  le  coté  du  pied  demandé. 

Foule  au  Galop.  —  Pour  exécuter  la  foule  au 
galop,  on  fait  des  départs  en  tous  sens  et  sur 
chaque  pied  au  milieu  du  manège.  On  tourne 
souvent  et  très  court.  On  change  de  pied,  on 
arrête,  on  repart,  etc.  Bien  veiller  à  ce  que  la 
position  donnée  par  la  main  ne  prenne  pas  sur 
l'impulsion.  Dans  ce  cas,  chasser  en  avant  par 
les  jambes  avant  de  redonner  la  position. 


CHAPITRE    IV 


DU    GALOP    ALLONGE 


[uGMENTERde  plus  Gii  plus  la  Vitesse  du 
Galop.  —  La  légèreté  et  le  ramener 
étant  constants  ait  galop  modéré,  il 
faut  allonger  progressivement  cette  allure, 
c'est-à-dire  prendre  successivement  des  vitesses 
de  plus  en  plus  grandes,  mais  chaque  fois  uni- 
formes et  bien  réglées,  sans  que  le  cheval  dé- 
place sa  tète  et  devienne  pesant  à  la  main. 

La  mobilité  de  la  mâchoire  diminue  néces- 
sairement quand  le  train  augmente. 

Elle  doit  reparaître  quand  la  main  agit  sur  la 
bouche  pour  reporter  le  poids  en  arrière  et 
obtenir  un  ralentissement. 

Exercer  le  Cheval  à  s'arrêter  en  marchant  à  un 


assemuli:r.  if,3 


Galop  rapide.  —  On  exerce  ensuite  Tanimal  à 
des  arrêts  sur  place  en  marchant  au  grand 
galop. 

Se  rappeler  pour  cet  exercice  que  si,  avant 
•toute  nouvelle  exigence,  il  faut  avoir  retrouvé 
la  légèreté,  on  doit,  lorsqu'on  Ta  obtenue,  et 
qu'on  demande  un  mouvement,  employer  une 
force  énergique^ pî'ogressipe  et  savamment  gra- 
duée jusqu'à  l'obtention  du  résultat  cherché. 

Il  faut  donc,  quand  on  exerce  un  cheval  à 
s'arrêter  en  marchant  au  grand  galop,  agir  au 
besoin  très  fortement  d'abord  avec  les  poignets 
jusqu'à  ce  que  leur  effet  d'élévation  ait  produit 
l'immobilité.  Reculer  alors  immédiatement. 

En  répétant  ces  exercices  avec  progression  et 
intelligence,  on  arrive  à  passer  facilement  de 
la  charge  à  l'arrêt  par  un  simple  effet  de  main, 
sans  se  servir  ni  de  l'éperon,  ni  même  des 
jambes. 


CHAPITRE  V 


DES    SAUTS    D'OBSTACLES 


u AND  on  doit  commencer  les  Sauts  d'Ob- 
stacles. —  Il  ne  faut  pas  faire  sau- 
ter le  cheval  monté  avant  que  le 
dressage  ait  donné  au  cavalier  des  moyens 
absolument  certains  de  Tamener  sur  un  objet 
quelconque,  quelle  que  soit  Tappréhension 
qu'il  puisse  en  avoir. 

C'est  Teffet  d'ensemble  sur  l'éperon  qui  seul 
permet  à  l'homme  de  forcer  l'animal  à  se  jeter 
sur  un  obstacle  qui  Teffraie  ou  qu'il  ne  veut 
pas  franchir. 

C'est  donc  seulement  quand  le  cheval  a  bien 
compris  la  leçon  de  l'éperon  que  le  cavalier  en 
selle  doit  commencer  à  l'exercer  aux  sauts  en 
hauteur  ou  en  largeur. 


ASSEMBLER.  i65 


Mais  auparavant  il  a  dû  être  longuement 
accoutumé  à  passer  à  la  longe  ou  en  liberté 
toutes  les  variétés  d'obstacles  qu'il  pourra  ren- 
contrer sous  le  cavalier. 

Du  moment  où  Tanimal  a  reçu  cette  éduca- 
tion préliminaire,  et  qu'on  possède  le  moyen 
assuré  de  Tempécher  de  se  dérober  et  de  l'obli- 
ger à  se  lancer  sur  n'importe  quel  obstacle,  il 
ne  s'agit  plus  que  de  l'exercer  avec  méthode  à 
franchir,  monté,  ce  qu'il  a  été  habitué  à  sau- 
ter sans  cavalier. 

On  ne  saurait  trop  recommander  pour  ces 
exercices  de  laisser,  pendant  la  durée  du  saut, 
le  cheval  libre  de  disposer  sa  tète,  son  enco- 
lure et  tous  ses  ressorts,  comme  la  nature  le 
lui  indique. 


:0     ,5     ^ 


CHAPITRE  VI 

HABITUER  LE  CHEVAL  AUX  BRUITS 
DE  GUERRE,  ET  AUX  OBJETS  EFFRAYANTS 


ROGRESSiON  à  suivre  pour  familiariser 
le  Cheval  avec  tout  ce  qui  l'effraie.  — 
Pour  habituer  un  cheval  au  bruit 
des  tambours,  de  la  musique,  aux  drapeaux, 
etc.,  c'est  dans  le  silence  du  manège,  et  non 
dehors,  qu'il  faut  donner  la  leçon. 
On  doit  suivre  une  grande  gradation. 
Pour  le  tambour,  par  exemple,  on  com- 
mence par  quelques  coups  de  baguette.  Dès 
que  ranimai  s'inquiète,  cesser  le  bruit,  cal- 
mer, flatter,  recommencer,  etc. 

Donner  cette  leçon  avec  le  tambour  arrêté 
d'abord,  puis  marchant  vers  le  cheval.  Tout 
est  dans  la  progression. 


ASSEMBLER. 


167 


Pour  le  feu,  se  tenir  loin  au  début,  très  loin 
même,  puis  se  rapprocher  insensiblement. 

S'il  s'agit  d\m  objet  dont  Tanimal  a  peur, 
se  bien  garder  de  chercher  par  la  vigueur  à  le 
porter  sur  Tobjet.  Laisser  au  contraire  le  che- 
val aussi  éloigné  qu'il  le  désire  du  sujet  de 
son  effroi.  Mais  tout  rendre.  Se  servir  le 
moins  possible  des  rênes  et  des  jambes.  Passer 
et  repasser  plusieurs  fois  loin  d'abord  et 
ensuite  de  plus  en  plus  près,  à  mesure  que 
l'animal  fait  moins  attention  à  l'objet  qui 
l'avait  effrayé  au  début. 

Pour  arriver  plus  sûrement  et  plus  vite, 
il  faut  commencer  par  donner  à  pied  toute 
leçon  qui  a  pour  but  d'apprivoiser  un  cheval, 
de  le  rassurer,  de  le  familiariser  avec  ce  qui 
l'inquiète  ou  l'épouvante. 

Voir  d'ailleurs  ce  qui  est  dit  à  ce  sujet  dans  la 
première  partie  delà  «  Progression  du  dressage  » . 


CHAPITRE    VII 


EQUITATION    DE    FANTAISIE.   —   ALLURES 
ARTIFICIELLES 


:s  deux  manières  de  faire  agir  les  Jambes.  — 

Il  y  a  deux  manières  de  se  servir  des  jambes 
quand  on  les  lait  agir  simultanément  et  éga- 
lement. 

La  première  consiste  à  presser  le  corps  de  l'animal  à 
Tcndroit  de  leur  position  normale  et  sans  les  déplacer 
sensiblement. 

Cette  action  des  jambes  pousse,  donne  Timpulsion. 
Elle  sert  de  plus  à  produire  Teffet  d'ensemble,  lequel 
rétablit  l'équilibre,  quand  il  est  nécessaire,  à  toutes  les 
allures,  dans  toutes  les  positions,  dans  tous  les  mouve- 
ments, et  met  les  forces  du  cheval  à  l'entière  disposi- 
tion du  cavalier. 

La  deuxième  manière  d'employer  les  jambes  est  de 
les  porter  d'abord  un  peu  en  arrière  sans  toucher  le  poil, 
et  là,  de  les  coller  moelleusement  aux  flancs. 

Quand  le  cheval  a  appris  à  se  rassembler  facilement, 
cet  effet  produit  et  maintient  l'engagement  des  extré- 


ASSEM15L1:R.  iGcj 


mités  sous  la  masse,  et  favorise  ainsi  la  détente  des  Jar- 
rets de  bas  en  haut,  à  la  condition  que  la  main  oblige 
Faction  à  se  dépenser  en  hauteur. 

11  y  a  donc  avantage  à  s'en  servir  quand  on  demande 
le  piaffer,  qui  n'est  en  somme  que  le  rassembler  régula- 
risé, cadencé. 

Mais  ce  n'est  que  quand  le  piaffer  lui-même  est  devenu 
très  facile  et  bien  rythmé,  qu'il  suffit,  pour  le  produire, 
d'employer  l'effet  en  question. 

Comment  on  arrive  au  Piaffer.  —  Il  faut  dans  le  prin- 
cipe procéder  comme  il  suit  : 

Sentir  d'abord  la  bouche  du  cheval  pour  s'assurer 
que  la  légèreté  est  bonne,  qu'il  n'y  a  pas  trop  de  poids 
en  avant. 

Puis  rendre  et  demander  le  rassembler  par  de  petits 
coups  de  mollets  successifs  et  répétés,  et  enfin  recevoir 
dans  la  main  l'action  ainsi  produite  par  les  jambes  qui 
se  desserrent  aussitôt.  La  main  ne  doit  pas  se  déplacer. 
Elle  reste  Jixe  et  rend  quand  la  mâchoire  se  décon- 
tracte. 

Récompenser  en  caressant  et  arrêter  avant  que  le 
cheval  s'immobilise  de  lui-même. 

Le  plus  possible  de  descentes  de  main  et  de  jambes. 

De  plus,  avoir  comme  précédemment  les  rênes  de  filet 
et  celles  de  bride  nouées,  de  façon  à  pouvoir  alterner  à 
chaque  instant  leur  effet. 

Dès  qu'il  y  a  des  résistances  ou  du  désordre,  décom- 
poser. Ne  pas  chercher  d'abord  à  rétablir  la  légèreté 
pendant  le  piaffer.  Arrêter  puis  décontracter. 

Dès  qu'il  y  a  progrès,  si  léger  qu'il  soit,  récompenser. 

22 


170  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Commencer  le  piaffer  sur  les  pistes  aux  deux  mains, 
puis  le  demander  au  milieu  du  manège. 

Avancer  après  chaque  demande. 

Très  peu  de  mouvements  apparents  des  jambes.  Si 
les  mollets  ne  font  pas  assez  d'effet  dès  leur  approche, 
une  attaque  des  deux  éperons  sans  opposition  de  main, 
pour  augmenter  l'action,  réveiller  l'activité. 

Éviter  toutefois  d'employer  ce  moyen  si  la  queue 
fouaille. 

L'action  étant  ravivée,  chercher  àcadencer,  à  espacer 
les  temps  par  l'appui  moelleux  et  alterné  des  mollets. 

Dès  que  la  cadence  se  dessine,  plus  de  main  ni  de 
jambes. 

De  temps  en  temps  la  cravache  sur  la  croupe  pour 
donner  plus  d'élévation  au  piaffer,  surtout  si  l'on  veut 
activer  le  derrière. 

Etre  très  discret  cependant  dans  l'usage  de  ce  moyen. 
Pendant  qu'on  s'en  sert,  pas  de  jambes;  descente  de 
main.  Après  l'emploi  de  la  cravache,  qui  doit,  quand 
elle  agit,  toucher  en  cadence  la  croupe  pour  marquer 
les  temps,  quelques  appuis  alternés  des  mollets. 

On  essaie  dans  la  suite  de  détruire  les  résistances  sans 
arrêter,  mais  il  est  toujours  plus  sûr  de  décomposer 
quand  elles  se  prolongent. 

Il  faut  éviter  le  plus  qu'on  le  peut,  surtout  dans  les 
commencements,  de  faire  agir  en  même  temps  la  main 
et  les  jambes,  pour  ne  pasj'aire  naître  ainsi  des  contrac- 
.  lions,  des  résistances.  En  effet,  si  l'action  des  jambes  et 
celle  de  la  main  étaient  bien  simultanées  et  équivalentes, 
l'animal  sollicité  par  deux  forces  égales  et  opposées  de- 
vrait s'immobiliser  instantanément. 


ASSEMBLER. 


Résumons  donc  la  gradation  des  demandes  du  cava- 
lier. 

Main,  pour  s'assurer  delà  légèreté'.  Puis  jambes  seules. 
Puis,  s'il  en  est  besoin,  main  seule,  ou  jambes  seules. 
Enfin,  ni  main  ni  jambes  dès  que  le  cheval  continue  de 
lui-même  son  mouvement  régulier.  On  peut  d'ailleurs 
ne  laisser  qu'un  intervalle  à  peine  appréciable  entre 
l'emploi  de  la  main  et  celui  des  jambes. 

Quand,  dans  son  piaffer,  le  cheval  a  la  croupe  de  tra- 
vers, c'est  toujours  parce  qu'il  oppose  à  la  main  une  ré- 
sistance de  forces.  La  croupe  de  travers  est  l'effet.  La 
cause,  c'est  la  résistance  de  forces.  Il  faut  la  détruire.  On 
y  arrive  par  un  «  balancement  de  main,  de  droite  à 
gauche  et  de  gauche  à  droite  »,  sorte  de  vibration  moel- 
leuse et  régulière.  On  commence  ce  balancement  pen- 
dant le  piaffer  et  on  le  continue  tant  qu'il  le  faut,  long- 
temps, si  c'est  nécessaire,  même  si  l'animal  recule 
quelque  peu.  On  se  borne  alors  à  diminuer  l'intensité 
de  l'effet  de  main. 

Dès  que  la  légèreté  vient,  tout  se  redresse;  le  reculer 
cesse;  le  piaffer  devient  bon. 

Le  cheval,  comme  nous  l'avons  dit,  apprécie  très  bien 
la  différence  entre  la  descente  de  main  faite  avec  les 
rênes  tenues  par  leur  extrémité,  et  l'abandon  complet 
des  rênes  sur  le  cou.  Mais  c'est  surtout  dans  le  piaffer 
qu'on  s'en  aperçoit,  quand,  après  les  avoir  relâchées  tota- 
lement sans  que  pour  cela  le  cheval  ait  avancé,  on  les 
laisse  tomber  sur  l'encolure,  ce  qui  doit  se  faire  dès 
qu'on  le  peut.  Il  arrive  alors  souvent,  dans  le  commen- 
cement, que  le  poids  passe  en  avant,  ce  qui  entraîne  la 
masse  dans  ce  sens,  et  oblige  à  reprendre  les  rênes. 


172  DRESSAGE    METHODIQUE. 

Du  Piafifer  en  avançant  ou  Passage.  —  Quand  le  cheval 
piafte  très  bien  sur  place  avec  soutien  et  cadence,  on  de- 
mande le  piatîer  en  avançant;  c'est  le  Passage. 

Dans  cette  allure  artiticielle  on  ne  doit  avancer  que 
très  peu,  de  deux  ou  trois  pouces  environ  à  chaque  fou- 
lée. Pour  que  le  passage  soit  re'gulier  il  faut  qu'il  soit 
très  moelleux;  les  mouvements  doivent  être  arrondis, 
les  membres  se  ployant  gracieusement  en  cadence. 
Il  doit  être  la  conséquence  d'une  concentration  des 
forces,  du  rassembler;  et  ne  pas  sembler  dur  pour  le 
cavalier.  Il  n'a  donc  que  peu  de  rapport  avec  ce  trot 
saccadé,  heurté,  convulsif  et  fort  désagréable  pour 
l'homme,  auquel  on  donne  souvent  le  même  nom. 

Du  Trot  en  arrière.  — ■  On  passe  ensuite  au  piaffer  en 
arrière  ou  trot  en  arrière.  De  même  e^ue  dans  le  passage 
on  ne  doit  avancer  que  de  deux  ou  trois  pouces  environ 
à  la  fois,  de  même,  dans  le  trot  en  arrière,  chaque 
bipède  diagonal  doit  se  poser  à  quelques  centimètres  seu- 
lement en  arrière  de  l'autre,  après  être  resté  un  certain 
temps  au  soutien.  Changer  souvent  de  rênes  pendant 
cet  exercice. 

Du  Passage  de  deux  Pistes.  —  Enfin  on  commence  le 
travail  de  deux  pistes  au  passage;  mais  il  est  de  toute 
nécessité,  avant  de  le  demander,  que  le  piaffer  soit  par- 
fait en  place  et  que  tous  les  mouvements  sur  les  hanches 
s'exécutent  admirablement  au  pas  et  au  petit  trot. 

On  ne  saurait  trop  recommander  le  plus  grand  tact, 
et  la  plus  grande  discrétion  dans  les  demandes,  pour 
tout  ce  travail  délicat  et  difficile.  Récompenser  souvent 
et  mettre  la  plus  soigneuse  gradation  dans  ses  exigences. 


CHAPITRE    VIII 

ÉQUITATION    DE    FANTAISIE.    —    ALLURES 
ARTIFICIELLES   (suite) 


KNDANT  le  travail  préparatoire,  le  cavalier 
étant  encore  à  pied,  a  dû  faire  demander  par 
l'homme  à  cheval  les  levers  alternatifs  des 
membres  antérieurs,  et  enhn  un  peu  de  pas 
espagnol.  On  va  plus  vite  ainsi  parce  que  si  l'animal  ne 
comprend  pas  ce  qu'on  exige  de  lui,  la  cravache  du  cava- 
lier resté  à  pied  intervient  pour  stimuler  son  obéissance. 
Mais  alors  même  que  cette  première  leçon  n'aurait  pas 
été  donnée,  le  cavalier  à  cheval  peut  toujours  demander 
à  lui  seul  les  levers  de  Jambes,  le  pas  et  enfin  le  trot 
espagnol,  par  les  moyens  suivants,  à  la  condition  tou- 
tefois que  le  cheval  y  ait  déjà  été  exercé  convenablement 
pendant  le  travail  à  pied. 

Extension  des  Membres  antérieurs.  —  Étant  arrêté, 
s'assurer  que  la  mâchoire  est  bien  moelleusement  mo- 
bile, puis  alléger  l'épaule  droite,  par  exemple,  en  élevant 


174  DRESSAGE    METHODIQUE. 

légèrement  la  main  et  en  la  portant  vers  la  gauche,  de 
façon  à  ope'rer  sur  la  rêne  droite  une  demi-tension  dans 
la  direction  de  la  hanche  gauche.  Fermer  presque  aussi- 
tôt les  deux  jambes  et,  quand  leur  pression  fait  «  passer 
les  forces  en  avant  »,  s'opposer  par  le  même  effet  de 
main  à  ce  que  le  cheval  avance. 

Si  cet  ensemble  d'actions  ne  détermine  pas  le  lever 
et  l'extension  du  membre  antérieur  droit,  se  faire  com- 
prendre en  touchant  avec  la  cravache  l'animal  à  l'épaule 
droite  et  au  besoin  à  Tavant-bras  droit.  Répéter  ces 
levers  de  chaque  jambe  de  devant  jusqu'à  ce  que  le 
cheval  les  exécute  parfaitement,  et  se  passer  le  plus  tôt 
possible  de  la  cravache. 

Du  Pas  espagnol.  — Commencer  alors  le  pas  espagnol 
en  mettant  l'animal  en  marche  au  pas  pendant  que  l'un 
des  membres  antérieurs  est  au  soutien  et  bien  étendu. 
Dés  que  ce  membre  pose  à  terre,  inverser  les  aides  pour 
obtenir  le  lever  et  l'extension  de  l'autre.  S'aider,  s'il  est 
nécessaire,  par  la  cravache.  Continuer  jusqu'à  ce  que 
cette  allure  soit  franche,  facile,  avec  l'extension  com- 
plète et  très  haute  de  chaque  jambe,  le  cheval  restant 
léger  bien  entendu. 

S'attacher  surtout  a  ce  que  l'animai  ne  revienne  pas 
sur  lui  quand  il  lève  un  membre  antérieur  soit  en  place, 
soit  en  marchant.  Il  doit  étendre  la  jambe  sans  aucun 
acculement,  comme  s'il  voulait  atteindre  un  objet  placé 
loin  de  lui,  en  avant  et  à  hauteur  de  ses  épaules. 

Du  Trot  espagnol.  —  On  peut  alors  demander  le  trot 
espagnol. 


ASSEMBLER.  175 


Pour  cela,  il  faut  pousser,  activer  fortement  par  une 
pression  e'gale  et  simultanée  des  deux  ']?imhes  Jermées 
en  avant,  pendant  que  le  cheval  marche  au  pas  espa- 
gnol avec  la  mâchoire  bien  liante. 

On  précipite  le  pas  de  façon  à  rapprocher  de  plus  en 
plus  les  battues  de  chaque  bipède  diagonal,  la  main 
s'élevant  légèrement  et  se  portant  alternativement  à 
droite  et  à  gauche,  du  côté  opposé  au  membre  dont  on 
cherche  l'extension. 

Se  servir  beaucoup  de  la  cravache  dans  les  commen- 
cements. 

Dès  qu'on  a  obtenu  deux  ou  trois  foulées  de  trot 
espagnol,  passer  au  pas,  rétablir  la  légèreté  et  reprendre 
le  pas  espagnol  avant  de  redemander  le  trot  (espagnol). 

Quand  l'animal  a  compris  et  prend  facilement  cette 
allure  artificielle,  il  ne  faut  plus  déplacer  la  main  laté- 
ralement. 

Les  jambes,  en  activant,  ayant  produit  avec  l'aide  de 
la  cravache,  du  trot  espagnol,  recevoir  cette  impulsion 
en  élevant  un  peu  la  main.  Dès  que  la  légèreté  se  ma- 
nifeste ,  changer  de  rênes  (la  bride  et  le  filet  étant 
noués). 

Tâcher  bientôt  d'obtenir  que  la  cadence  se  continue 
avec  un  peu  d'extension  pendant  un  pas  ou  deux,  en 
abaissant  la  main. 

Arrêter  aussitôt  pour  récompenser. 

Etre  très  peu  exigeant  d'abord.  Se  contenter  de  peu. 

Recommencer  à  essayer  de  se  passer  de  la  main. 

Reprendre  le  cheval  dès  qu'il  s'abandonne. 

Si  la  vitesse  augmente  au  moment  où  la  main  s'abaisse, 
rétablir  avant   tout  l'équilibre;  demi-arrêt   au    besoin 


176  DRESSAGE    METHODIQUE. 

pour  empêcher  le  poids  de  passer  en  avant.  Ne  pas 
quitter  d'abord  entièrement  les  rênes;  abaisser  seule- 
ment la  main  pour  la  relever  dès  que  l'allure  meurt. 

Tâcher  e'galement  de  se  passer  de  la  cravache  pen- 
dant quelques  foulées. 

Chercher  en  un  mot  à  obtenir  que  le  cheval  se  sou- 
tienne de  lui-même  et  continue  son  trot  espagnol  sans 
aides. 

Il  faut  pour  cette  allure  beaucoup  d'impulsion.  Quand 
les  jambes  ont  à  agir,  elles  ne  doivent  pas  alterner  leurs 
effets. 

Avec  un  cheval  qui  donne  facilement  le  trot  espagnol, 
il  suftit,  pour  le  produire,  d'augmenter  par  les  jambes  le 
degré  de  son  action,  et,  cela  fait,  d'élever  la  main  pour 
alléger  le  devant,  en  marquant  par  des  demi-arrêts 
moelleux  la  cadence  des  premières  foulées. 

Rendre  alors  et  ne  reprendre  que  pour  entretenir  l'al- 
lure, si  besoin  est. 

On  peut  aussi  s'aider  de  temps  à  autre  par  quelques 
appels  de  langue,  mais  il  faut  en  arriver  le  plus  vite  pos- 
sible à  se  passer  de  toutes  les  aides,  jambes,  main,  cra- 
vache, ou  appels  de  langue,  dès  que  le  trot  espagnol  est 
bien  énergique,  bien  régulier,  et  que  l'équilibre  .persiste, 
c'est-à-dire  que  la  légèreté  demeure  inaltérée. 

Du  Trot  à  Extension  soutenue. — ^Pour  obtenir  le  trot  à 
extension  soutenue,  partir  du  trot  espagnol,  c'est-à-dire 
demander  cette  dernière  allure  en  marchant  à  un  trot 
accéléré  sans  être  très  vite. 

Procéder  comme  toujours  quand  il  s'agit  d'avoir  de 
la  cadence  avec  de  l'élévation  :  employer  d'abord  les 


ASSEMBLER. 


177 


jambes  pour  augmenter  l'impulsion,  et  recevoir  dans 
la  main  celte  impulsion. 

Employer  ces  aides  très  rapprochées  Tune  de  Tautre, 
mais  pas  simultanément  autant  que  possible. 


1^4 


23 


dUATRIÈME    PARTIE 

FIXER 


QUATRIÈME   PARTIE 


FIXER 


CHAPITRE   PREMIER 


DU    RAMENER    OUTRE 


E  ramener  «  outré  »  n'est  qu'un 
moyen  delixerla  tête  au  ramener 
normal  par  une  exagération  nio- 
inentanée  des  exigences  du  cava- 
lier. Il  ne  faut  l'employer  que  si  Ton  veut 
pousser  le  dressage  jusqu'à  l'anéantissement 
complet  des  résistances  que  peuvent  présenter 
la  bouche  et  l'encolure  dans  n'importe  quelle 
position  et  quelle  que  soit  l'allure. 

La  légèreté  s'obtenant   bien  avec  la  tête  très 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


élevée,  arriver  au  ramener  outré.  —  Ce  travail 
ne  doit  jamais  être  entrepris  que  lorsqu'on 
obtient  facilement  Télévation  maximum  et  sou- 
tenue de  Tencolure  au  pas,  au  trot  et  au  galop, 
avec  la  légèreté,  la  mâchoire  cédant  d'abord 
sans  mouvement  de  tète. 

Le  ramener  outré  se  demande  par  les  rênes 
du  filet  et  en  se  passant  des  pistes  ;  mais  on  doit 
ensuite  répéter  sur  le  mors  de  bride  toute  la 
progression  que  nous  allons  détailler. 

On  commence  en  place. 

On  croise  les  rênes  du  filet  dans  la  main 
gauche,  le  petit  doigt  restant  en  dehors.  La  main 
droite  se  place  sur  la  rêne  droite. 

La  main  gauche  se  ferme  alors  a  convulsive- 
ment »  en  sentant  la  bouche,  mais  sans  tirer. 

Dès  que  la  légèreté  se  manifeste,  elle  suit  le 
mouvement  d'abaissement  du  bout  du  nez. 

Elle  continue  à  suivre  ainsi  la  bouche  jus- 
qu'au ramener  outré,  c'est-à-dire  jusqu'au  mo- 
ment où  le  menton  vient  à  peu  près  toucher  le 
poitrail.  Si  la  tête,  au  lieu  de  céder,  veut  sortir, 
la  main  s'y  oppose  en  se  contractant  avec  une 
grande  force,  mais  toujours  sans  tirer  sur  les 
rênes. 


FIXER.  i83 

Pendant  ce  temps,  les  jambes  se  ferment,  et 
on  arrive  à  Tappui  des  éperons  que,  bien  en- 
tendu, le  cheval  a  dû  être  préalablement  ha- 
bitué à  supporter  parfaitement. 

On  laisse  les  éperons  appuyés  jusqu'au  relâ- 
chement complet  de  la  mâchoire.  Lorsque  ce 
relâchement  se  produit,  la  main  éprouve  la 
sensation  de  la  disparition  complète  de  toute 
résistance.  En  même  temps,  la  langue  détache 
le  mors,  le  fait  sautiller  et  l'envoie  heurter  les 
molaires;  lorsque  le  cheval  est  en  simple  bri- 
don,  on  entend  alors  un  bruit  caractéristique, 
une  sorte  de  «  craquement  ». 

La  main  ayant  rendu,  la  tête  de  Tanimal  doit 
rester  un  moment  immobile,  avant  de  se  relever 
moelleusement. 

Quand  le  ramener  outré  a  été  obtenu  directe- 
ment par  les  deux  rênes  de  filet, on  le  demandepar 
chacune  d'elles  employée  isolément,  de  manière 
à  produire  un  huitième  de  flexion  d'encolure. 

On  accélère  également  le  relâchement  de  la 
mâchoire  en  s'aidant  de  l'appui  des  éperons  et 
en  soutenant  de  l'autre  rêne. 

Puis  on  met  son  cheval  au  ramener  outré 
direct  par  les  deux  rênes  et  Ton  marche  au 


i84  DRESSAGE    MÉTHODIQUE. 

pas  en  fixant  la  main  pour  empêcher  tout  dé- 
placement de  tète. 

Les  jambes  font  le  reste,  aidées  au  besoin  par 
les  appuis  d'éperon. 

Le  ramener  outré  se  conservant  bien  au  pas, 
et  se  reprenant  facilement  à  cette  allure,  après 
les  descentes  de  main,  mettre  le  cheval  au 
petit  trot  tout  en  le  maintenant  au  ramener 
outré. 

Dès  que  le  relâchement  de  mâchoire  est  com- 
plet, rendre  et  récompenser.  Appuis  d'éperon 
si  c'est  nécessaire. 

Puis  exécuter  des  départs  au  galop  avec  le 
ramener  outré  et  agir  à  cette  allure  comme  au 
trot.  Partir  parfaitement  droit  et  sans  qu'il  y  ait 
aucun  mouvement  d'élévation  de  la  tète,  qui 
doit  être  maintenue  au  ramener  outré  pendant 
Faction  prédominante  de  Tune  ou  l'autre  rêne 
selon  le  cas. 

Il  faut  bien  se  rendre  compte  de  la  sensation 
éprouvée  par  le  cavalier  quand  son  cheval  est 
droit,  ce  qui  doit  être  de  sa  part  l'objet  d'un  soin 
constant. 

Si  la  tète  et  la  croupe  sont  à  gauche,  par 
exemple,  c'est-à-dire  si  le  poids  est  trop  sur  l'é- 


FIXER.  i85 

paule  droite,  il  faut  que  la  rêne  droite,  par  une 
tension  vers  la  hanche  gauche,  rejette  le  poids 
à  gauche  en  même  temps  que,  s'il  est  néces- 
saire, le  soutien  de  la  rêne  gauche  aide  la  jambe 
du  même  côté  à  faire  nu  peu  rentrer  la  croupe  à 
droite.  Mais  on  ne  doit  employer  cet  effet  de 
jambe  qu'au  cas  où  il  est  impossible  de  ne  pas 
y  avoir  recours. 

Passer  ensuite,  en  marchant  au  pas,  au  petit 
trot  et  au  galop,  du  ramener  outré  à  l'élévation 
maxima  de  l'encolure,  la  tête  restant  au  rame- 
ner complet.  Pour  cela  élever  la  main  sans  em- 
ployer aucune  force.  Le  cheval,  pour  éviter  la 
gêne  que  lui  cause  ce  déplacement  de  la  main 
en  hauteur,  élève  à  son  tour  son  encolure  et  de- 
vient léger.  Appuyer  les  éperons  si  le  relâche- 
ment de  la  mâchoire  se  fait  attendre  ou  ne  per- 
siste pas. 

Demander  aux  différentes  allures  les  hui- 
tièmes de  flexions  d'encolure  avec  le  ramener 
outré. 

Enfin  passer  de  l'arrêt  au  reculer,  et  du  re- 
culer aux  différentes  allures,  le  ramener  outré 
restant  inaltéré. 

Répéter  souvent  ces  exercices. 

24 


.  i86  DRESSAGE    MÉTHODIQUE. 

Arriver  ensuite  aux  mouvements  de  deux 
pistes  au  ramener  outré. 

Pour  passer  des  pas  de  côté  vers  la  droite  aux 
pas  de  côté  vers  la  gauche,  par  exemple,  porter 
les  mains  à  gauche,  faire  sentir  la  jambe  gauche, 
et  quand  les  hanches  sont  bien  venues  à  droite, 
agir  avec  la  jambe  droite  pour  repartir  dans 
Tautre  direction. 

Puis  demander  le  piaffer  au  ramener  outré. 
Pas  de  mouvements  de  jambes.  L'éperon  si  le 
cheval  n'obéit  pas  aux  mollets. 

Dans  tout  le  travail  qui  précède,  il  faut  se 
passer  le  plus  vite  possible  des  éperons,  puis 
des  jambes,  et  jouer  alors  avec  les  rênes. 

Quand  le  relâchement  de  la  mâchoire  est 
bien  complet,  on  le  reconnaît,  comme  de  pied 
ferme,  à  ce  que  le  cheval  ne  déplace  plus  sa  tête 
de  lui-même  au  moment  de  la  descente  de 
main,  et  la  laisse  au  ramener  outré  pendant 
un  certain  temps. 

C'est  le  cas  alors  d'appliquer,  tant  qu'on  le 
peut,  le  principe  «  main  sans  jambes,  jambes 
saris  main  ». 

On  répète  ensuite,  comme  nous  l'avons  dit, 


FIXER. 


187 


tous  ces  exercices  au  ramener  outré  obtenu  sur 
le  mors  de  bride. 

L'élévation  de  l' encolure  combinée  avec  le  ra- 
mener outré  donne  et  fixe  la  vraie  position  de 
la  tète  qui  dès  lors  ne  se  perd  plus,  ni  dans 
les  grandes  allures,  ni  dans  les  mouvements 
difficiles. 


^M^'^^X^Z^^^^^^^ÈaCs-^S^^M. 


CHAPITRE    II 


DES    PETITES    ATTAQUES 


AN  1ÈRE  de  confirmer  le  Cheval  dans  sa 
parfaite  Obéissance  aux  Aides. — Quand 
le  dressage  du  cheval  est  terminé,  il 
ne  reste  plus  qu'à  le  rendre  très  fin  aux  aides, 
afin  de  ne  plus  avoir  besoin  de  déplacer  d'une 
façon  apparente  la  main  ou  les  jambes  pour  lui 
transmettre  sa  volonté. 

La  main  doit  alors  se  garder  de  toute  action 
qui  ressemble  à  une  punition ,  telle  que  le 
demi-arrêt  ou  même  la  vibration. 

Elle  ne  doit  plus  agir  que  par  des  indications 
moelleuses  et  fixes.  Il  ne  faut  plus  recourir  aux 
moyens  de  rigueur  que  pour  vaincre  une  résis- 


FIXER.  189 

tance  trop  longue,  si  malgré  tout  il  vient  à  s'en 
produire. 

Les  jambes  doivent  se  borner  à  se  mettre  en 
contact  avec  le  poil  à  leur  place  normale,  lors- 
qu'il y  a  lieu  de  s'en  servir.  Mais,  pour  augmen- 
ter l'obéissance  aux  mollets,  pour  réveiller  la 
sensibilité,  on  doit  procéder  comme  il  suit  : 

Des  petites  Attaques  de  l'Eperon.  —  L'animal 
étant  bien  confirmé  dans  la  connaissance  de 
l'éperon  et  le  supportant  sans  aucun  fouaille- 
ment  de  queue,  dès  qu'on  a  besoin  de  se  servir 
des  jambes,  approcher  avec  délicatesse  le  ou 
les  mollets  jusqu'à  une  force  modérée,  et  si  ce 
contact  n'amène  pas  l'obéissance  immédiate, 
toucher  aussitôt  de  l'éperon  ou  des  éperons 
selon  le  cas.  Cette  petite  attaque  doit  être 
douce,  mais  vive  et  subite. 

De  même  si  l'allure  se  ralentit,  ou  si  une 
position  donnée  par  les  jambes  se  perd,  petite 
attaque. 

Les  jambes  doivent  tomber  naturellement  et 
ne  toucher  dès  lors  le  cheval  que  s'il  est  néces- 
saire, mm?,  le  plus  rarement  possible. 

On  doit  éviter  de  même  les  appels  de  langue, 


igo  DRESSAGE   METHODIQUE. 

la  cravache,  enfin  tout  ce  qui  pourrait  rempla- 
cer les  jambes,  quand  il  n'est  pas  indispensable 
de  s'en  servir.  Mais  après  avoir  demandé,  par 
exemple,  des  mouvements  par  la  main  seule, 
comme  alors  les  actions  de  celle-ci  ont  tou- 
jours plus  ou  moins  reporté  les  forces  en 
arrière,  il  faut,  pour  faire  disparaître  tout  com- 
mencement d'acculement,  employer  les  petites 
attaques  des  deux  éperons  à  la  fois. 

Enfin,  dans  le  piaffer,  les  rênes  étant  dcmi- 
tendiies,  dès  qu"il  y  a  mobilisation  et  engage- 
ment des  extrémités,  activer  de  temps  à  autre 
par  l'emploi  de  Téperon,  pour  obtenir  plus  de 
soutien  et  d'élévation  dans  la  cadence.  Si  le  che- 
val se  retient,  s'il  n'est  pas  parfaitement  léger, 
s'il  y  a  un  peu  d'acculement,  attaque  simulta- 
née des  deux  éperons  pour  rétablir  Téquilibre 
et  «  faire  passer  les  forces  en  avant  ». 

Le  principe  «  jambes  sans  main,  main  sans 
jambes  »  doit  être  appliqué  le  plus  qu'on  le 
peut,  surtout  dans  les  commencements;  mais  il 
n'a  rien  d'absolu.  Il  ne  faut  donc  pas  l'ériger  en 
système  hors  duquel  il  n'y  aurait  qu'insuccès 
assuré.  On  doit  se  borner  à  le  mettre  en  pra- 


FIXER.  191 

tique  tant  qu'il  n'y  a  pas  de  raison  sérieuse  de 
s'en  écarter,  mais  il  vient  un  moment  dans  le 
dressage  et  plus  tard  dans  le  maniement  du 
cheval  dressé,  où  il  y  a  lieu  au  contraire  d'unir 
Tetfet  des  aides  inférieures  à  celui  des  aides 
supérieures. 

Ainsi  lorsqu'un  cheval  déjàtrès  avancé  comme 
préparation  ne  devient  pas  léger  à  une  délicate 
sollicitation  de  la  main,  c'est  le  cas  d'exercer 
une  faible  pression  des  jambes  et  d'arriver  aus- 
sitôt à  une  petite  attaque  des  éperons,  si  la  mâ- 
choire ne  se  mobilise  pas  immédiatement.  De 
même,  quand  on  veut  demander  i'arrét  aux  di- 
verses allures  par  un  simple  effet  de  main,  il 
faut  que  le  cheval  soit  d'abord  léger.  Si  la  mâ- 
choire résiste  à  l'opposition  du  mors,  fermer 
les  jambes  délicatement  et  si  la  légèreté  ne  vient 
pas  instantanément,  petite  attaque  des  éperons 
avant  de  demander  l'arrêt. 

C'est  ainsi  qu'on  rend  son  cheval  vraiment 
fin  aux  aides,  et  qu'on  arrive  à  le  manier  sans 
aucun  mouvement  apparent  de  main  ni  de 
jambe. 

Mais  il  faut  être  très  modéré  dans  l'applica- 
tion de  ces  petites  attaques  d'éperon,  ne  s'en 


iga 


DRESSAGE    METHODIQUE. 


servir  qu'avec  beaucoup  de  délicatesse  et  d'à- 
propos,  et  y  renoncer  sans  hésitation  si  elles 
provoquent  des  fouaillements  de  queue. 


CONCLUSION 


25 


CONCLUSION 


m     ^^Êâj^^ 


'auteur- a  voulu  exposer  dans 
cette  Etude  tous  les  procédés  de 
dressage  employés  par  Baucher 
sur  la  fin  de  sa  vie. 

Il  a  supposé  un  animal  absolument  rétif, 
dangereux  même  dans  le  travail  à  pied,  et  il  a 
donné  les  moyens  de  pousser  son  éducation 
jusqu'à  une  sorte  de  perfection  idéale  que  seuls 
ont  atteinte,  à  sa  connaissance,  les  chevaux  de 
ce  maître  et  ceux  du  général  L'Hotte. 

Il  a  donc  cherché  à  présenter  au  lecteur  un 
ensemble  dans  lequel  le  cavalier  pût  trouver 
la  solution  des  divers  problèmes  du  dressage. 

Mais  ce  serait  une  erreur  de  croire  qu'on 
doive  quand  même  passer  par  tous  les  exer- 
cices détaillés  dans  la  Progression^  et  les  pra- 
tiquer avec  le  même  soin,  surtout  si  Ton  a 
affaire  à  un  naturel  docile  et  calme. 

Ainsi  le  cavalier  d'extérieur,  le  chasseur,  par 
exemple,  ne  fera,  comme  travail  à  pied,  que 


igf)  CONCLUSION. 


ce  qui  est  indispensable  pour  obtenir  Tobéis- 
sance  aux  actions  de  la  main  et  aux  indications 
de  la  cravache.  Il  devra  élever  Tencolure  pour 
alléger  Tavant-main  dès  le  début.  Une  fois  à 
cheval,  il  soignera  par-dessus  tout  les  mêmes 
effets  d'élévation  de  Tencolure  et  de  la  tète,  afin 
de  pouvoir,  dehors,  au  milieu  d'autres  che- 
vaux et  malgré  les  excitations,  reporter  faci- 
lement le  poids  en  arrière  en  élevant  la  main, 
lorsqu'il  vient  trop  sur  le  devant.  Dès  qu'il 
aura  ainsi  la  légèreté,  il  arrivera  au  ramener 
et  considérera  son  dressage  comme  suffisant 
quand  il  se  sera  bien  «  emparé  de  la  tête  ». 

S'il  s'agit  d'un  cheval  d'armes,  il  n'est  pas 
non  plus  absolument  nécessaire  de  l'exercer 
au  rassembler,  mais  il  importe  qu'il  soit  rendu 
très  maniable.  Il  faudra  donc,  après  quelques 
exercices  à  pied  ayant  pour  but  de  faciliter  la 
mobilisation  de  la  masse  dans  tous  les  sens, 
s'attacher,  une  fois  en  selle,  à  l'élévation  de 
l'encolure  qui  donne  l'équilibre,  et  encore  plus 
aux  tourners  exécutés  par  l'appui  des  rênes 
contraires.  On  répétera  très  souvent  ces  exer- 
cices à  toutes  les  allures,  afin  d'obtenir  une 
grande  facilité  de  déplacement  de  l'avant-main 


CONCLUSION.  197 


autour  des  hanches.  Ces  tourners  par  appui  de 
rênes  sont  tout  spécialement  utiles  au  cavalier 
militaire  qui  doit  conduire  son  cheval  avec 
une  seule  main. 

Si  ranimai  est  destiné  aux  courses  d'obs- 
tacles, steeple-chase,  ou  concours  hippique, 
il  faudra  lui  rendre  très  familier  Teffet  d'en- 
semble sur  Téperon,  afin  de  pouvoir  toujours 
Tempêcher  de  se  dérober,  et  d'être  sûr  de  le 
dominer  dans  toutes  les  circonstances.  On 
n'oubliera  pas  non  plus  qu'en  course  la  pre- 
mière condition  c'est  la  fixité  de  la  tête  à  une 
position  convenable,  mais  que  tout  cheval 
qui  bourre  à  la  main,  qui  tire  d'une  façon 
exagérée,  s'épuise  en  elforts  inutiles  et  perd 
ainsi  une  partie  de  ses  chances.  On  devra 
donc  rendre  facile  l'obtention  d'une  légèreté 
relative,  au  moyen  du  reflux  du  poids  d'avant 
en  arrière,  et  s'emparer  ensuite  de  la  tête  aux 
allures  vives. 

Si  l'on  veut  au  contraire  faire  de  l'équitation 
ralentie  avec  tout  le  développement  possible 
en  hauteur.,  il  faudra  soigner  beaucoup  la 
«  concentration  des  forces  »,  le  rassembler. 
Après  avoir  obtenu   la    légèreté  en  allégeant 


CONCLUSION. 


ravant-main,  on  arrivera  au  ramener  outré 
qui  permettra  de  fixer  la  tête  à  une  position  in- 
variable, malgré  la  recherche  des  allures  arti- 
ficielles et  des  mouvements  les  plus  difficiles. 

En  un  mot  on  se  rappellera  que,  pour  tout 
cheval  destiné  spécialement  à  Textérieur,  c'est 
l'élévation  de  la  tète  et  de  Tencolure  qu'il  faut 
chercher  et  obtenir  plus  particulièrement,  pour 
arriver  ensuite  à  conserver  le  ramener  même 
aux  allures  allongées,  et  qu'une  fois  ce  résultat 
obtenu,  le  dressage  est  suffisant.  Au  contraire, 
si  l'on  vise  à  Téquitation  savante,  il  faut  suivre 
plus  scrupuleusement  la  filière  indiquée  et  s'at- 
tacher à  tout  ce  qui  peut  faciliter  le  rassembler 
qui  seul  donne  la  hauteur  des  mouvements  et 
le  brillant  dans  l'exécution. 

Mais  en  résumé,  plus  le  cheval  sera  sage  et 
le  cavalier  modeste  dans  ses  exigences,  plus  on 
pourra  simplifier  le  dressage  et  réduire  le  nom- 
bre des  moyens  employés. 


TABLE    DES    MATIERES 


Pages. 
Avant-Propos v 

DÉFINITIONS,  BUT  DU  DRESSAGE,  PRINCIPES 
GÉNÉRAUX I 

DÉFINITIONS 3 

Action,  page  3.  —  Position,   3.  —  Mouvement,  4.  — 
Equilibre,  4. 

But  du  Dressage 5 

Ce  que  le  Cavalier  doit  chercher  à  obtenir,  5. 

Principes  généraux 7 

I.  —  De  la  Légèreté  et  du  Ramener 7 

Ce  que  c'est  que  la  légèreté,  page  7.  —  Comment  se 
demande  la  légèreté,  9.  — Des  résistances  de  poids,  10. 

—  Des  résistances  de  forces,  11.  —  Du  demi-arrêt,  11.  — 
De  la  vibration,  12.  —  Ce  qu'il  faut  entendre  par  «  dé- 
composer la  force  et  le  mouvement  »,  i5. 

II.  —  De  l'Obéissance   aux  jambes  et  de  a  l'Effet 
d'ensemble  sur  l'Eperon  » 18 

Comment  le  cheval  doit  répondre  aux  jambes,  page  18. 

—  Ce  que  c'est  qu'un  cheval  «  mis  à  l'éperon  »,  20. 


TABLE    DES    MATIERES. 


Pages. 
m.  —  Du  Cheval  droit 23 

Comment  on  fait  refluer  vers  l'une  ou  l'autre  des 
épaules  le  poids  de  l'encolure,  page  23.  —  Manière  de 
redresser  un  cheval,  24. 

IV.  —  Des  <(  Descentes  de  main  et  de  jambes  »...       26 

Amener  l'animal  le  plus  vite  possible  à  se  passer  du 
secours  des  aides,  26. 

V.  —  Du  Rassembler 28 

Ce  que  donne  le  rassembler,  page  28.  —  Comment 
se  demande  le  rassembler,  29.  —  A  quoi  sert  l'effet 
d'ensemble,  3o. 

PROGRESSION    DU    DRESSAGE.  .    .       33 

PREMIÈRE    PARTIE    :    PRÉPARER.    .    .        35 

Chapitre  Premier  :  Flexions.    —  Travail  a  la  cra- 
vache. —  Emploi   de  la  chambrière 35 

Des  trois  manières  d'agir  avec  le  filet  ou  la  bride, 
36.  —  Élever  l'encolure  le  plus  possible,  Sy.  —  Mar- 
che en  avant  sur  la  cravache,  38.  —  Reculer,  Sg.  — 
«  Forcer  le  mouvement  »,  3g.  —  Des  flexions,  40.  — " 
Flexions  préparatoires.  —  A.  Avec  les  deux  rênes  de 
bride,  41.  —  B.  Avec  les  deux  rênes  de  filet,  42. — 
G.  Avec  une  rêne  de  filet  et  celle  de  bride  du  même 
côté,  42.  —  D.  Avec  les  deux  rênes  du  filet,  pour  obte- 
nir un  huitième  de  flexion  d'encolure,  43.  —  E.  Avec 
les  deux  rênes  de  la  bride,  l'une  d'elles  étant  passée 
par-dessus  l'encolure,  44.  —  Flexion  directe  de  mâ- 
choire, 45.  —  Flexions  semi-latérales  de  mâchoire  et 
d'encolure,  46.  —  Revenir  h  la  marche  en  avant  et  au 
reculer,  47.  —  Pas  de  côté,  48.  —  Pirouettes  renver- 
sées, 4').  —  Pirouettes  ordinaires,  49.  —  Demander  ce 
premier  travail  à  la  simple  indication  du  geste,  49.  — 
Rassembler.  —  Habituer  d'abord  le  cheval  au  contact 
de  la  chambrière,  5i.  —  Gomment  on  accoutume  le 
cheval  au  bruit  du  fouet  ou  à  un  objet  effrayant,  k  se 


TABLE    DES    M  AT  li:  RE  S. 


Pages. 

laisser  terrer,  etc.,  52.  —  Commencements  de  rassem- 
bler par  la  chambrière  sur  les  pistes,  5'3.  —  Commen- 
cements de  rassembler  par  la  cravache  sur  les  pistes,  54. 
—  Rassembler  au  milieu  du  manège  par  la  cham- 
brière, 53.  —  Rassembler  au  milieu  du  manège  par  la 
cravache,  56.  —  Recommandations  importantes,  5<S. 

Chapitre  II  :  Equitation   de   fantaisie.  —  Allures  arti- 
ficielles          60 

Piart'er,  page  60.  —  Passage.  Trot  en  arrière,  61.  —  Extension 
complète  et  horizontale  de  chscun  des  membres  de  devant  au 
moyen  de  la  cravache,  61.  —  Pas  espagnol,  62.  —  Trot  espa- 
gnol, 63.  —  Trot  à  extension  soutenue,  65. 

Chapitre    III  :  Leçon    du    Montoik 66 

Dominer  l'animal.  Le  récompenser  dès  qu'il  se 
montre  soumis.  Procéder  avec  une  extrême  gradation, 
page  66. 

Chapitre  IV  :   Faire  demander  par  un  aide  a  cheval 
LE  Travail  enseigné  a  pied.    Leçon  de  l'éperon.   .        72 

Flexions,  page  jS.  —  Marcher,  7?.  —  Reculer.  Pas  de 
côté.  Pirouettes.  Commencements  de  rassembler  (et  de 
,pas  espagnol),  74.  —  Habituer  le  cheval  à  l'éperon,  75. 
—  Appui  des  mollets,  75.  —  Appui  des  talons  nus,  76. 
Appui  des  molettes  recouvertes,  7G.  —  Appui  des  épe- 
rons débarrassés  de  toute  enveloppe,  76.  —  En  place,  77. 
Marcher  sur  l'éperon,  77.  —  Appui  des  éperons  en 
marchant  au  pas,  78. —  Passer  du  pas  au  trot  sur  l'épe- 
ron, 79.  —  Appui  des  éperons  au  petit  trot,  79. 

DEUXIÈME    PARTIE    :    PRÉPARER    {suite}. 

Recommandations  générales 81 

Arrêter  tout  désordre  par  l'effet  d'ensemble  sur  l'épe- 
ron, page  83.  —  De  l'effet  de  la  cravache,  85.  —  Des 
fouaillements  de  queue,  86.  —  But  des  premiers  pro- 
cédés de  dressage,  88.  —  Main  sans  jambes,  jambes 
sans  main,  89. 

26 


TABLE    DES    MATIERES. 


Pages. 
Chapitre  Premier  :  Travail  préparatoire  au  milieu 

DU   manège (JO 

Manière  de  demander  la  légèreté,  page  90.  —  Travail 
en  place  au  milieu  du  manège,  92. 

Chapitre  II   :   Au  Pas 96 

Le  cheval  droit,  page  96.  —  Entretenir  la  légèreté  en 
décomposant  d'abord,  puis  sans  arrêter,  96.  —  De  la 
descente  de  main,  100.  —  Du  pas  au  reculer,  loi.  — 
Tourners  sur  de  petits  cercles  par  l'appui  de  la  rénc  du 
dehors,  loi .  —  Tourners  par  la  rêne  du  dedans,  io3.  — 
Serpentine,  io3.  —  Changements  de  main  de  deux 
pistes,  io3.  —  Pas  de  côté,  la  tète,  puis  la  croupe  au 
mur,  104.  —  Petits  contre-changements  de  main  de  deux 
pistes,  106.  —  Pirouettes  ordinaires  et  renversées,  106. 
—  Volteset  demi-voltes  ordinairesetrenversées,  de  deux 
pistes,  108.  —  Reculer  prolongé  sur  les  pistes,  108.  — 
Foule,  109.  — Manière  d'arriver  au  ramener,  iio. 

Chapitre  III    :    Au    petit  trot 112 


Répéter  au  petit  trot  tout  le  travail  exécuté  au  pas, 
page  112.  —  Partir  de  pied  ferme  au  petit  trot.  Arrêter 
en  marchant  au  trot,  11 3. —  Passer  du  petit  trot  au  re- 
culer, ii5.  —  Foule  en  arrière,  ii5.  —  Comment  on 
doit  élever  l'encolure,  116.  —  On  arrive  ensuite  au  ra- 
mener, 117.  —  Des  effets  diagonaux,  1 19. 

Chapitre  IV  :    Du  Rassembler 120 

Manière  de  demander  le  rassembler,  page  121. 

TROISIÈME    PARTIE    :    ASSEMBLER.  .    .      i23 

Chapitre  Premier  :  Départs  et  Travail  au  galop..      i25 

Des  principales  manières  de  demander  le  galop, 
page  125.  —  Départs  à  faux,  128.  —  Moyen  de  redres- 
ser un  cheval,  129.  — ^  Descentes  de  main,  i3o.  —  Re- 
culer,  i3o.   —   Petits   cercles,    i3i.  —  Galop  de  deux 


TABLE    DES    MATIERES.  2o3 

Pages. 

pistes,  i3i.  —  Changement  de  main  diagonal,  i33.  — 
Demi-voltes  de  deux  pistes  au  galop,  i3^.  —  Pirouettes 
au  galop,  i35.  —  Volte  au  galop,  i36.  —  Départ  au  ga- 
lop par  la  main,  sans  jambes,  i36.  —  Galop  de  deux 
pistes,  sans  jambes,  i3g.  —  Départs  au  galop  par  les 
jambes  seules,  141 .  • —  Départs  au  galop  par  la  rêne  et 
la  jambe  du  côté  opposé  au  pied  demandé,  sans  traverser 
le  cheval,  143. 

Chapitre  II  :   Du  Grand   trot 147 

Travail  au  grand  trot,  page  147.  —  Descentes  de 
main,  149. 

Chapitre  III  :  Des  Changements  de  pied  au  galop,      i  5o 

Manière  d'arriver  dans  les  commencements  au  change- 
ment de  pied,  page  i5o.  —  Changement  de  pied  par 
la  rêne  et  la  jambe  du  côté  du  pied  demandé,  i5i. — 
Changement  de  pied  sans  le  secours  des  jambes,  i52. 
—  Changements  de  pied  demandés  par  les  jambes 
seules,  i56.  —  Changements  de  pied  répétés,  157.  — 
Changements  de  pied  par  les  aides  opposées  au  pied 
demandé,  le  cheval  restant  droit  d'épaules  et  de  han- 
ches, 160. —  Foule  au  galop,  161. 

Chapitre  IV   :    Du   Galop  allongé 162 

Augmenter  de  plus  en  plus  la  vitesse  du  galop, 
page  162.  — Exercer  le  cheval  à  s'arrêter  en  marchant 
à  un  galop  rapide,   162. 

Chapitre  V  :  Des  Sauts   d'obstacles 164 

Quand  on  doit  commencer  les  sauts  d'obstacles, 
page  164. 

Chapitre  VI    :  Habituer    le   cheval  aux    Bruits   de 
guerre,  et  aux  Objets  effrayants 166 

Progression  à  suivre  pour  familiariser  le  cheval  avec 
tout  ce  qui  l'etîraie,  P^ge  it)6. 


204  TABLE    DES    MATIERES. 

Pages . 
Chapitre  VII  :  Equitation  de  fantaisie.  —  Allures  arti- 
ficielles        i68 

Des  deux  manières  de  faire  agir  les  jambes,  page  i68.  —  Com- 
ment on  arrive  au  piaffer,  169.  —  Du  piaffer  en  avançant  ou 
passage,  172.  —  Du  trot  en  arrière,  172.  —  Du  passage  de  deux 
pistes,  172. 

Chapitre  VIII  :  Equitation  de  fantaisie. —  Allures  arti- 
ficielles (suite) 173 

Extension  des  membres  antérieurs,  page  173.  —  Du  pas  espa- 
gnol, 174.  —  Du  trot  espagnol,  174.  —  Du  trot  à  extension  sou- 
tenue, 17(3. 

QUATRIÈME    PARTIE    :    FIXER.    ...      179 

Chapitre    Premier   :    Du   Ramener  outré ,    181 

La  légèreté  s'obtenant  bien  avec  la  tête  très  élevée, 
arriver  au  ramener  outré,  page  181. 

Chapitre  II    :    Des  Petites  attaques 188 

Manière  de  confirmer  le  cheval  dans  sa  parfaite  obéis- 
sance aux  aides,  page  188.  —  Des  petites  attaques 
de  l'éperon,  189. 

CONCLUSION 


V 


^À